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Conseil d'État, Juge des référés, 6 août 2026, n° 513386

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé est-il recevable lorsqu'il n'est pas présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation alors que la notification de la décision mentionnait cette obligation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure préalable d'admission. Le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction d'un recours en cassation, sauf exceptions prévues par le code de justice administrative. Lorsque cette obligation a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, un pourvoi présenté sans avocat est irrecevable et peut être rejeté sans demande préalable de régularisation.

Faits clés

  • M. C. a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montpellier de prendre des mesures sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 18 février 2026.
  • M. C. a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette ordonnance.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative article L. 521-3 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... C... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner, d’une part, l’accès aux héritiers de l’indivision successorale d’Aldo C... à un mobile-home, la remise des clés et l’accès aux autres biens et, d’autre part, à Mme B... et M. D... C..., sous astreinte de 100 euros par jour de retard, la remise des clés détenues par le notaire, et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B... et de M. D... C.... Par une ordonnance n° 2601122 du 18 février 2026, le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi, enregistré le 5 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. C... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande. Par une décision du 9 avril 2026, réputée notifiée le 13 mai 2026, le bureau d’aide juridictionnelle près le Conseil d’Etat a rejeté la demande d’aide juridictionnelle présentée par M. C.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l’article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». 2. Aux termes de l’article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l’introduction, devant le Conseil d’Etat, des recours en cassation, à l’exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 3. Le pourvoi de M. C..., qui n’est pas au nombre de ceux que l’article R. 821‑3 du code de justice administrative dispense de l’obligation de ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Par suite, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut, dès lors, être admis. ORDONNE : ---------------- Article 1er : Le pourvoi de M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C.... Fait à Paris, le 6 août 2026 La présidente : Anne Egerszegi La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Est-il obligatoire de prendre un avocat pour faire un pourvoi devant le Conseil d'État ?
Oui, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est en principe obligatoire pour introduire un recours en cassation, sauf exceptions prévues par le code de justice administrative.
Que se passe-t-il si je dépose moi-même mon pourvoi ?
Le pourvoi est irrecevable lorsqu'il n'entre pas dans une exception à l'obligation d'avocat. Le Conseil d'État peut alors ne pas l'admettre.
Le tribunal doit-il m'informer de l'obligation de prendre un avocat ?
Lorsque la notification de la décision mentionne cette obligation, l'absence d'avocat peut entraîner le rejet du recours sans demande préalable de régularisation.
L'obligation d'avocat s'applique-t-elle à un pourvoi contre une ordonnance de référé ?
Oui, sauf exception légale, un pourvoi contre une ordonnance de référé du tribunal administratif doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
Que signifie la non-admission de mon pourvoi ?
Cela signifie que le Conseil d'État ne l'examine pas au fond, notamment parce qu'il est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux. Dans cette affaire, la non-admission résultait de l'absence d'avocat obligatoire.

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