?
Comment engager le Responsabilité civile de mon syndic pour diverses dérives avérées grzves
Engager la responsabilité civile d'un syndic de copropriété est une procédure complexe car elle nécessite de distinguer la responsabilité envers le **syndicat des copropriétaires (SDC)** et la responsabilité envers **vous, copropriétaire individuel**.
Voici la stratégie à adopter pour faire face à des dérives graves, en s'appuyant sur les sources juridiques actuelles.
## 1. Identifier le fondement juridique de l'action
Le syndic est le mandataire du syndicat des copropriétaires. Selon la nature du préjudice, l'action change :
* **Responsabilité contractuelle :** Si le syndic commet une faute dans sa gestion (ex: défaut d'entretien des parties communes, mauvaise gestion des fonds), c'est le **syndicat des copropriétaires** qui doit agir sur le fondement de [l'article 1991 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1991+Code+civil).
* **Responsabilité délictuelle :** Si vous subissez un **préjudice personnel et distinct** de celui de la collectivité (ex: une fuite en partie commune non réparée qui dégrade votre appartement privé), vous pouvez agir individuellement sur le fondement de [l'article 1240 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1240+Code+civil).
> **Point de vigilance (Le "Quitus") :** Si l'assemblée générale a voté le "quitus" (approbation de la gestion), vous ne pouvez plus contester la validité de la gestion passée au nom du syndicat. Cependant, la jurisprudence précise que le copropriétaire ayant voté pour le quitus conserve le droit d'agir en responsabilité délictuelle pour un préjudice personnel ([Cour de cassation, 3ème civ., 29/02/2024, n° 22-24.558](https://www.courdecassation.fr/decision/65e03a98e2063c0007022be9)).
## 2. La stratégie de preuve (La charge de la preuve)
Pour gagner, vous devez prouver trois éléments cumulatifs :
1. **Une faute caractérisée :** Violation de la loi du 10 juillet 1965, non-exécution des résolutions d'AG, ou erreurs comptables graves.
2. **Un préjudice certain :** Perte financière, dégradation de votre bien, trouble de jouissance.
3. **Un lien de causalité :** C'est directement la faute du syndic qui a causé votre préjudice.
**Preuves à réunir :**
* Mises en demeure restées sans réponse (LRAR).
* Procès-verbaux d'Assemblées Générales montrant l'inaction.
* Rapports d'expertise ou constats d'huissier (commissaire de justice).
* Échanges de mails et courriers prouvant les alertes répétées.
## 3. Anticipation de la défense du syndic (Le "Coup d'après")
Le syndic ne restera pas passif. Voici ses arguments classiques :
* **La faute du Conseil Syndical :** Il arguera qu'il n'a pas été alerté ou que le conseil syndical a validé ses choix. Notez que la responsabilité des membres du conseil syndical est limitée aux fautes graves ou à la collusion frauduleuse ([Cour de cassation, 3ème civ., 29/11/2018, n° 17-27.766](https://www.courdecassation.fr/decision/5fca7f266b18d06e76c33744)).
* **Le défaut de fonds :** Il prétendra que les copropriétaires n'ont pas voté les budgets nécessaires aux travaux.
* **L'absence de préjudice personnel :** Si vous agissez seul, il tentera de faire déclarer votre action "irrecevable" en disant que seul le syndicat peut agir pour des fautes de gestion globale.
## 4. Plan d'action recommandé
1. **Phase Amiable :** Envoyez une mise en demeure par LRAR sommant le syndic de régulariser la situation sous 15 jours, en visant [l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965](https://www.google.com/search?q=Article+18+Loi+10+juillet+1965) qui définit ses missions.
2. **Saisir le Conseil Syndical :** Demandez-leur de mettre à l'ordre du jour de la prochaine AG la révocation du syndic et l'engagement d'une action en responsabilité.
3. **Action en Justice :**
* Si le litige est < 10 000 €, c'est le Tribunal Judiciaire (procédure simplifiée).
* Si le litige est > 10 000 €, l'avocat est obligatoire devant le Tribunal Judiciaire.
* Visez également le remboursement de vos frais de procédure via l'article 700 du Code de procédure civile.
💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément :
- La nature exacte des "dérives" (financières, défaut d'entretien, abus de pouvoir) ?
- Avez-vous déjà voté le quitus lors de la dernière assemblée générale ?
- Disposez-vous de preuves écrites (mises en demeure, rapports du conseil syndical) de ces manquements ?
Le mandataire est tenu d'accomplir le mandat tant qu'il en demeure chargé, et répond des dommages-intérêts qui pourraient résulter de son inexécution. Il est tenu de même d'achever la chose commencée au décès du mandant, s'il y a péril en la demeure.
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Cet article du Loi du 10 juillet 1965 est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
Sommaire :
Le copropriétaire, qui vote en faveur d'une résolution de l'assemblée générale d'un syndicat des copropriétaires donnant quitus au syndic, s'il n'est pas recevable à demander, en application de l'article 42, alinéa 2, de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, l'annulation de cette résolution, peut rechercher la responsabilité délictuelle du syndic pour obtenir réparation d'un préjudice personnel né de sa faute
Sommaire :
L'action en responsabilité délictuelle formée par un tiers à l'encontre d'un membre du conseil syndical d'une copropriété et fondée sur un manquement contractuel s'exerce dans les limites prévues par le second alinéa de l'article 1992 du code civil.
Dès lors, une cour d'appel a pu retenir qu'une négligence dans la surveillance des comptes du syndic ne constituait pas en soi, en l'absence de collusion frauduleuse démontrée entre le syndic et le président ou un membre du conseil syndical, une faute suffisamment grave pour engager la responsabilité du président ou du membre du conseil syndical