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Conseil d'État, Juge des référés, 20 juillet 2026, n° 516551

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés doit-il présumer l'urgence en cas d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-3 du CESEDA ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une assignation à résidence est manifestement dépourvu de fondement lorsque les moyens soulevés ne sont pas fondés. L'urgence n'est pas automatiquement présumée en matière d'assignation à résidence, et le juge apprécie souverainement les circonstances de l'espèce.

Faits clés

  • M. B... a été assigné à résidence à Rennes pour six mois par arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 3 avril 2026.
  • L'arrêté imposait la remise du passeport, une présentation quotidienne deux fois par jour à la police aux frontières, et une interdiction de sortir de la commune.
  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes la suspension de cet arrêté, mais sa demande a été rejetée par ordonnance du 13 avril 2026.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, soutenant que l'urgence devait être présumée et que les faits avaient été dénaturés.
  • Le Conseil d'État a jugé que les moyens n'étaient pas fondés et a refusé d'admettre le pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... C... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 avril 2026 par lequel le préfet d’Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence à Rennes pour une durée de six mois, l'a astreint à remettre l'original de son passeport contre récépissé et à se présenter tous les jours à 8 h 30 et à 16 h 00, y compris les jours fériés et chômés, à la direction zonale de la police aux frontières de Saint-Jacques-de-la-Lande, et lui a interdit de sortir de la commune de Rennes, sauf exceptions, ainsi que d'enjoindre au préfet d’Ille-et-Vilaine de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Par une ordonnance n° 2602805 du 13 avril 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 23 juin 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Poupet & Kacenelenbogen, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de M. B... a été informé le 29 juin 2026 que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Selon l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a : - commis une erreur de droit en refusant de reconnaître l’urgence alors que, s’agissant d’une assignation à résidence prononcée sur le fondement de l’article L. 731-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, celle-ci doit être présumée ; - dénaturé les faits de l’espèce et les pièces du dossier en ne regardant pas la condition d’urgence comme remplie, alors que l’arrêté du 3 avril 2026 lui imposait de demeurer dans la commune de Rennes et de se présenter deux fois par jour à la direction zonale de la police aux frontières de Saint-Jacques-de-la-Lande. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est fondé. Dès lors, ce pourvoi, manifestement dépourvu de fondement au sens de l’article R. 822-5 du code de justice administrative, ne peut être admis. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 20 juillet 2026. Signé : O. Japiot La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : P. Maury

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une assignation à résidence ?
C'est une mesure administrative qui oblige un étranger à résider dans une zone déterminée et à respecter des obligations de présentation, souvent en attendant son éloignement.
Comment contester une assignation à résidence ?
Vous pouvez saisir le juge des référés en référé suspension pour demander la suspension de la mesure, en invoquant l'urgence et un doute sérieux sur sa légalité.
L'urgence est-elle automatique en cas d'assignation à résidence ?
Non, l'urgence n'est pas automatique. Le juge apprécie les circonstances de l'espèce, mais certaines mesures peuvent être présumées urgentes.
Puis-je faire un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé ?
Oui, mais le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État. Il est refusé s'il est irrecevable ou manifestement infondé.

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