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Recours pour véhicule acheté défectueux : conformité et vices cachés Droit de la consommation

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Je reçois ce jour madame pour un probleme de véhicule de son fils .
Suite a l'achat du véhicule pour son fils dans un garage, 2 jours après un liquide a coulé donc il a du faire les réparations.
La garage a du se mettre en lien avec l'ancien proprietaire qui a été ok pour faire les réparttion mais ils ont du payer une participation.
Quelques jours après la voiture est a nouveau tombée en panne.
Quel recours peut-elle avoir pour malfaçon ?
Le cas que vous présentez relève du droit de la consommation et de la responsabilité contractuelle du garagiste. Lorsqu'un véhicule présente des pannes successives immédiatement après l'achat, plusieurs leviers juridiques peuvent être actionnés. Voici l'analyse stratégique de la situation : ## 1. Le fondement juridique : La Garantie Légale de Conformité Puisque le véhicule a été acheté dans un **garage** (professionnel) par un particulier, la protection la plus forte est la **garantie légale de conformité**. * **Le principe :** Le vendeur professionnel doit livrer un bien conforme au contrat et exempt de défauts. Selon [l'article L217-4 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L217-4+Code+de+la+consommation), le bien doit correspondre à la description et à la qualité attendue. * **La présomption de défaut :** C'est l'atout majeur ici. Selon [l'article L217-7 du Code de la consommation](https://www.google.com/search?q=Article+L217-7+Code+de+la+consommation), les défauts qui apparaissent dans les **12 mois** suivant l'achat d'un véhicule d'occasion sont présumés exister au moment de la délivrance. * **Action :** Madame n'a pas à prouver la cause de la panne. C'est au garagiste de prouver que la panne est due à une mauvaise utilisation par le fils, ce qui semble impossible ici (panne après 2 jours). ## 2. La responsabilité pour "Malfaçon" (Obligation de résultat) Le garage a déjà tenté une réparation qui a échoué puisque le véhicule est à nouveau en panne. * Le garagiste est tenu à une **obligation de résultat**. S'il répare un véhicule et que la même panne (ou une panne liée) survient peu après, sa responsabilité est engagée de plein droit. * Le fait d'avoir demandé une "participation financière" pour la première réparation est contestable si le défaut était couvert par la garantie de conformité (qui doit être gratuite pour le consommateur). ## 3. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Le garage va probablement tenter de se dédouaner en utilisant les arguments suivants : 1. **"C'est une voiture d'occasion, l'usure est normale"** : Argument irrecevable pour une panne survenant 2 jours après la vente. 2. **"L'ancien propriétaire a payé, nous ne sommes qu'intermédiaires"** : Faux. Le contrat de vente lie le garage à l'acheteur. Le garage est le seul responsable vis-à-vis de votre cliente, peu importent ses arrangements internes avec l'ancien propriétaire. 3. **"Vous avez accepté de payer une participation"** : Le consentement à payer une partie des réparations n'éteint pas le droit à la garantie légale si le véhicule ne fonctionne toujours pas. ## 4. La charge de la preuve et stratégie Bien que la présomption de l'article L217-7 joue en faveur de votre cliente, elle doit sécuriser son dossier : * **Preuves à réunir :** Facture d'achat, ordre de réparation de la première intervention, preuve du paiement de la "participation", et constat de la nouvelle panne (remorquage, diagnostic d'un autre garage ou expertise). * **Risque :** Si le garage refuse d'intervenir, il ne faut surtout pas faire réparer le véhicule ailleurs sans avoir mis en demeure le vendeur, sous peine de perdre ses recours. ## 5. Plan d'action recommandé 1. **Mise en demeure immédiate :** Envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR) au garage exigeant la remise en conformité gratuite du véhicule sous 8 ou 15 jours, sur le fondement de [l'article L217-4](https://www.google.com/search?q=Article+L217-4+Code+de+la+consommation) et suivants. 2. **Demande de remboursement :** Réclamer le remboursement de la participation indûment payée lors de la première intervention. 3. **Résolution de la vente :** Si la réparation est impossible ou trop longue (plus de 30 jours), Madame peut exiger l'annulation de la vente et le remboursement intégral du prix. 4. **Expertise automobile :** Si le garage nie sa responsabilité, il faudra mandater un expert (souvent pris en charge par la Protection Juridique de l'assurance) pour constater la défaillance. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - Le montant de la participation financière payée par le fils. - La nature exacte de la première panne par rapport à la seconde. - Si un contrat de garantie commerciale (souvent de 3 ou 6 mois) a été signé en plus des garanties légales.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L217-4 du Code de la consommation

Le bien est conforme au contrat s'il répond notamment, le cas échéant, aux critères suivants : 1° Il correspond à la description, au type, à la quantité et à la qualité, notamment en ce qui concerne la fonctionnalité, la compatibilité, l'interopérabilité, ou toute autre caractéristique prévues au contrat ; 2° Il est propre à tout usage spécial recherché par le consommateur, porté à la connaissance du vendeur au plus tard au moment de la conclusion du contrat et que ce dernier a accepté ; 3° Il est délivré avec tous les accessoires et les instructions d'installation, devant être fournis conformément au contrat ; 4° Il est mis à jour conformément au contrat.

📄 Article L217-5 du Code de la consommation

I.-En plus des critères de conformité au contrat, le bien est conforme s'il répond aux critères suivants : 1° Il est propre à l'usage habituellement attendu d'un bien de même type, compte tenu, s'il y a lieu, de toute disposition du droit de l'Union européenne et du droit national ainsi que de toutes les normes techniques ou, en l'absence de telles normes techniques, des codes de conduite spécifiques applicables au secteur concerné ; 2° Le cas échéant, il possède les qualités que le vendeur a présentées au consommateur sous forme d'échantillon ou de modèle, avant la conclusion du contrat ; 3° Le cas échéant, les éléments numériques qu'il comporte sont fournis selon la version la plus récente qui est disponible au moment de la conclusion du contrat, sauf si les parties en conviennent autrement ; 4° Le cas échéant, il est délivré avec tous les accessoires, y compris l'emballage, et les instructions d'installation que le consommateur peut légitimement attendre ; 5° Le cas échéant, il est fourni avec les mises à jour que le consommateur peut légitimement attendre, conformément aux dispositions de l'article L. 217-19 ; 6° Il correspond à la quantité, à la qualité et aux autres caractéristiques, y compris en termes de durabilité, de fonctionnalité, de compatibilité et de sécurité, que le consommateur peut légitimement attendre pour des biens de même type, eu égard à la nature du bien ainsi qu'aux déclarations publiques faites par le vendeur, par toute personne en amont dans la chaîne de transactions, ou par une personne agissant pour leur compte, y compris dans la publicité ou sur l'étiquetage. II.-Toutefois, le vendeur n'est pas tenu par toutes déclarations publiques mentionnées à l'alinéa qui précède s'il démontre : 1° Qu'il ne les connaissait pas et n'était légitimement pas en mesure de les connaître ; 2° Qu'au moment de la conclusion du contrat, les déclarations publiques avaient été rectifiées dans des conditions comparables aux déclarations initiales ; ou 3° Que les déclarations publiques n'ont pas pu avoir d'influence sur la décision d'achat. III.-Le consommateur ne peut contester la conformité en invoquant un défaut concernant une ou plusieurs caractéristiques particulières du bien, dont il a été spécifiquement informé qu'elles s'écartaient des critères de conformité énoncés au présent article, écart auquel il a expressément et séparément consenti lors de la conclusion du contrat.

📄 Article L217-7 du Code de la consommation

Les défauts de conformité qui apparaissent dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la délivrance du bien, y compris du bien comportant des éléments numériques, sont, sauf preuve contraire, présumés exister au moment de la délivrance, à moins que cette présomption ne soit incompatible avec la nature du bien ou du défaut invoqué. Pour les biens d'occasion, ce délai est fixé à douze mois. Lorsque le contrat de vente d'un bien comportant des éléments numériques prévoit la fourniture continue d'un contenu numérique ou d'un service numérique, sont présumés exister au moment de la délivrance du bien les défauts de conformité qui apparaissent : 1° Durant un délai de deux ans à compter de la délivrance du bien, lorsque le contrat prévoit cette fourniture pendant une durée inférieure ou égale à deux ans ou lorsque le contrat ne détermine pas la durée de fourniture ; 2° Durant la période durant laquelle le contenu numérique ou le service numérique est fourni en vertu du contrat, lorsque celui-ci prévoit cette fourniture pendant une durée supérieure à deux ans.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Arret - 1ère chambre civile - n°00-21.114 - 25/03/2003

Sommaire :
La réparation ne pouvant excéder le montant du dommage, viole l'article 1147 du Code civil la cour d'appel qui, à la suite de la résolution de la vente d'un véhicule pour vice caché, ordonne sa restitution au vendeur et déclare la société ayant procédé à la réparation défectueuse du véhicule tenue de garantir le vendeur de la restitution du prix de vente.
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