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Conseil d'État, Juge des référés, 16 juin 2026, n° 515294

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'un refus de titre de séjour est-il manifestement dépourvu de fondement lorsque le requérant invoque son intégration et son contrat jeune majeur ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Un pourvoi manifestement dépourvu de fondement dirigé contre une ordonnance de référé peut être rejeté par ordonnance du président de la chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique.

Faits clés

  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de suspendre la décision du préfet du Val-d'Oise du 11 février 2026 refusant de lui délivrer un titre de séjour.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 19 mars 2026.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutient que le juge des référés a commis une erreur de droit et dénaturé les faits en jugeant qu'aucun moyen n'était de nature à créer un doute sérieux.
  • Il invoque sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, l'absence de liens avec sa famille dans son pays d'origine, sa formation en apprentissage et son contrat jeune majeur.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 11 février 2026 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d’enjoindre à ce dernier de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l’attente du réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours et sous astreinte. Par une ordonnance n° 2605602 du 19 mars 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 avril et 15 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros, à verser à la SCP Ricard, Bendel-Vasseur, Ghnassia, son avocat, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de M. A... a été informé le 21 mai 2026 que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Selon l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. A... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l’espèce en jugeant qu’aucun des moyens soulevés devant lui n’était de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision du préfet alors même, qu’après avoir été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance, il n’entretient plus aucun lien avec sa famille dans son pays d’origine, suit avec sérieux sa formation en apprentissage et est bénéficiaire d’un contrat jeune majeur. 3. Il est manifeste que ce moyen n’est pas fondé. Dès lors, ce pourvoi, manifestement dépourvu de fondement au sens de l’article R. 822-5 du code de justice administrative, ne peut être admis. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 16 juin 2026 Signé : O. Japiot La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : P. Maury

Questions fréquentes

Puis-je obtenir un titre de séjour si j'ai été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance ?
La prise en charge par l'aide sociale à l'enfance peut être un élément en faveur de la délivrance d'un titre de séjour, mais elle ne suffit pas automatiquement. Il faut examiner les conditions légales et la situation individuelle.
Qu'est-ce qu'un référé suspension ?
Le référé suspension est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant de demander la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence est justifiée et qu'il existe un doute sérieux sur sa légalité.
Comment contester un refus de titre de séjour en urgence ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative pour demander la suspension de la décision, en invoquant l'urgence et un moyen propre à créer un doute sérieux.
Que signifie 'doute sérieux' dans une procédure de référé ?
Un doute sérieux existe lorsque la décision attaquée paraît, au vu des moyens soulevés, susceptible d'être annulée au fond. Il s'agit d'une apparence de légalité contestable.
Comment faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il doit être motivé et soumis à une procédure d'admission. Il est recommandé de consulter un avocat.
Que se passe-t-il si mon pourvoi est manifestement dépourvu de fondement ?
Le Conseil d'État peut rejeter le pourvoi par une ordonnance motivée, sans audience publique, s'il est manifestement dépourvu de fondement. Cela signifie que votre pourvoi ne sera pas examiné au fond.

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