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Conseil d'État, Juge des référés, 22 juillet 2026, n° 515985

R. 122-12-1 Désistement Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le désistement des sociétés requérantes de leur question prioritaire de constitutionnalité est-il pur et simple et rien ne s'oppose-t-il à ce qu'il en soit donné acte ?

Principe retenu

Le désistement d'une question prioritaire de constitutionnalité, lorsqu'il est pur et simple, peut être accepté par ordonnance du président de chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique, en application de l'article R. 122-12 du code de justice administrative.

Faits clés

  • Les sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana ont demandé la condamnation de l'Etat à leur verser 2 381 198 euros.
  • Elles ont soulevé une question prioritaire de constitutionnalité contre l'article 229 de la loi de finances pour 2024.
  • Le tribunal administratif de Toulon a transmis la question au Conseil d'Etat par jugement du 12 mai 2026.
  • Les sociétés requérantes se sont désistées de leur question prioritaire de constitutionnalité par mémoire du 8 juillet 2026.
  • Le ministre de l'économie a demandé qu'il soit donné acte de ce désistement.

Articles cités

article R. 122-12 du code de justice administrative article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 article 23-2 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 article 23-4 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 article 61-1 de la Constitution

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Les sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana, à l’appui de leur demande tendant à la condamnation de l’Etat à leur verser la somme de 2 381 198 euros, ont produit des mémoires, enregistrés les 8 août, 12 décembre, 18 décembre 2025 et le 13 mars 2026 au greffe du tribunal administratif de Toulon, en application de l’article 23-1 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, par lesquels elles ont soulevé une question prioritaire de constitutionnalité. Par un jugement n° 2503202 du 12 mai 2026, enregistré le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le tribunal administratif de Toulon, avant qu’il soit statué sur la demande des sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana, a décidé, par application des dispositions de l’article 23-2 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d’Etat la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de l’article 229 de la loi du 29 décembre 2023 de finances pour 2024. Par la question prioritaire de constitutionnalité transmise et un mémoire, enregistré le 3 juillet 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, les sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana soutiennent que l’article 229 de la loi du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 méconnaît les principes d’égalité devant la loi et de non-rétroactivité, la liberté contractuelle et le droit au maintien des conventions légalement conclues. Par un mémoire, enregistré le 16 juin 2026, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique conclut à ce que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée ne soit pas renvoyée au Conseil constitutionnel. Il soutient que les conditions posées par l’article 23-4 de l’ordonnance du 7 novembre 1958 ne sont pas remplies et, en particulier, que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée ne présente pas un caractère sérieux. La société GazelEnergie Génération a présenté des observations, enregistrées le 23 juin 2026. Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2026, les sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana déclarent se désister de la question prioritaire de constitutionnalité qu’elles ont soulevée. Par un mémoire, enregistré le 9 juillet 2026, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique demande qu’il soit donné acte de ce désistement. La question prioritaire de constitutionnalité soulevée a été communiquée au Premier ministre, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, des négociations internationales sur le climat et la nature et au ministre de l’action et des comptes publics, qui n’ont pas produit de mémoire. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, notamment son Préambule et son article 61-1 ; - l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ; - la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, notamment son article 229 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article R. 122-12 du code de justice administrative : « (…) les présidents de chambre (…) peuvent, par ordonnance : 1° : Donner acte des désistements ; (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Le désistement des sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana de la question prioritaire de constitutionnalité qu’elles ont soulevée, transmise par jugement du 12 mai 2026 du tribunal administratif de Toulon, est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte. ORDONNE : ---------------- Article 1er : Il est donné acte du désistement des sociétés Idex Var Biomasse et Sylviana de la question prioritaire de constitutionnalité qu’elles ont soulevée, transmise par jugement du 12 mai 2026 du tribunal administratif de Toulon. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Idex Var Biomasse, à la société Sylviana, au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, des négociations internationales sur le climat et la nature, au ministre de l’action et des comptes publics et à la société GazelEnergie Génération. Copie en sera adressée au Conseil constitutionnel et au Premier ministre. Fait à Paris, le 22 juillet 2026 La présidente : Anne Egerszegi La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : N° 515985 - 2 -

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je me désiste de ma question prioritaire de constitutionnalité ?
Le Conseil d'Etat peut donner acte de votre désistement par ordonnance, ce qui met fin à la procédure relative à la QPC.
Le Conseil d'Etat peut-il refuser de donner acte d'un désistement ?
Le Conseil d'Etat peut refuser si le désistement n'est pas pur et simple ou si des circonstances particulières le justifient.
Quelle est la procédure pour se désister d'une QPC ?
Vous devez produire un mémoire en désistement auprès de la juridiction, qui peut alors rendre une ordonnance donnant acte du désistement.
Un désistement de QPC est-il définitif ?
Oui, une fois que le désistement est accepté, il est définitif et met fin à la procédure de QPC.

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