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Options employeur pour un salarié absent près de 4 ans en arrêt maladie Droit du travail

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un salarié absent depuis presque 4 ans pour un arrêt de travail, envoi bien ses arrêts, mais la CPAM ne l'a pas placé en invalidité, le salarié ne perçoit plus d'IJSS, le médecin du travail n'a jamais eu de ses nouvelles pour une visite médicale de pré-reprise ou autre, le salarié n'a jamais donné suite à la proposition d'entretien de liaison... Que peut faire l'employeur pour sortir ce salarié des effectifs ?
La situation que vous décrivez est celle d'un "salarié fantôme" : il justifie techniquement son absence par des arrêts de travail, mais le lien contractuel est totalement rompu dans les faits (plus d'indemnisation, pas de contact). Pour sortir ce salarié des effectifs de manière sécurisée en droit français, l'employeur dispose de leviers limités mais réels. Le licenciement pour la seule durée de l'absence est risqué, la voie la plus robuste reste celle de l'inaptitude. Voici la stratégie recommandée : ### 1. La stratégie de l'inaptitude (La voie la plus sûre) Tant que le salarié produit des arrêts de travail, vous ne pouvez pas invoquer un abandon de poste. La solution consiste à provoquer l'examen de son état de santé par la médecine du travail. * **Le déclencheur :** Bien que l'arrêt soit en cours, vous pouvez organiser une visite de reprise dès lors que le salarié manifeste une intention de reprendre ou, plus pragmatiquement, si vous arrivez à mettre fin à la suspension du contrat. * **La visite de reprise :** Selon [l'article R4624-31 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+R4624-31+Code+du+travail), le salarié doit bénéficier d'une visite de reprise après une absence d'au moins 60 jours pour maladie non professionnelle. * **La procédure :** Si le salarié se présente et que le médecin le déclare inapte sans possibilité de reclassement (ou si le salarié refuse les postes de reclassement conformes), vous pourrez procéder au licenciement pour inaptitude selon [l'article L1226-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1226-2+Code+du+travail). ### 2. Le licenciement pour désorganisation de l'entreprise Si l'absence dure depuis 4 ans, vous pouvez envisager un licenciement fondé sur la désorganisation du service. * **Condition de fond :** Vous devez prouver que l'absence prolongée perturbe gravement le fonctionnement de l'entreprise (et pas seulement du service) et que cette perturbation rend nécessaire le **remplacement définitif** du salarié par une embauche en CDI. * **Risque :** Les juges sont très stricts. Plus l'entreprise est grande, plus il est difficile de prouver que l'absence d'un seul salarié empêche de tourner. Selon [l'article L1232-1 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1232-1+Code+du+travail), le motif doit être réel et sérieux. ### 3. L'anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Le salarié (ou son conseil) pourrait arguer que : 1. **Discrimination liée à l'état de santé :** Si vous licenciez sans respecter strictement la procédure de désorganisation ou d'inaptitude, le licenciement sera jugé nul. 2. **Manquement à l'obligation de sécurité :** Il pourrait vous reprocher de ne pas avoir pris de ses nouvelles ou de ne pas avoir sollicité le médecin du travail plus tôt. ### 4. La charge de la preuve et les risques * **Preuves à réunir :** Conservez les preuves de l'envoi de la proposition d'entretien de liaison restée sans réponse (LRAR). Cela démontre votre loyauté et le désintérêt du salarié. * **Risque financier :** Un licenciement pour inaptitude après 4 ans d'absence n'ouvre pas droit à l'indemnité de préavis (puisque le salarié est incapable de l'exécuter), mais l'indemnité légale de licenciement est due. * **Le point de blocage :** Si le salarié ne se rend pas aux convocations du médecin du travail que vous avez mandaté, vous pourriez envisager une sanction disciplinaire pour insubordination, mais cela est complexe en période de suspension du contrat de travail. ### Recommandation stratégique 1. **Étape 1 :** Envoyez une mise en demeure par LRAR demandant au salarié de clarifier sa situation (reprise envisagée ou non) et l'informant que vous sollicitez la médecine du travail pour une visite de reprise (si l'arrêt prend fin prochainement) ou de pré-reprise. 2. **Étape 2 :** Contactez votre service de santé au travail pour exposer la situation. Le médecin du travail peut parfois prendre contact directement avec le médecin traitant. 3. **Étape 3 :** Si le salarié est déclaré inapte, suivez la procédure de licenciement pour inaptitude. C'est la sortie la plus "propre" juridiquement. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - La taille de votre entreprise (effectif total) pour évaluer la pertinence du motif de "désorganisation". - Si le dernier arrêt de travail reçu a une date de fin proche ou s'il s'agit d'une prolongation "indéfinie". - Si une clause de prévoyance dans votre convention collective impose des obligations spécifiques de maintien de lien.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1226-1 du Code du travail

Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire à l'allocation journalière prévue à l'article L. 321-1 du code de la sécurité sociale, à condition : 1° D'avoir justifié dans les quarante-huit heures de cette incapacité, sauf si le salarié fait partie des personnes mentionnées à l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ; 2° D'être pris en charge par la sécurité sociale ; 3° D'être soigné sur le territoire français ou dans l'un des autres Etats membres de la Communauté européenne ou dans l'un des autres Etats partie à l'accord sur l'Espace économique européen. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires. Un décret en Conseil d'Etat détermine les formes et conditions de la contre-visite mentionnée au premier alinéa. Le taux, les délais et les modalités de calcul de l'indemnité complémentaire sont déterminés par voie réglementaire.

📄 Article L1226-2 du Code du travail

Lorsque le salarié victime d'une maladie ou d'un accident non professionnel est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4 , à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1 , aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. Cette proposition prend en compte, après avis du comité social et économique lorsqu'il existe, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur la capacité du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en oeuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.

📄 Article L1232-1 du Code du travail

Tout licenciement pour motif personnel est motivé dans les conditions définies par le présent chapitre. Il est justifié par une cause réelle et sérieuse.
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quel courrier je pourrais lui envoyer, une nouvelle proposition de rendez-vous de liaison ?
L'envoi d'un nouveau courrier pour proposer un **rendez-vous de liaison** est une excellente étape stratégique. Depuis la loi Santé au travail de 2021, ce dispositif est un outil précieux pour l'employeur confronté à une absence prolongée (plus de 30 jours). Cependant, après 4 ans de silence, ce courrier doit être rédigé avec précision pour servir de **preuve de votre loyauté** en cas de futur contentieux. ### 1. Pourquoi renvoyer cette proposition ? (La stratégie) Même si le salarié a ignoré la première proposition, en renvoyer une seconde (en LRAR) permet de : * **Démontrer votre bonne foi :** Vous montrez que vous tentez de maintenir le lien et d'anticiper le retour, conformément à votre obligation de sécurité. * **Préparer le terrain :** Si le salarié refuse ou ne répond pas, cela renforce votre dossier pour un éventuel licenciement ultérieur (inaptitude ou désorganisation), car vous aurez prouvé que le blocage vient du salarié. * **Rappel légal :** Selon [l'article L1226-1-3 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1226-1-3+Code+du+travail), l'entretien de liaison a pour but d'informer le salarié qu'il peut bénéficier de mesures d'aménagement de poste ou d'une visite de pré-reprise. ### 2. Contenu indispensable du courrier Le courrier ne doit pas être perçu comme une pression pour reprendre le travail (ce qui serait du harcèlement), mais comme une main tendue institutionnelle. **Éléments à inclure :** 1. **Référence à l'absence :** Rappelez la date du début de l'arrêt. 2. **Objet :** "Proposition de rendez-vous de liaison (Art. L.1226-1-3 du Code du travail)". 3. **Le but :** Informer le salarié sur les dispositifs facilitant son retour (visite de pré-reprise, aménagement). 4. **La liberté de refus :** Précisez explicitement que le salarié peut refuser ce rendez-vous et que **ce refus n'aura aucune conséquence disciplinaire**. C'est une obligation légale. 5. **Modalités :** Précisez que le rendez-vous peut se faire en présentiel, en distanciel, ou par téléphone. ### 3. Structure type du courrier (Modèle indicatif) > *"Monsieur/Madame [Nom],* > > *Vous êtes en arrêt de travail depuis le [Date]. Nous accusons réception de vos prolongations d'arrêt, dont la dernière court jusqu'au [Date].* > > *Conformément aux dispositions de [l'article L1226-1-3 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1226-1-3+Code+du+travail), nous souhaiterions vous proposer un nouveau rendez-vous de liaison.* > > *Ce rendez-vous, qui n'est pas une visite médicale, a pour objectif de maintenir un lien avec l'entreprise et de vous informer des mesures d'accompagnement possibles (aménagement de poste, visite de pré-reprise auprès du Service de Prévention et de Santé au Travail, etc.).* > > *Nous vous proposons que cet échange se tienne le [Date] à [Heure], par [Téléphone / Visioconférence / Rencontre dans l'entreprise].* > > *Nous vous rappelons que ce rendez-vous n'est pas obligatoire. Vous avez la liberté de le refuser ou de ne pas y donner suite, sans que cela ne puisse vous être reproché ou constituer une faute.* > > *Nous vous remercions de nous tenir informés de votre décision."* ### 4. L'anticipation des risques (Le "Coup d'après") * **Si le salarié accepte :** Profitez-en pour lui rappeler qu'il peut solliciter une **visite de pré-reprise** auprès du médecin du travail. C'est souvent cette visite qui débloque la situation en orientant vers une inaptitude. * **Si le salarié refuse ou ignore :** Vous aurez la preuve (le récépissé LRAR) que vous avez rempli votre rôle social. Si vous devez par la suite licencier pour "désorganisation de l'entreprise", vous pourrez prouver que vous avez tenté toutes les voies de dialogue avant d'en arriver là. ### 5. Charge de la preuve et pragmatisme Gardez bien la preuve de l'envoi. Si le salarié ne répond pas à ce deuxième courrier après 4 ans d'absence, la situation de "salarié fantôme" est actée. **Attention :** Ne commettez pas l'erreur de le licencier pour "abandon de poste". Tant qu'il envoie des arrêts de travail (même sans IJSS), son absence est justifiée. Le seul moyen de rompre le contrat reste la procédure de licenciement (inaptitude ou désorganisation réelle et prouvée). --- 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément la taille de votre entreprise pour évaluer si le motif de "désorganisation" est tenable devant un juge.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1103 du Code civil

Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.

📄 Article 1217 du Code civil

La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut : - refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ; - poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ; - obtenir une réduction du prix ; - provoquer la résolution du contrat ; - demander réparation des conséquences de l'inexécution. Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter.

📄 Article 1193 du Code civil

Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - chambre sociale - n°20-14.848 - 17/11/2021

Sommaire :
Il résulte de l'article L. 1234-5 du code du travail que lorsque le licenciement, prononcé pour absence prolongée désorganisant l'entreprise et rendant nécessaire le remplacement définitif de l'intéressé, est dépourvu de cause réelle et sérieuse, le juge doit accorder au salarié, qui le demande, l'indemnité de préavis et les congés payés afférents nonobstant son arrêt de travail pour maladie au cours de cette période

📋 Other - chambre sociale - n°18-18.864 - 18/12/2019

Sommaire :
Selon l'article 29, alinéa 2, de la convention collective nationale du personnel des cabinets médicaux du 14 octobre 1981, les absences justifiées par la maladie ou l'accident dans un délai maximum d'un an n'entraînent pas une rupture du contrat de travail.
Il en résulte qu'un employeur ne peut licencier un salarié en raison de la désorganisation du fonctionnement de l'entreprise occasionnée par son absence prolongée et la nécessité de procéder à son remplacement définitif lorsque, à la date du prononcé du licenciement, l'absence pour maladie n'excède pas un an
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