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Conseil d'État, Juge des référés, 31 juillet 2026, n° 516873

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de la CNDA est-il recevable sans ministère d'avocat au Conseil d'État ?

Principe retenu

Le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction des recours en cassation devant le Conseil d'État, sauf exceptions prévues par la loi. Aucun texte ne dispense les pourvois contre les décisions de la CNDA de cette obligation. Si la notification de la décision attaquée mentionne cette obligation, le pourvoi présenté sans avocat est irrecevable et peut être rejeté sans demande de régularisation préalable.

Faits clés

  • M. A... a demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté sa demande le 30 septembre 2025.
  • La CNDA a rejeté son recours par une ordonnance du 29 avril 2026.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, enregistré le 19 juin 2026.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.821-3 du code de justice administrative article R.612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du 30 septembre 2025 par laquelle l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d’asile. Par une ordonnance n° 25056723 du 29 avril 2026, un président de formation de jugement de la Cour nationale du droit d’asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi, enregistré le 19 juin 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à la demande qu’il avait présentée devant la Cour. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». 2. Aux termes de l'article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 3. Le pourvoi de M. A... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue par un président de formation de jugement de la Cour nationale du droit d’asile. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi en cassation de l’obligation du ministère d’avocat. Or, le pourvoi de M. A... n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, son pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er: Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Fait à Paris, le 31 juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Dois-je prendre un avocat pour un pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA ?
Oui, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour ce type de recours, sauf exceptions légales.
Que se passe-t-il si je forme un pourvoi sans avocat ?
Si la notification de la décision mentionnait cette obligation, votre pourvoi sera rejeté comme irrecevable sans demande de régularisation préalable.
Puis-je régulariser mon pourvoi en prenant un avocat après l'avoir déposé ?
Si l'obligation était mentionnée dans la notification, le pourvoi peut être rejeté sans régularisation. Il est donc impératif de respecter cette formalité dès le dépôt.
Y a-t-il des exceptions à l'obligation d'avocat pour les pourvois en cassation ?
Oui, par exemple pour les décisions des juridictions de pension. Mais les décisions de la CNDA ne font pas partie des exceptions.

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