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Charges locatives récupérables par le bailleur dans un bail commercial Droit immobilier Bail commercial

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Quelles sont les charges locatives récupérables par le bailleur dans un bail commercial récent ?
Dans le cadre d'un bail commercial conclu ou renouvelé depuis la loi Pinel de 2014, le régime des charges est devenu strictement encadré. Le principe fondamental est que le locataire ne doit supporter que les charges expressément mentionnées dans le bail et autorisées par la loi. Voici l'analyse stratégique de vos droits et obligations. ## 1. L'obligation de transparence (Le cadre légal) Depuis l'introduction de [l'article L145-40-2 du Code de commerce](https://www.google.com/search?q=Article+L145-40-2+Code+de+commerce), tout contrat de location doit obligatoirement comporter un **inventaire précis et limitatif** des catégories de charges, impôts et taxes liés au bail. * **Sanction :** Si une charge n'est pas mentionnée dans cet inventaire, elle n'est pas récupérable, même si elle semble "logique" ou "habituelle". * **Répartition :** Dans un ensemble immobilier (centre commercial, immeuble mixte), la répartition doit se faire au prorata de la surface exploitée. ## 2. Les charges strictement non récupérables (Interdictions d'ordre public) Le décret n° 2014-1317 (codifié aux articles R145-35 et suivants) dresse la liste des charges que le bailleur **ne peut jamais** faire payer au locataire, peu importe ce qui est écrit dans le bail : 1. **Grosses réparations :** Celles mentionnées à [l'article 606 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+606+Code+civil) (gros murs, voûtes, toitures, murs de soutènement). 2. **Travaux de mise en conformité :** S'ils relèvent des grosses réparations de l'article 606 ou s'ils sont liés à la vétusté de l'immeuble. 3. **Honoraires de gestion :** Les frais liés à la gestion des loyers (honoraires du syndic ou du gestionnaire) ne sont pas récupérables, sauf si le bail prévoit expressément une quote-part de "frais d'administration". 4. **Impôts liés à la propriété :** Notamment la contribution économique territoriale (CET). La taxe foncière, elle, reste récupérable si le bail le prévoit. ## 3. Les charges récupérables (Sous réserve de mention au bail) Si le bail est bien rédigé, le bailleur peut récupérer : * **Les dépenses d'entretien courant :** Nettoyage, petites réparations, maintenance des équipements (ascenseurs, climatisation). * **Les fluides :** Eau, gaz, électricité des parties communes. * **Les taxes liées à l'usage :** Taxe foncière (très fréquent), taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), taxe de balayage. ### 💡 Le point de vigilance : Les contrats d'entreprise Si le bailleur fait appel à une société externe pour l'entretien, soyez vigilant sur le détail des factures. La jurisprudence exige une transparence totale. Par exemple, la [Cour de cassation, 3ème chambre civile, 01/06/2005, n° 04-12.137](https://www.courdecassation.fr/decision/60794df89ba5988459c48ced) a rappelé que le bailleur doit s'assurer que les factures distinguent clairement les dépenses de personnel récupérables des autres frais. --- ## Stratégie et "Coup d'après" ### L'anticipation de la partie adverse Si vous contestez une charge, le bailleur arguera souvent que "l'usage" ou la "pratique habituelle de l'immeuble" justifie le paiement. **C'est faux.** En bail commercial récent, seul l'écrit compte. Si l'inventaire n'est pas "précis et limitatif", la charge est nulle. ### La charge de la preuve Le bailleur a l'obligation de vous fournir : 1. Un **état récapitulatif annuel** (au plus tard le 30 septembre de l'année N+1, ou dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice). 2. L'accès aux **pièces justificatives** (factures, contrats). Comme le souligne la jurisprudence ([Cass. civ 3ème, 30/06/2004, n° 03-11.098](https://www.courdecassation.fr/decision/60794d1f9ba5988459c48171)), le simple décompte ne suffit pas ; vous avez le droit de voir les factures originales. ### Risques et opportunités * **Risque :** Ne pas contester les charges pendant plusieurs années peut être interprété comme une acceptation tacite (bien que la loi Pinel soit d'ordre public, ce qui limite ce risque). * **Opportunité :** Tous les 3 ans, le bailleur doit vous communiquer un état prévisionnel des travaux sur les 3 ans à venir. Utilisez ce document pour négocier votre renouvellement ou anticiper une hausse de trésorerie. Si vous avez reçu un décompte de charges qui vous semble suspect, je peux vous aider à rédiger une lettre de demande de communication des justificatifs ou de contestation ciblée. Souhaitez-vous que nous examinions un poste de dépense particulier ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L145-40-2 du Code de commerce

Tout contrat de location comporte un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés à ce bail, comportant l'indication de leur répartition entre le bailleur et le locataire. Cet inventaire donne lieu à un état récapitulatif annuel adressé par le bailleur au locataire dans un délai fixé par voie réglementaire. En cours de bail, le bailleur informe le locataire des charges, impôts, taxes et redevances nouveaux. Lors de la conclusion du contrat de location, puis tous les trois ans, le bailleur communique à chaque locataire : 1° Un état prévisionnel des travaux qu'il envisage de réaliser dans les trois années suivantes, assorti d'un budget prévisionnel ; 2° Un état récapitulatif des travaux qu'il a réalisés dans les trois années précédentes, précisant leur coût. Dans un ensemble immobilier comportant plusieurs locataires, le contrat de location précise la répartition des charges ou du coût des travaux entre les différents locataires occupant cet ensemble. Cette répartition est fonction de la surface exploitée. Le montant des impôts, taxes et redevances pouvant être imputés au locataire correspond strictement au local occupé par chaque locataire et à la quote-part des parties communes nécessaires à l'exploitation de la chose louée. En cours de bail, le bailleur est tenu d'informer les locataires de tout élément susceptible de modifier la répartition des charges entre locataires. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article. Il précise les charges, les impôts, taxes et redevances qui, en raison de leur nature, ne peuvent être imputés au locataire et les modalités d'information des preneurs.

📄 Article L145-40-3 du Code de commerce

Cet article du Code de commerce est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article L145-40-5 du Code de commerce

Cet article du Code de commerce est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Arret - 3ème chambre civile - n°04-12.137 - 01/06/2005

Sommaire :
En application des dispositions de l'article 2 du décret n° 87-713 du 26 août 1987, lorsqu'il existe un contrat d'entreprise, le bailleur doit s'assurer que ce contrat distingue les dépenses récupérables et les autres dépenses, les dépenses de personnel récupérables correspondant à la rémunération et aux charges sociales et fiscales.
Dès lors, viole ces dispositions la cour d'appel qui retient que les factures d'une société chargée de l'entretien des parties communes et celles d'une entreprise chargée de celui des espaces verts n'ont pas à faire apparaître le coût des dépenses de personnel ou la marge bénéficiaire de l'entreprise.

📋 Arret - 3ème chambre civile - n°03-11.098 - 30/06/2004

Sommaire :
En application de l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989, le bailleur, propriétaire d'un lot dépendant d'une copropriété, est tenu de mettre à la disposition du locataire de ce lot les pièces justificatives des charges locatives, ces pièces justificatives ne se confondant pas avec le décompte détaillé par nature de charges.

📋 Arret - 3ème chambre civile - n°02-10.828 - 06/05/2003

Sommaire :
Viole les articles 10, alinéa 2, et 43 de la loi du 10 juillet 1965 une cour d'appel qui déboute le syndicat des copropriétaires de sa demande tendant à voir déclarer non écrite une clause du règlement de copropriété dispensant des copropriétaires, titulaires de lots à usage commercial au rez-de-chaussée, de contribution aux frais d'entretien, réfection et éclairage des escaliers, sans constater que les escaliers figurent au nombre des parties communes spéciales ni relever que les lots en cause n'ont pas d'accès aux parties communes de circulation de l'immeuble.
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