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Conseil d'État, 5ème chambre, 28 mai 2026, n° 514144

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'un licenciement en période d'essai est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • M. A... a été licencié par le directeur général de l'Arcom le 3 février 2026 à l'issue de sa période d'essai.
  • Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe de suspendre cette décision et d'ordonner sa réintégration.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 17 mars 2026.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a constaté qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part la suspension de l’exécution de la décision du 3 février 2026 par laquelle le directeur général de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a prononcé son licenciement à l’issue de sa période d’essai et, d’autre part, d’enjoindre à l’administration de le réintégrer dans un délai de sept jours. Par une ordonnance n° 2600287 du 17 mars 2026, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 mars et 13 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle méconnait l’office du juge des référés en se prononçant sur la légalité de la décision du 3 février 2026 ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge que la procédure de licenciement a été régulièrement menée ; - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que le directeur général de l’Arcom n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en le licenciant ; - d’irrégularité en ce qu’elle a été rendue à l’issue d’une procédure ne respectant pas le principe du contradictoire. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à B... A... Copie en sera adressée à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Fait à Paris, le 28 mai 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je contester mon licenciement pendant ma période d'essai ?
Oui, vous pouvez contester la décision de licenciement devant le juge administratif, notamment en demandant une suspension en référé si l'urgence est justifiée.
Comment demander la suspension d'une décision de licenciement ?
Vous devez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, visant à faire annuler cette décision pour erreur de droit ou irrégularité.
Quels sont les moyens pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de fait de nature à remettre en cause la décision attaquée.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de référé ?
Un moyen sérieux est un argument juridique qui paraît suffisamment fondé pour créer un doute sur la légalité de la décision contestée.
Quelle est la procédure pour contester une ordonnance de référé ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance.

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