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Je suis locataire et mon propriétaire a changé la serrure de l'appartement pendant que j'étais au travail, sous prétexte que j'ai un mois de retard de loyer. Quels sont mes recours face à cette expulsion illégale sans décision de justice ?
C'est une situation d'une extrême gravité. En droit français, le changement de serrure par un propriétaire pour évincer un locataire, même en cas d'impayés, constitue une **voie de fait** et une **expulsion illégale**.
Voici la stratégie à adopter immédiatement pour rétablir vos droits et sanctionner ce comportement.
## 1. L'infraction : Une expulsion illégale
Le propriétaire ne peut pas se faire justice lui-même. Même si vous avez un retard de loyer, l'obligation de payer le prix du bail prévue à [l'article 1728 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1728+Code+civil) ne donne pas au bailleur le droit de violer ses propres obligations.
Le bailleur a l'obligation de vous assurer la "jouissance paisible" du logement selon [l'article 1719 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1719+Code+civil). En changeant la serrure, il commet un délit pénal puni de **3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende** ([Article 226-4-2 du Code pénal](https://www.google.com/search?q=Article+226-4-2+Code+p%C3%A9nal)).
## 2. Vos actions immédiates (Stratégie d'urgence)
### Étape 1 : Constater et prouver (La charge de la preuve)
Sans preuve, le propriétaire pourra prétendre que vous êtes parti volontairement.
* **Appelez la police ou la gendarmerie (le 17) :** Demandez-leur de se déplacer pour constater que vous ne pouvez plus accéder à votre domicile. Le rapport de police sera une pièce maîtresse.
* **Faites appel à un Commissaire de justice (ex-huissier) :** C'est la preuve la plus solide devant un tribunal. Il constatera le changement de serrure et l'impossibilité d'entrer.
* **Témoignages :** Sollicitez des voisins qui auraient pu voir le propriétaire ou le serrurier intervenir.
### Étape 2 : Le dépôt de plainte
Rendez-vous au commissariat pour porter plainte pour **expulsion illégale** et **violation de domicile**. Ne vous laissez pas dire que c'est "uniquement civil" ; le Code pénal sanctionne spécifiquement cet acte.
### Étape 3 : L'action en référé (Le "Coup d'après")
Vous devez saisir le Juge des contentieux de la protection (Tribunal de proximité) en **référé d'heure à heure**.
* **Objectif :** Obtenir la réintégration immédiate sous astreinte (par exemple 100€ par jour de retard) et la remise des clés.
* **Risque pour le propriétaire :** La jurisprudence est constante. Comme rappelé par la [Cour de cassation, 3ème chambre civile, 28/09/2005, n° 04-14.882](https://www.courdecassation.fr/decision/60794ddd9ba5988459c48b16), une expulsion pratiquée sans respecter les procédures légales est une faute ouvrant droit à réparation.
## 3. Anticipation de la défense du propriétaire
Le propriétaire va probablement invoquer votre mois de retard de loyer pour justifier son acte.
* **Contre-argument :** Le retard de loyer permet au propriétaire d'engager une procédure de résiliation de bail (commandement de payer, puis assignation), mais JAMAIS de vous expulser physiquement sans un concours de la force publique ordonné par un juge.
* **Sanction :** En plus de la réintégration, vous pourrez demander des dommages et intérêts pour le préjudice moral et les frais de relogement provisoire (hôtel).
## 4. Évaluation Risque / Bénéfice
* **Le "Go/No-Go" :** Vous êtes dans votre bon droit à 100% sur l'illégalité de l'expulsion. Toutefois, gardez en tête que ce conflit va précipiter la fin de votre bail de manière judiciaire.
* **Pragmatisme :** Si vous avez effectivement un mois de retard, le juge pourra vous accorder des délais de paiement, mais il ne pourra pas ignorer la faute lourde du propriétaire.
**Action recommandée :** Contactez immédiatement un avocat ou une association de locataires (type ADIL) pour lancer la procédure de référé. Si vous n'avez nulle part où dormir ce soir, la police peut parfois contraindre le propriétaire à ouvrir s'il est sur place, pour éviter un trouble à l'ordre public.
Si vous le souhaitez, je peux rédiger pour vous une mise en demeure formelle à envoyer immédiatement par mail et recommandé à votre propriétaire pour exiger la remise des clés sous 2 heures avant poursuites pénales.
Le bailleur est obligé, par la nature du contrat, et sans qu'il soit besoin d'aucune stipulation particulière : 1° De délivrer au preneur la chose louée et, s'il s'agit de son habitation principale, un logement décent. Lorsque des locaux loués à usage d'habitation sont impropres à cet usage, le bailleur ne peut se prévaloir de la nullité du bail ou de sa résiliation pour demander l'expulsion de l'occupant ; 2° D'entretenir cette chose en état de servir à l'usage pour lequel elle a été louée ; 3° D'en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail ; 4° D'assurer également la permanence et la qualité des plantations.
Le preneur est tenu de deux obligations principales : 1° D'user de la chose louée raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présumée d'après les circonstances, à défaut de convention ; 2° De payer le prix du bail aux termes convenus.
Le créancier peut, à ses risques et périls, résoudre le contrat par voie de notification. Sauf urgence, il doit préalablement mettre en demeure le débiteur défaillant de satisfaire à son engagement dans un délai raisonnable. La mise en demeure mentionne expressément qu'à défaut pour le débiteur de satisfaire à son obligation, le créancier sera en droit de résoudre le contrat. Lorsque l'inexécution persiste, le créancier notifie au débiteur la résolution du contrat et les raisons qui la motivent. Le débiteur peut à tout moment saisir le juge pour contester la résolution. Le créancier doit alors prouver la gravité de l'inexécution.
Sommaire :
Le bailleur qui a obtenu une décision ordonnant l'expulsion du locataire peut, en vertu de ce seul titre, poursuivre l'expulsion des occupants qui ne tiennent leur droit d'occupation que de celui-ci.
Sommaire :
Une cour d'appel qui relève qu'un bailleur, organisme public gérant des logements sociaux, a fait procéder à l'expulsion d'un ancien locataire alors que celui-ci avait saisi le juge de l'exécution d'une demande de sursis à expulsion, peut déduire de ce que cette expulsion a été pratiquée pendant le cours du délibéré, sans que le juge de l'exécution ait été avisé de sa date par le bailleur lors de l'audience des plaidoiries à laquelle il a comparu, l'existence d'une faute ouvrant droit à réparation.
Sommaire :
L'EMPLOYEUR AYANT RECONNU QUE SON EXPULSION SANS RELOGEMENT PAR L'ADMINISTRATION AVAIT ETE PREVUE POUR UNE CERTAINE DATE, LES JUGES DU FOND ONT A BON DROIT DECIDE QUE CETTE EXPULSION REALISEE SEULEMENT PLUSIEURS MOIS APRES, N'ETAIT PAS ALORS IMPREVISIBLE, QUE, PAR CONSEQUENT, L'ENTREPRISE NE POUVAIT ETRE ADMISE A SOUTENIR QU'IL Y AVAIT "FAIT DU PRINCE" OU FORCE MAJEURE ET QU'ELLE DEVAIT PAYER A UN SALARIE, LICENCIE, L'INDEMNITE LEGALE DE PREAVIS QU'IL RECLAMAIT.
Sommaire :
EN L'ETAT D'UN JUGEMENT AYANT, A LA SUITE DE LA DEMANDE EN RENOUVELLEMENT DE BAIL COMMERCIAL FORMEE PAR LE SYNDIC DE FAILLITE DU SOUS-LOCATAIRE, ES QUALITE, PRONONCE L'EXPULSION DU SOUS-LOCATAIRE ET DE TOUS OCCUPANTS DE SON CHEF, LA COUR D'APPEL A PU, SANS CONTRADICTION, CONFIRMER LA DECISION AYANT DECLARE IRRECEVABLE LA TIERCE OPPOSITION FORMEE PAR LE FRERE DU SOUS-LOCATAIRE TOUT EN DECIDANT QUE CELUI-CI QUI N'AVAIT PAS LA QUALITE DE SOUS-LOCATAIRE N'AVAIT PAS DE TITRE OPPOSABLE AU PROPRIETAIRE, DES LORS QU'ELLE EN A DEDUIT QU'IL ETAIT UN SIMPLE OCCUPANT DES LIEUX DU CHEF DU SOUS-LOCATAIRE ET QUE PAR SUITE, IL A ETE NECESSAIREMENT REPRESENTE A L'INSTANCE PAR LE SYNDIC.
Sommaire :
L'expulsion d'un bien, à la suite de la résiliation du bail judiciairement constatée avant la saisine de Commission d'aide aux rapatriés (CODAIR), ne constitue pas un acte de poursuite susceptible d'être suspendu par les dispositions légales prises en faveur des rapatriés.