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Conseil d'État, 5ème chambre, 30 avril 2026, n° 512866

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'une décision de suspension d'activité d'un refuge pour chiens est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • Le préfet de l'Indre a ordonné la suspension de l'activité de refuge pour chiens de l'association Vakanima pour une durée de six mois par décision du 8 décembre 2025.
  • L'association a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Limoges la suspension de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 3 février 2026, prise sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • L'association soutenait que la condition d'urgence était remplie et que l'ordonnance était entachée d'erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association Vakanima a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Limoges d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 8 décembre 2025 par laquelle le préfet de l’Indre a ordonné la suspension de l’activité de refuge pour chiens qu’elle exploite pour une durée de six mois. Par une ordonnance n° 2600214 du 3 février 2026, prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 février et 5 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l’association Vakanima demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de la requérante a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code rural et de la pêche maritime ; - le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Limoges qu’elle attaque, l’association Vakanima soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que la condition d’urgence n’était pas remplie au motif que l’association n’établissait pas par un document comptable sérieux que sa trésorerie ne lui permettait pas de supporter le manque à gagner entraîné par l’arrêté attaqué ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime que l’arrêté attaqué ne causait pas un préjudice grave et immédiat à l’association requérante ; 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de l’association Vakanima n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Vakanima. Fait à Paris, le 30 avril 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne à la ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une décision administrative en référé ?
Il faut justifier d'une urgence et soulever un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si mon pourvoi est manifestement infondé ?
Le président de la chambre peut décider de ne pas admettre le pourvoi par une ordonnance motivée, sans audience.
Puis-je contester une décision de suspension d'activité de mon refuge pour animaux ?
Oui, vous pouvez demander au juge des référés la suspension de cette décision, puis former un pourvoi en cassation si nécessaire.
Qu'est-ce qu'un 'moyen sérieux' dans le cadre d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée.

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