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Conseil d'État, 5ème chambre, 7 mai 2026, n° 512957

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est-il recevable lorsqu'il est présenté sans le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, alors que cette obligation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Lorsque cette obligation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi présenté sans ministère d'avocat est irrecevable et ne peut être admis, sans qu'il soit besoin de demander une régularisation préalable.

Faits clés

  • La société Allo Cars Casse a formé trois pourvois en cassation contre des ordonnances du tribunal du stationnement payant rejetant ses requêtes en décharge de forfaits de post-stationnement.
  • Les pourvois ont été enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'État le 19 février 2026.
  • Les pourvois ont été présentés sans le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification des ordonnances attaquées mentionnait l'obligation de représentation par avocat.
  • Les pourvois ne relèvent pas des exceptions prévues à l'article R. 821-3 du code de justice administrative.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : 1° La société Allo Cars Casse a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l’obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions en vue du recouvrement du forfait de post-stationnement mis à sa charge le 26 octobre 2021 par la Ville de Paris et de la majoration dont il est assorti. Par une ordonnance n° 22038764 du 19 janvier 2026, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête. Sous le numéro 512958, par un pourvoi, enregistré le 19 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Allo Cars Casse demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa requête. 2° La société Allo Cars Casse a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l’obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions en vue du recouvrement du forfait de post-stationnement mis à sa charge le 24 novembre 2023 par la Ville de Paris et de la majoration dont il est assorti. Par une ordonnance n° 24063156 du 19 janvier 2026, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête. Sous le numéro 512957, par un pourvoi, enregistré le 19 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Allo Cars Casse demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa requête. 3° La société Allo Cars Casse a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l’obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions en vue du recouvrement du forfait de post-stationnement mis à sa charge le 16 janvier 2024 par la Ville de Paris et de la majoration dont il est assorti. Par une ordonnance n° 24063170 du 19 janvier 2026, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête. Sous le numéro 512959, par un pourvoi, enregistré le 19 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Allo Cars Casse demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa requête. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Les pourvois visés ci-dessus présentent à juger les mêmes questions. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision. 2. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ». Selon l’article R. 821-3 de ce code : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du même code, le Conseil d'Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, lorsque l’obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 3. Les pourvois de la société Allo Cars Casse, qui ne sont pas au nombre de ceux que l’article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l’obligation de ministère d’avocat, ont été présentés sans le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification des ordonnances attaquées faisait mention de cette obligation. Par suite, ils ne sont pas recevables et ne peuvent, dès lors, être admis. O R D O N N E : Article 1er : Les pourvois de la société Allo Cars Casse ne sont pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Allo Cars Casse. Fait à Paris, le 7 mai 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation sans avocat ?
Non, sauf exceptions limitées (comme les décisions des juridictions de pension), le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si l'obligation est mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi sans avocat est irrecevable.
Que se passe-t-il si mon pourvoi est irrecevable ?
Le Conseil d'État refuse de l'admettre par une ordonnance, ce qui met fin à la procédure sans examen au fond.
Quelles sont les conditions de recevabilité d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être formé dans les délais, par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation (sauf exceptions), et être fondé sur un moyen sérieux.
Comment contester un forfait de post-stationnement ?
Vous pouvez saisir le tribunal du stationnement payant dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'avis de paiement. En cas de rejet, un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est possible, mais avec l'assistance d'un avocat.

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