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Conseil d'État, 10ème chambre, 23 avril 2026, n° 514064

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative est-il soumis à l'obligation du ministère d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation ?

Principe retenu

Les ordonnances rendues en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative sont rendues en dernier ressort et ne peuvent faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, quelle que soit la nature de la demande initiale (référé liberté ou autre). Un tel pourvoi est soumis à l'obligation du ministère d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, sauf dispense légale. En l'absence de ministère d'avocat, le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis.

Faits clés

  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Versailles, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au groupe hospitalier Nord-Essonne de lui communiquer son dossier médical, de juger que le délit de faux en écriture est caractérisé et de le condamner à des dommages et intérêts.
  • Par ordonnance du 17 mars 2026, la juge des référés a rejeté sa demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, sans ministère d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de recourir à un avocat.
  • Le Conseil d'Etat a requalifié l'appel en pourvoi en cassation.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 523-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Versailles, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’une part, d’enjoindre, sous astreinte, au groupe hospitalier Nord-Essonne de lui communiquer l’intégralité de son dossier médical, d’autre part, de juger que le délit de faux en écriture est caractérisé et, enfin, de condamner le groupe hospitalier Nord-Essonne à lui verser la somme de 1500 euros au titre de dommages et intérêts. Par une ordonnance n° 2603444 du 17 mars 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Versailles, statuant sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, a rejeté ses demandes. Par un pourvoi, enregistré le 26 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à ses demandes. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». En vertu de l'article L. 523-1 du même code, « les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort », alors que « les décisions rendues en application de l'article L. 521-2 sont susceptibles d'appel devant le Conseil d'Etat ». Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'ordonnance par laquelle le juge des référés rejette une demande en faisant usage du pouvoir que lui donne l'article L. 522-3 ne peut faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, sans qu'il y ait lieu de distinguer si la demande dont a été saisi le juge a été présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 ou de l'article L. 521-2. 2. M. B... conteste l'ordonnance par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a rejeté, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sa demande. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu’il y a lieu de requalifier son appel en pourvoi en cassation. 3. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 4. Aux termes de l’article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 5. Le pourvoi de M. B... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue, sur le fondement des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, par la juge des référés du tribunal administratif de Versailles. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi de l’obligation de représentation par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. Le pourvoi de M. B... n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er: Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au Groupe hospitalier Nord-Essonne. Fait à Paris, le 23 avril 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Dois-je obligatoirement prendre un avocat pour un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Oui, en principe, le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction d'un pourvoi en cassation, sauf exceptions prévues par la loi (par exemple, pour les décisions des juridictions de pension).
Quelle est la voie de recours contre une ordonnance de référé rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 ?
Une ordonnance rendue sur le fondement de l'article L. 522-3 est rendue en dernier ressort. Elle ne peut faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, et non d'un appel.
Puis-je me passer d'avocat pour un pourvoi en cassation contre une décision de référé ?
Non, sauf si un texte dispense expressément de cette obligation. En l'absence de dispense, le pourvoi doit être présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, sinon il est irrecevable.
Que se passe-t-il si je forme un pourvoi en cassation sans avocat ?
Le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis. Le Conseil d'Etat peut le rejeter sans demande de régularisation préalable si la notification de la décision attaquée mentionnait l'obligation de recourir à un avocat.
Qu'est-ce que le ministère d'avocat au Conseil d'Etat ?
C'est l'obligation de se faire représenter par un avocat spécialement habilité à exercer devant le Conseil d'Etat et la Cour de cassation pour introduire certains recours, notamment les pourvois en cassation.
Quels sont les cas où le ministère d'avocat n'est pas obligatoire ?
Par exemple, pour les recours dirigés contre les décisions des juridictions de pension. D'autres exceptions peuvent être prévues par des textes spéciaux.

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