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Conseil d'État, Juge des référés, 23 juin 2026, n° 514749

R.822-5 Rejet PAPC irrecevabilité Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le Conseil d'État peut-il rejeter comme manifestement irrecevable une requête d'appel dirigée contre une ordonnance du tribunal administratif, alors que cette requête relève normalement de la compétence de la cour administrative d'appel, lorsque la demande de première instance était elle-même manifestement irrecevable ?

Principe retenu

En application de l'article R. 351-4 du code de justice administrative, le Conseil d'État, lorsqu'il est saisi de conclusions relevant d'une autre juridiction administrative, peut, nonobstant les règles de répartition des compétences, rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance. En l'espèce, la demande de première instance, qui ne contenait aucune conclusion tendant à l'annulation d'une décision ou à la condamnation d'une personne publique, était manifestement irrecevable. Par suite, la requête d'appel est rejetée comme manifestement irrecevable.

Faits clés

  • M. A... a reçu un courrier le 20 février 2026 relatif à deux amendes routières pour des infractions commises en avril et juin 2002.
  • M. A... a attiré l'attention du tribunal administratif de Lille sur ce courrier, sans formuler de conclusions précises.
  • Le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande par ordonnance du 8 avril 2026 sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
  • M. A... a fait appel de cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a constaté que la requête d'appel relevait normalement de la compétence de la cour administrative d'appel de Douai.

Articles cités

article R. 222-1 du code de justice administrative article R. 122-12 du code de justice administrative article L. 211-2 du code de justice administrative article R. 351-4 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a attiré l’attention du tribunal administratif de Lille sur le courrier qu’il a reçu le 20 février 2026, relatif à deux amendes routières pour des infractions qu’il aurait commises en avril et juin 2002, avec un véhicule dont il n’a pas souvenir. Par une ordonnance n° 2602938 du 8 avril 2026, prise sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une requête et deux nouveaux mémoires, enregistrés les 13 avril, 16 avril et 16 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article R. 122-12 du code de justice administrative : « Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ». En vertu de l’article L. 211-2 du même code : « Les cours administratives d'appel connaissent des jugements rendus en premier ressort par les tribunaux administratifs (…) ». Enfin, aux termes de l’article R. 351-4 du même code : « Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi (…) le Conseil d’Etat relève d’une autre juridiction administrative, (…) le Conseil d’Etat (…) est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour (…) rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance ». 2. La requête de M. A... tend à l’annulation de l’ordonnance n° 2602938 du 8 avril 2026 rendue par le tribunal administratif de Lille. Ces conclusions relèvent, en appel, de la compétence de la cour administrative d’appel de Douai. 3. Toutefois, la requête en première instance de M. A... visait à attirer l’attention du tribunal sur le courrier qu’il a reçu le 20 février 2026, relatif à deux amendes routières pour des infractions qu’il aurait commises en avril et juin 2002, avec un véhicule dont il n’a pas souvenir. Par sa requête, M. A... ne formule aucune conclusion tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation d’une personne publique au versement d’une somme d’argent. Par suite, la requête en première instance de M. A... était manifestement irrecevable. 4. Dès lors, la requête de M. A... ne peut qu’être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions de l’article R. 351-4 du code de justice administrative. O R D O N N E : Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Fait à Paris, le 23 juin 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Que faire si je reçois une amende pour une infraction que je n'ai pas commise ?
Vous pouvez contester l'amende en formant une réclamation auprès de l'officier du ministère public ou en saisissant la juridiction compétente. Il est important de fournir des preuves de votre non-implication.
Quel tribunal est compétent pour juger un recours contre une décision administrative ?
En premier ressort, c'est le tribunal administratif. En appel, c'est la cour administrative d'appel. Le Conseil d'État est compétent en cassation et pour certains litiges spécifiques.
Qu'est-ce qu'une irrecevabilité manifeste ?
C'est une irrecevabilité évidente qui ne nécessite pas de débat contradictoire approfondi. Par exemple, une demande qui ne contient aucune conclusion précise est manifestement irrecevable.
Puis-je saisir le Conseil d'État directement en appel ?
Non, en principe, l'appel des jugements des tribunaux administratifs relève de la cour administrative d'appel. Le Conseil d'État n'est compétent que dans certains cas particuliers.
Que signifie 'attirer l'attention' du tribunal administratif ?
C'est une procédure informelle qui ne constitue pas un recours contentieux. Pour saisir le tribunal, il faut déposer une requête contenant des conclusions précises.
Une demande sans conclusions précises est-elle recevable ?
Non, une requête doit contenir des conclusions (par exemple, l'annulation d'une décision ou une demande d'indemnisation). Sans cela, elle est irrecevable.

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