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J'ai un abonnement Internet avec la fibre optique mais je dois déménager à une nouvelle adresse à laquelle la fibre optique n'est pas disponible avec cet opérateur. Je dois donc résilier pour prendre un opérateur qui propose la fibre optique. Est-ce que l’ancienne opérateur peut me demander de le rembourser puisque l’engagement d’un an n’était pas terminé ? Et les frais de résiliation ?
Non, votre ancien opérateur ne peut exiger ni le paiement des mensualités restantes de votre engagement, ni les frais fixes de résiliation (qui s'élèvent généralement à une cinquantaine d'euros).
Le fait de déménager dans une zone où la technologie que vous avez souscrite (la fibre optique) n'est pas disponible constitue un **motif légitime de résiliation anticipée sans frais**.
Voici comment sécuriser cette démarche en appliquant une méthode juridique stricte :
### 1. Le "Coup d'après" : L'anticipation de la partie adverse
L'opérateur va très probablement tenter de vous bloquer en argumentant qu'il peut vous fournir une connexion ADSL à votre nouvelle adresse, et que par conséquent, le service n'est pas "totalement inaccessible".
**Votre parade :** L'ADSL et la Fibre optique sont deux technologies et deux services juridiquement distincts. Vous avez souscrit un contrat pour de la Fibre. S'il ne peut pas vous fournir la Fibre, il ne respecte pas les caractéristiques de l'offre initiale. De plus, toute tentative de vous imposer un basculement sur un abonnement ADSL constitue une modification des conditions contractuelles que vous êtes en droit de refuser sans aucun frais ni dédommagement, conformément à[l'article L224-33 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L224-33+Code+de+la+consommation).
### 2. La "Charge de la preuve" : Bétonnez votre dossier
Le droit est inutile sans preuves. Ne vous contentez pas d'un simple appel au service client. Vous devez impérativement envoyer une **Lettre Recommandée avec Accusé de Réception (LRAR)** contenant deux éléments matériels cruciaux :
1. **La preuve de votre déménagement** : Une copie de votre nouveau bail, acte de propriété, ou facture d'énergie à votre nouveau nom et à votre nouvelle adresse.
2. **La preuve de l'inéligibilité** : Une capture d'écran du test d'éligibilité réalisé sur le site de votre *opérateur actuel*, démontrant noir sur blanc que la fibre n'est pas disponible à votre nouvelle adresse.
*Attention : Si vous n'apportez pas ces preuves dès le premier courrier, l'opérateur rejettera votre demande et prélèvera les pénalités automatiquement.*
### 3. Évaluation des risques (Go / No-Go)
Le risque principal dans ce type de dossier est l'inertie ou la mauvaise foi de l'opérateur, qui pourrait prélever les frais de résiliation sur votre compte bancaire malgré vos justificatifs. Si cela se produit, vous devrez entamer une procédure de contestation (service client, puis service recours consommateur) et, en cas d'échec, saisir le *Médiateur des communications électroniques*. Ce processus est gratuit mais peut s'avérer long et fastidieux.
### 4. Pragmatisme et Stratégie
- **Étape 1 :** Envoyez votre LRAR avec les justificatifs mentionnés. La loi est stricte sur les délais : conformément à[l'article L224-39 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L224-39+Code+de+la+consommation) (dans la continuité historique de [l'article L121-84-2 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L121-84-2+Code+de+la+consommation)), votre résiliation prendra effet dans un délai maximum de **dix jours** à compter de la réception de votre demande par le fournisseur.
- **Étape 2 :** Bloquer les prélèvements de votre ancien opérateur est tentant mais risqué, car cela peut déclencher des procédures de recouvrement automatiques.
- **Plan B pragmatique :** Si votre ancien opérateur s'obstine à vous facturer des frais de fermeture de ligne (environ 50 €) et que vous ne souhaitez pas perdre de temps dans un litige administratif, utilisez un levier commercial simple. Le **nouvel opérateur** chez qui vous allez souscrire la fibre propose presque systématiquement de rembourser les frais de résiliation de l'ancien opérateur (généralement jusqu'à 100 € ou 150 € sur présentation de la facture de clôture). C'est souvent la solution la plus rapide pour solder le litige sans perte financière ni charge mentale.
Cet article du Code de la consommation est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
Tout projet de modification des conditions contractuelles est notifié par le fournisseur de services de communications électroniques au consommateur, de manière claire et compréhensible, sur support durable au moins un mois avant son entrée en vigueur. Ce même projet informe le consommateur qu'il peut, s'il n'accepte pas ces nouvelles conditions, résilier le contrat sans aucun frais et sans droit à dédommagement dans un délai de quatre mois suivant la notification du projet de modification. Les dispositions du premier alinéa ne s'appliquent pas lorsque les modifications envisagées : 1° Sont toutes exclusivement au bénéfice du consommateur ; 2° Ont un caractère purement administratif et n'ont pas d'incidence négative pour le consommateur ; 3° Ou découlent directement de la législation applicable.
La durée du préavis de résiliation par un consommateur d'un contrat de services de communications électroniques ne peut excéder dix jours à compter de la réception par le fournisseur de la demande de résiliation. Le consommateur peut toutefois demander que cette résiliation prenne effet plus de dix jours après la réception, par le fournisseur, de sa demande de résiliation.
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Et dans cette situation est-ce que un huissier peut faire une saisie sur mon compte directement sans jugement ?
**Non, c'est strictement impossible.** Un huissier de justice (dont le nom officiel est désormais *commissaire de justice*) ne peut absolument pas saisir votre compte bancaire sur la simple demande d'un opérateur téléphonique sans être passé par un juge au préalable.
Voici l'analyse stratégique de ce qui risque de se passer et comment réagir :
### 1. Le "Coup d'après" : L'intimidation amiable
L'opérateur va très probablement confier votre dossier à une société de recouvrement ou même à une étude d'huissiers. Vous allez recevoir des courriers, des SMS ou des emails très alarmants avec des mentions en rouge telles que : *"Dernier avis avant saisie"*, *"Mise en demeure sous 48h"*, ou *"Procédure d'exécution imminente"*.
**Votre parade :** Il faut faire la distinction fondamentale entre le **recouvrement amiable** et le **recouvrement judiciaire**. À ce stade, l'huissier n'agit pas en tant qu'officier public doté de pouvoirs de contrainte, mais comme un simple agent de recouvrement amiable. Ces courriers n'ont qu'un but : vous faire peur pour vous pousser à payer. Ils n'ont aucune valeur coercitive.
### 2. La "Charge de la preuve" : L'exigence du Titre Exécutoire
Pour pouvoir bloquer votre compte bancaire (ce qu'on appelle une *saisie-attribution*), la loi est très claire. Comme l'indique[l'article L211-1 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L211-1+Code+des+proc%C3%A9dures+civiles+d%27ex%C3%A9cution), le créancier doit obligatoirement être muni d'un **titre exécutoire**.
Un titre exécutoire, défini par [l'article L111-3 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L111-3+Code+des+proc%C3%A9dures+civiles+d%27ex%C3%A9cution), est dans l'immense majorité des cas une **décision de justice**. Une simple facture impayée ou un contrat d'abonnement internet n'est pas un titre exécutoire. L'opérateur doit donc vous assigner au tribunal (souvent via une procédure d'injonction de payer) et convaincre un juge que vous lui devez cet argent.
### 3. Évaluation des risques (Go / No-Go)
- **Le risque juridique pour vous :** Il est extrêmement faible. Les opérateurs télécoms n'engagent quasiment jamais de véritables poursuites judiciaires (frais d'avocat, frais de greffe, temps) pour récupérer des sommes de 50 € à 200 €. Le coût de la procédure serait largement supérieur à la dette réclamée.
- **Le risque psychologique :** Il est élevé. Les cabinets de recouvrement utilisent des méthodes de harcèlement téléphonique et postal qui peuvent être très usantes.
### 4. Pragmatisme et Stratégie
- **Étape 1 :** Ignorez les courriers de relance amiable et les appels des agences de recouvrement. Ne discutez pas avec eux au téléphone, ils sont formés pour vous déstabiliser.
- **Étape 2 :** Conservez précieusement la preuve de votre LRAR de résiliation et les justificatifs d'inéligibilité à la fibre dans votre nouveau logement. C'est votre bouclier.
- **Étape 3 :** Le SEUL document qui doit vous faire réagir est une **"Signification d'ordonnance portant injonction de payer"** remise officiellement par un commissaire de justice. Si par miracle l'opérateur allait jusque-là, vous auriez alors un mois pour faire "opposition" auprès du tribunal compétent, ce qui annulerait l'ordonnance et obligerait l'opérateur à venir débattre de l'affaire devant le juge (où vous présenteriez vos preuves de résiliation légitime).
Tout créancier muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut, pour en obtenir le paiement, saisir entre les mains d'un tiers les créances de son débiteur portant sur une somme d'argent, sous réserve des dispositions particulières à la saisie des rémunérations prévue par le code du travail et par le présent code.
La saisie immobilière tend à la vente forcée de l'immeuble du débiteur ou, le cas échéant, du tiers acquéreur en vue de la distribution de son prix.
Les saisies peuvent porter sur tous les biens appartenant au débiteur alors même qu'ils seraient détenus par des tiers. Elles peuvent également porter sur les créances conditionnelles, à terme ou à exécution successive. Les modalités propres à ces obligations s'imposent au créancier saisissant.