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Conseil d'État, Juge des référés, 23 juin 2026, n° 512235

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est-il recevable lorsqu'il n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, alors que cette obligation était mentionnée dans la notification de la décision attaquée ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, sauf exception, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si cette obligation est mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi qui n'est pas présenté par un tel avocat est irrecevable et ne peut être admis, sans qu'il soit besoin de demander une régularisation préalable.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris pour constater la non-décence de son logement et demander des dommages et intérêts.
  • Sa demande a été rejetée par ordonnance du 7 novembre 2025, puis son appel rejeté par ordonnance du 25PA05598 de la cour administrative d'appel de Paris.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sans être représenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.
  • Le pourvoi a été enregistré entre le 2 février et le 26 mars 2026.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.821-3 du code de justice administrative article R.612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de constater, sur le fondement de l’article R. 531-1 du code de justice administrative, à titre principal la non-décence de son logement qui a été assorti de la lettre G, la liste des désordres matériels frappant son logement et, à titre subsidiaire, de constater que les « carences et abstentions fautives de l’administration » et les « dérapages de la justice administrative » sont constitutifs d’un abus de pouvoir, de lui verser une somme de 45 000 euros au titre des dommages et intérêts et de condamner la CAF à lui verser une amende de 10 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que six mois de salaires, outre 10 000 euros de dommages et intérêts assortis d’une exécution provisoire et de condamner l’organisme payeur à lui verser une somme de 10 000 euros de dommages et intérêts assortis d’une exécution provisoire aux titres des comportements vexatoires qu’il estime subir et de mettre 10 000 euros à la charge solidaire de la mairie de Chaumont, de la préfète de la Haute-Marne, du conseil départemental de la Haute-Marne, du Fonds de solidarité pour le logement et de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par une ordonnance n° 2532352/11 du 7 novembre 2025, la juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande Par une ordonnance n° 25PA05598, la juge d’appel des référés de la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. B... contre cette ordonnance. Par un pourvoi sommaire et des nouveaux mémoires, enregistrés entre les 2 février et 26 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande. Par une décision du 10 février 2026, régulièrement notifiée le 18 février 2026, le bureau d’aide juridictionnelle établi près le Conseil d’Etat a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de M. B.... Par une ordonnance n° 512200 du 5 mai 2026, régulièrement notifiée le 13 mai 2026, le président de la section du contentieux du Conseil d’Etat a rejeté le recours formé par M. B... contre ce refus d’aide juridictionnelle. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ». Selon l’article R. 821-3 de ce code : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du même code, le Conseil d'Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, lorsque l’obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 2. Le pourvoi de M. B..., qui n’est pas au nombre de ceux que l’article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l’obligation de ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Par suite, il n’est pas recevable et ne peut, dès lors, être admis. O R D O N N E : Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 23 juin 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras 1 2

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation sans avocat ?
En principe, non. Le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour les pourvois en cassation, sauf exceptions (notamment les décisions des juridictions de pension).
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas présenté par un avocat ?
Le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis. Si l'obligation de représentation était mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le Conseil d'État peut le rejeter sans demande de régularisation préalable.
Quelles sont les exceptions à l'obligation d'avocat devant le Conseil d'État ?
Les recours dirigés contre les décisions des juridictions de pension sont dispensés de ministère d'avocat. D'autres exceptions peuvent exister selon les textes.
Comment savoir si je dois être représenté par un avocat ?
La notification de la décision attaquée doit mentionner l'obligation de ministère d'avocat. En cas de doute, consultez un avocat ou le site du Conseil d'État.
Puis-je régulariser mon pourvoi après l'avoir déposé sans avocat ?
Si l'obligation de représentation était mentionnée dans la notification, le pourvoi peut être rejeté sans demande de régularisation. Sinon, une régularisation peut être demandée.

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