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Conseil d'État, Juge des référés, 12 août 2026, n° 514196

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation dirigé contre une ordonnance de cour administrative d'appel est-il recevable lorsqu'il n'est pas présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure préalable d'admission. Le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour les pourvois dirigés contre les décisions des cours administratives d'appel, sauf texte contraire. Lorsque cette obligation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée, un pourvoi non présenté par cet avocat est irrecevable et peut être rejeté sans invitation préalable à régulariser.

Faits clés

  • M. B. a demandé l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant sa demande de titre de séjour.
  • Le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande par ordonnance.
  • La cour administrative d'appel de Douai a rejeté son appel par ordonnance.
  • M. B. a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette ordonnance.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Rouen d’annuler l’arrêté du 15 janvier 2025 par lequel le préfet de l’Eure a rejeté sa demande de titre de séjour. Par une ordonnance n° 2500472 du 1er avril 2025, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 26DA00472 du 18 mars 2026, la présidente de la cour administrative d’appel de Douai a rejeté l’appel formé par M. B... contre cette ordonnance. Par un pourvoi, enregistré le 31 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat d’annuler cette ordonnance. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre. » 2. Aux termes de l’article R. 821-3 du même code : « Le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l’introduction, devant le Conseil d’Etat, des recours en cassation, à l’exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension. » En vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision juridictionnelle contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 3. Le pourvoi de M. B... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue par la cour administrative d’appel de Douai. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi en cassation de l’obligation du ministère d’avocat. Or, le pourvoi de M. B... n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de la décision juridictionnelle attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 12 août 2026. Alain Seban La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je saisir moi-même le Conseil d'État pour contester une décision de cour administrative d'appel ?
En principe non. Un pourvoi contre une décision de cour administrative d'appel doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
Que risque-t-on en cas de pourvoi déposé sans avocat aux Conseils ?
Le pourvoi est irrecevable et peut être non admis par le Conseil d'État.
Le Conseil d'État doit-il me laisser un délai pour régulariser l'absence d'avocat ?
Pas nécessairement. Lorsque l'obligation d'avocat figurait dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi peut être rejeté sans demande préalable de régularisation.
L'obligation d'avocat s'applique-t-elle à un litige concernant un titre de séjour ?
Oui, lorsque le recours prend la forme d'un pourvoi en cassation contre une décision de cour administrative d'appel, sauf exception prévue par un texte.
Le Conseil d'État examine-t-il les arguments juridiques d'un pourvoi irrecevable ?
Non. Un pourvoi irrecevable pour défaut de ministère d'avocat ne peut pas être admis, sans examen au fond des moyens invoqués.

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