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Procédure d'expertise judiciaire pour vice caché immobilier Droit immobilier Vices cachés et achat immobilier

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Comment lancer une procédure d'expertise judiciaire pour un vice caché immobilier ?
Lancer une procédure d'expertise judiciaire est une étape cruciale, et souvent indispensable, pour obtenir gain de cause dans un litige relatif aux vices cachés immobiliers. En effet, selon [l'article 1641 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1641+Code+civil), le vice doit être antérieur à la vente et rendre le bien impropre à son usage. Voici la stratégie et la procédure à suivre pour mobiliser un expert désigné par le tribunal. ## 1. La stratégie du "Référé-Expertise" Pour obtenir une expertise rapidement sans attendre un procès au fond (qui dure des années), on utilise la procédure du **référé**. L'objectif est de demander au juge de nommer un technicien sur le fondement de [l'article 145 du Code de procédure civile](https://www.google.com/search?q=Article+145+Code+de+proc%C3%A9dure+civile), au motif qu'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de désordres. ### Les étapes de la procédure : 1. **L'assignation en référé** : Vous devez faire rédiger par un avocat une assignation (acte d'huissier) qui sera délivrée au vendeur. 2. **L'audience** : Le juge des référés vérifie si l'expertise est nécessaire. Il rend une ordonnance désignant un expert judiciaire inscrit sur les listes de la Cour d'appel. 3. **La consignation** : Le juge fixera une somme (provision) que vous devrez payer au greffe pour couvrir les premiers honoraires de l'expert. ## 2. Le défi de la preuve (La charge de la preuve) L'expert aura pour mission de déterminer si le défaut est "caché" ou s'il était décelable lors des visites. * **Ce qu'il vous faut absolument** : Avant de lancer le référé, faites réaliser un **pré-rapport par un expert privé** ou un constat d'huissier. Si vous arrivez devant le juge sans aucun commencement de preuve technique, votre demande d'expertise judiciaire risque d'être rejetée car le juge ne peut pas suppléer votre carence dans l'administration de la preuve. * **L'antériorité** : L'expert devra confirmer que le germe du vice existait au moment de la signature de l'acte authentique. ## 3. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Le vendeur ne restera pas passif. Voici ses deux lignes de défense classiques : * **La clause d'exclusion de garantie** : La quasi-totalité des actes de vente entre particuliers contient une clause exonérant le vendeur des vices cachés. Pour la faire sauter, vous devrez prouver que le vendeur était de **mauvaise foi** (qu'il connaissait le vice et l'a dissimulé). L'expertise judiciaire servira précisément à trouver des traces de "maquillage" (peinture fraîche sur humidité, cache-misère, etc.). * **Le caractère apparent** : Le vendeur arguera que le défaut était visible lors des visites. Si vous avez visité le bien 5 fois, le juge sera plus sévère sur votre capacité à avoir vu le problème. ## 4. Risques et délais (Le Go/No-Go) * **Le délai pour agir** : Vous avez **2 ans à compter de la découverte du vice** pour lancer l'action en garantie selon [l'article 1648 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1648+Code+civil). * **Le délai-butoir** : La jurisprudence récente de la Cour de cassation ([Cass. Mixte, 21 juill. 2023, n° 21-15.809](https://www.courdecassation.fr/decision/64ba2212354f98d9699d502d)) confirme que l'action doit être engagée dans la limite de **20 ans** après la vente (délai-butoir de [l'article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+2232+Code+civil)). * **Coût** : Comptez entre 3 000 € et 6 000 € (frais d'avocat + consignation de l'expert). Si le rapport d'expertise vous est défavorable, ces sommes resteront à votre charge. ## 5. Recommandation pragmatique Avant de lancer l'assignation, vérifiez si vous disposez d'une **Protection Juridique (PJ)** avec votre assurance habitation. Elle peut prendre en charge les frais d'expert et d'avocat. **Action immédiate** : Envoyez une mise en demeure au vendeur par LRAR pour interrompre les délais et tenter une expertise amiable contradictoire. Si le vendeur refuse ou ne répond pas sous 15 jours, l'assignation en référé devient la seule option sérieuse. Si vous le souhaitez, je peux rédiger pour vous le modèle de mise en demeure à envoyer au vendeur pour acter la découverte du vice et solliciter une solution amiable avant de saisir le tribunal.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1641 du Code civil

Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait connus.

📄 Article 1648 du Code civil

L'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Dans le cas prévu par l'article 1642-1 , l'action doit être introduite, à peine de forclusion, dans l'année qui suit la date à laquelle le vendeur peut être déchargé des vices ou des défauts de conformité apparents.

📄 Article 232 du Code de procédure civile

Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l'éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d'un technicien.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - mi - n°21-15.809 - 21/07/2023

Sommaire :
Le délai biennal prévu à l'article 1648, alinéa 1er, du code civil pour intenter l'action en garantie à raison des vices cachés de la chose vendue est un délai de prescription susceptible de suspension en application de l'article 2239 de ce code

📋 Other - mi - n°20-10.763 - 21/07/2023

Sommaire :
En application des articles 1648 alinéa 1er et 2232 du code civil, l'action en garantie des vices cachés doit être exercée dans les deux ans à compter de la découverte du vice ou, en matière d'action récursoire, à compter de l'assignation, sans pouvoir dépasser le délai-butoir de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit, lequel est, en matière de garantie des vices cachés, le jour de la vente conclue par la partie recherchée en garantie.
Ce délai-butoir est applicable aux ventes commerciales ou mixtes conclues avant l'entrée en vigueur de la loi du 17 juin 2008, si le délai de prescription décennal antérieur n'était pas expiré à cette date, compte étant alors tenu du délai déjà écoulé depuis celle du contrat conclu par la partie recherchée en garantie.
Il est également applicable aux ventes civiles à compter du jour de l'entrée en vigueur de cette loi, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure

📋 Other - mi - n°21-19.936 - 21/07/2023

Sommaire :
En application des articles 1648, alinéa 1er, et 2232 du code civil, l'action en garantie des vices cachés doit être exercée dans les deux ans à compter de la découverte du vice ou, en matière d'action récursoire, à compter de l'assignation, sans pouvoir dépasser le délai-butoir de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit, lequel est, en matière de garantie des vices cachés, le jour de la vente conclue par la partie recherchée en garantie.
Ce délai-butoir est applicable aux ventes commerciales ou mixtes conclues avant l'entrée en vigueur de la loi du 17 juin 2008, si le délai de prescription décennal antérieur n'était pas expiré à cette date, compte étant alors tenu du délai déjà écoulé depuis celle du contrat conclu par la partie recherchée en garantie.
Il est également applicable aux ventes civiles à compter du jour de l'entrée en vigueur de cette loi, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure

📋 Other - mi - n°21-17.789 - 21/07/2023

Sommaire :
En application des articles 1648 alinéa 1er et 2232 du code civil, l'action en garantie des vices cachés doit être exercée dans les deux ans à compter de la découverte du vice sans pouvoir dépasser le délai-butoir de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit, lequel est, en matière de garantie des vices cachés, le jour de la vente conclue par la partie recherchée en garantie.
Ce délai-butoir est applicable aux ventes commerciales ou mixtes conclues avant l'entrée en vigueur de la loi du 17 juin 2008, si le délai de prescription décennal antérieur n'était pas expiré à cette date, compte étant alors tenu du délai déjà écoulé depuis celle du contrat conclu par la partie recherchée en garantie.
Il est également applicable aux ventes civiles à compter du jour de l'entrée en vigueur de cette loi, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure

📋 Other - comm - n°20-17.551 - 09/02/2022

Sommaire :
Il résulte de l'article 2224 du code civil que l'acquéreur d'un bien immobilier, condamné à des réparations envers le vendeur et l'agent immobilier pour avoir refusé de réitérer la vente et qui entend obtenir réparation des condamnations ainsi mises à sa charge en engageant la responsabilité du banquier qui lui avait accordé un prêt auquel il avait renoncé en l'estimant inadapté à ses facultés de remboursement, doit agir dans un délai de cinq ans à compter du jour où le dommage s'est manifesté, c'est-à-dire à compter du jour où sa propre responsabilité a été recherchée par l'assignation qui lui a été délivrée par le vendeur du bien et l'agent immobilier
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