Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 10ème chambre, 23 avril 2026, n° 512382

R.822-5 Rejet partiel PAPC défaut d'avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rendue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est-il irrecevable lorsqu'il n'est pas présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, malgré une demande de régularisation restée sans effet ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, en principe, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf dispense légale. Aucun texte ne dispense les pourvois dirigés contre les ordonnances de référé rendues sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de cette obligation. En l'absence de régularisation après invitation, le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis.

Faits clés

  • Mme A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris de lui communiquer des informations sur un médecin de l'Institut Curie.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 4 février 2026.
  • Mme A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, sans ministère d'avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • Sa demande d'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 13 février 2026.
  • Le Conseil d'État l'a invitée à régulariser son pourvoi dans un délai de quinze jours, mais elle n'a pas donné suite.

Articles cités

article L. 521-3 du code de justice administrative article L. 523-1 du code de justice administrative article L. 821-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner au conseil départemental de l’ordre des médecins de Paris de lui communiquer toute information sur l’inscription, l’habilitation et le droit d’exercer d’un médecin de l’Institut Curie. Par une ordonnance n° 2603412/9 du 4 février 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par un pourvoi et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 février et 16 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de renvoyer l’affaire devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris ; 3°) de condamner le Conseil national de l’Ordre des médecins au versement de la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral ; 4°) de mettre à la charge du Conseil national de l’Ordre des médecins les frais de l’instance. Par une lettre du 6 mars 2026, régulièrement notifiée, Mme A... a été invitée à régulariser son pourvoi dans un délai de quinze jours à compter de la réception de cette lettre. Par une décision du 13 février 2026, notifiée le 19 février 2026, le bureau d’aide juridictionnelle a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de Mme A.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 523-1 du code de justice administrative : « Les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort ». Aux termes de l’article L. 821-1 de ce code : « Les arrêts rendus par les cours administratives d'appel et, de manière générale, toutes les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions administratives peuvent être déférés au Conseil d'Etat par la voie du recours en cassation ». 2. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Aux termes de l’article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (...) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ». 4. Le pourvoi de Mme A... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, par juge des référés du tribunal administratif de Paris. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi de l’obligation de représentation par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. Le pourvoi de Mme A..., dont la demande d’aide juridictionnelle a été rejetée, n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée. Dès lors, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er: Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée au Conseil régional d’Ile-de-France de l’ordre des médecins. Fait à Paris, le 23 avril 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Faut-il un avocat pour se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État ?
Oui, en principe, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction d'un pourvoi en cassation, sauf exceptions prévues par la loi.
Que se passe-t-il si je ne régularise pas mon pourvoi après une demande de régularisation ?
Si vous ne régularisez pas votre pourvoi dans le délai imparti, il peut être déclaré irrecevable et rejeté.
Puis-je me pourvoir en cassation sans avocat contre une ordonnance de référé ?
Non, aucune dispense n'est prévue pour les ordonnances de référé rendues sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Le ministère d'avocat est obligatoire.
Quelles sont les conditions de recevabilité d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf dispense, et doit être fondé sur un moyen sérieux. Il doit également respecter les délais et formes prescrits.
Comment régulariser un pourvoi en cassation ?
Pour régulariser, il faut constituer un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation et déposer un mémoire complémentaire dans le délai imparti.
Que faire si ma demande d'aide juridictionnelle est rejetée ?
Si votre demande d'aide juridictionnelle est rejetée, vous devez néanmoins respecter l'obligation de ministère d'avocat. Vous pouvez éventuellement contester la décision de rejet ou solliciter un autre mode d'assistance.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.