Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
Justiweb

Retrait de candidature interne en CDI pendant un CDD : impact sur la prime de précarité Droit du travail

?
Je suis en CDD j’ai postulé à une offre de mon employeur en cdi je souhaite finalement retirer ma candidature cela a t’il un impact sur ma prime de précarité
Le retrait de votre candidature pour un poste en CDI au sein de votre entreprise actuelle n'a, en principe, **aucun impact sur le versement de votre prime de précarité**, à condition que cette candidature n'ait pas encore abouti à une proposition de contrat formelle et précise de la part de l'employeur. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ## 1. Le principe légal de la prime de précarité Selon [l'article L1243-8 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1243-8+du+Code+du+travail), l'indemnité de fin de contrat (prime de précarité) est due dès lors que les relations contractuelles ne se poursuivent pas par un CDI à l'issue du CDD. Il existe cependant des exceptions où cette prime n'est pas versée, notamment si le salarié **refuse la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée** pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente. ## 2. Distinction entre "Candidature" et "Refus de proposition" C'est ici que se joue votre stratégie : * **Le simple retrait de candidature :** Si vous retirez votre candidature alors que l'employeur ne vous a pas encore fait de proposition ferme de CDI (indiquant le poste, la rémunération et la date d'effet), vous ne "refusez" pas un CDI au sens juridique. Vous manifestez simplement votre intention de ne plus être candidat. Dans ce cas, la prime reste due. * **Le refus d'une offre ferme :** Si l'employeur vous a déjà adressé une proposition de CDI conforme à votre emploi actuel et que vous la refusez (ou que vous retirez votre candidature après avoir été sélectionné), l'employeur peut tenter de vous priver de la prime de précarité. ## 3. Anticipation de la réaction de l'employeur ("Le coup d'après") L'employeur pourrait être tenté d'argumenter que votre retrait de candidature équivaut à un refus de CDI pour éviter de payer les 10 % d'indemnité. **Le risque :** Si l'employeur prouve qu'il était sur le point de vous embaucher aux mêmes conditions, il pourrait invoquer votre "mauvaise foi" ou considérer que vous avez fait obstacle à la poursuite de la relation contractuelle en CDI. Cependant, la jurisprudence est protectrice : c'est à l'employeur de prouver qu'il a formulé une offre précise et que vous l'avez déclinée. ## 4. La charge de la preuve et stratégie Pour sécuriser votre prime de précarité, voici la marche à suivre : 1. **Le formalisme du retrait :** Si vous retirez votre candidature, restez évasif sur les motifs. Ne dites pas "je ne veux pas de CDI chez vous", mais plutôt "je souhaite explorer d'autres opportunités à l'issue de mon contrat actuel". 2. **Vérifiez l'équivalence des postes :** Si l'offre en CDI portait sur un poste différent de celui de votre CDD (compétences différentes, lieu de travail éloigné, salaire moindre), vous pouvez refuser l'offre sans perdre votre prime, car la loi exige que le CDI proposé soit pour le "même emploi ou un emploi similaire". 3. **Surveillez le motif de fin de contrat :** À la fin de votre CDD, vérifiez bien que votre certificat de travail et votre attestation employeur mentionnent "Fin de contrat à durée déterminée" et non "Démission" ou "Refus de CDI". **En résumé :** Tant que vous n'avez pas reçu et refusé une proposition de CDI formelle (écrite) correspondant à votre poste actuel, votre prime de précarité de 10 % reste acquise en vertu de [l'article L1243-8 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L1243-8+du+Code+du+travail). 💡 **Votre situation comporte des enjeux financiers (10 % de votre rémunération totale brute).** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - Si l'offre de CDI correspond exactement aux fonctions et au salaire de votre CDD actuel. - Si l'employeur vous a déjà confirmé (par écrit ou oralement) que vous étiez retenu pour le poste. - La date de fin prévue de votre CDD actuel.
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article L1243-8 du Code du travail

Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant.

📄 Article L1243-4 du Code du travail

La rupture anticipée du contrat de travail à durée déterminée qui intervient à l'initiative de l'employeur, en dehors des cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail, ouvre droit pour le salarié à des dommages et intérêts d'un montant au moins égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat, sans préjudice de l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L. 1243-8 . Toutefois, lorsque le contrat de travail est rompu avant l'échéance du terme en raison d'un sinistre relevant d'un cas de force majeure, le salarié a également droit à une indemnité compensatrice dont le montant est égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat. Cette indemnité est à la charge de l'employeur.

📄 Article L1243-1 du Code du travail

Sauf accord des parties, le contrat de travail à durée déterminée ne peut être rompu avant l'échéance du terme qu'en cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail. Lorsqu'il est conclu en application du 6° de l'article L. 1242-2 , le contrat de travail à durée déterminée peut, en outre, être rompu par l'une ou l'autre partie, pour un motif réel et sérieux, dix-huit mois après sa conclusion puis à la date anniversaire de sa conclusion.
⚖️

Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - chambre sociale - n°19-24.540 - 13/10/2021

Sommaire :
Il résulte des articles L. 5134-115 et L. 1243-4 du code du travail que lorsque que la rupture anticipée du contrat de travail à durée déterminée associé à un emploi d'avenir intervient à l'initiative de l'employeur en dehors des cas prévus par la loi, le salarié a droit à des dommages-intérêts d'un montant au moins égal aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat

📋 Other - chambre sociale - n°16-20.460 - 21/09/2017

Sommaire :
L'employeur qui, à l'expiration d'un contrat de travail à durée déterminée ultérieurement requalifié en contrat à durée indéterminée, ne fournit plus de travail et ne paie plus les salaires, est responsable de la rupture qui s'analyse en un licenciement et qui ouvre droit, le cas échéant, à des indemnités de rupture sans que le salarié puisse exiger, en l'absence de disposition le prévoyant et à défaut de violation d'une liberté fondamentale, sa réintégration dans l'entreprise. En l'absence de rupture du contrat de travail pour un motif illicite, il appartient au salarié de démontrer que la fin de la relation de travail intervenue par le seul effet du terme stipulé dans le contrat à durée déterminée résulte de la volonté de l'employeur de porter atteinte au droit du salarié d'obtenir en justice la requalification du contrat en contrat à durée indéterminée
📄

Document volumineux détecté

Vos fichiers contiennent 0 caractères pour une limite de 100 000 maximum autorisée.

Taille des documents 0%
⚖️ D'autres questions sur Droit du travail ? Justiweb vous répond gratuitement.