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Combien de temps faut-il a un commissaire de justice avec un titre exécutoire sur saisie sur rémunérations pour obtenir un rdv chez le juge pour conciliation avant saisie?
Le juge est il vraiment nécessaire lorsqu'il y a saisie sur rémunération avec titre exécutoire?
Le juge convoqué t-il le debiteur par lettre recommandèe?
En matière de saisie des rémunérations, la procédure est strictement encadrée par le Code du travail et le Code de procédure civile. Voici les réponses précises à vos questions stratégiques.
### 1. Le juge est-il vraiment nécessaire avec un titre exécutoire ?
**OUI, le passage devant le juge est obligatoire.**
Même si vous disposez d'un titre exécutoire (un jugement définitif, un acte notarié, etc.), vous ne pouvez pas demander à un Commissaire de justice de saisir directement le salaire de votre débiteur, contrairement à une saisie sur compte bancaire.
La loi impose une phase judiciaire préalable devant le **Juge de l'exécution (JEX)** du Tribunal judiciaire. Cette spécificité protège le débiteur en s'assurant qu'il conserve un minimum de ressources pour vivre.
### 2. La convocation du débiteur : par quel moyen ?
Conformément à [l'article R3252-17 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+R3252-17+Code+du+travail), le greffe du tribunal convoque le débiteur à l'audience de conciliation par **lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)**.
* **Précision importante :** Une copie de la convocation est également envoyée par lettre simple. Si le débiteur ne va pas chercher son recommandé, la procédure peut tout de même suivre son cours sous certaines conditions de vérification d'adresse.
### 3. Délai pour obtenir le rendez-vous de conciliation
Il n'existe pas de délai légal maximum imposé au tribunal pour fixer cette date. Le délai dépend exclusivement de **l'encombrement du tribunal** dont dépend le domicile du débiteur.
* **En pratique :** Comptez généralement entre **2 et 6 mois** entre le dépôt de la requête par le Commissaire de justice et l'audience de conciliation.
* **Le rôle du Commissaire :** Le Commissaire de justice dépose une requête au greffe. C'est ensuite le tribunal qui maîtrise le calendrier.
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### STRATÉGIE ET ANTICIPATION (Le regard "Senior Partner")
#### A. L'anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après")
Lors de l'audience de conciliation, le débiteur va très probablement invoquer sa situation financière précaire (loyers impayés, charges de famille, autres dettes).
* **Le risque :** Le juge a le pouvoir d'accorder des **délais de grâce** (jusqu'à 24 mois) en application de [l'article 1343-5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1343-5+Code+civil).
* **La parade :** Préparez des preuves montrant que le débiteur est de mauvaise foi ou qu'il a organisé son insolvabilité.
#### B. La charge de la preuve et le montant saisissable
Vous ne saisirez jamais 100 % du salaire. Le calcul est strictement défini par des tranches annuelles.
* Conformément à [l'article L3252-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3252-2+Code+du+travail), une fraction du salaire est protégée (le "barème des saisies").
* **Le "reste à vivre" :** Dans tous les cas, on doit laisser au débiteur une somme égale au montant du RSA pour une personne seule, soit environ 635 € (valeur 2024/2026 selon revalorisations).
#### C. Risque et Pragmatique : La saisie-attribution vs Saisie sur rémunérations
Si vous êtes pressé, la saisie sur rémunérations est la procédure la plus lente.
* **Conseil stratégique :** Demandez à votre Commissaire de justice s'il est possible de pratiquer une **saisie-attribution** sur les comptes bancaires en parallèle. Elle ne nécessite pas de passage devant le juge et bloque les fonds immédiatement.
* **Attention :** La Cour de cassation a rappelé que si vous saisissez des rappels de salaires versés par un employeur, c'est le régime protecteur de la saisie des rémunérations qui s'applique, et non la saisie-attribution classique ([Cour de cassation, pl, 09/07/2004, n° 02-21.040](https://www.courdecassation.fr/decision/60793b359ba5988459c3c44d)).
Je peux, si vous le souhaitez, vous lister les pièces précises que le Commissaire de justice doit impérativement joindre à sa requête pour éviter un rejet par le greffe et gagner du temps.
Cet article du Code de procédure civile est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux sommes dues à titre de rémunération à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs, quels que soient le montant et la nature de sa rémunération, la forme et la nature de son contrat.
Sous réserve des dispositions relatives aux pensions alimentaires prévues à l'article L. 3252-5 , les sommes dues à titre de rémunération ne sont saisissables ou cessibles que dans des proportions et selon des seuils de rémunération affectés d'un correctif pour toute personne à charge, déterminés par décret en Conseil d'Etat. Ce décret précise les conditions dans lesquelles ces seuils et correctifs sont révisés en fonction de l'évolution des circonstances économiques.
Sommaire :
La saisie des rémunérations dues par un employeur est soumise aux dispositions du Code du travail, que le contrat de travail soit ou non en cours d'exécution. Dès lors, encourt la cassation l'arrêt qui déclare régulière la saisie-attribution pratiquée par un créancier entre les mains de l'ancien employeur de son débiteur et portant sur le montant d'une condamnation prononcée au titre notamment de rappels de salaires.
Sommaire :
Aucun texte n'exige que le jugement autorisant une saisie des rémunérations constate que la tentative de conciliation préalable a eu lieu.
Pour que la requête en saisie des rémunérations soit recevable et traitée le plus rapidement possible par le greffe du Tribunal judiciaire, le commissaire de justice doit constituer un dossier complet. Un oubli peut entraîner un rejet de la requête ou une demande de pièces complémentaires, ce qui rajouterait plusieurs mois de délai.
Voici la liste des éléments indispensables que je vous conseille de vérifier avec votre commissaire de justice :
### 1. Le titre exécutoire original
C'est la pièce maîtresse. Conformément à [l'article L111-3 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L111-3+Code+des+procédures+civiles+d'exécution), il peut s'agir :
* D'une décision de justice (jugement, arrêt) revêtue de la **formule exécutoire**.
* D'un acte notarié revêtu de cette même formule.
* D'un titre délivré par une personne morale de droit public (si la créance est publique).
### 2. La preuve de la signification
Le titre seul ne suffit pas. Le commissaire doit prouver que le débiteur a été officiellement informé de la décision.
* Il doit joindre l'**acte de signification** (remis par huissier/commissaire).
* Il doit également fournir un **certificat de non-appel** ou de non-opposition pour prouver que le jugement est définitif et n'est plus contestable.
### 3. Le décompte actualisé de la créance
Le juge doit savoir exactement combien est dû au jour du dépôt. Le décompte doit distinguer :
* Le **principal** (le montant de la dette initiale).
* Les **intérêts** (taux légal ou conventionnel) calculés à la date de la requête.
* Les **frais d'actes** déjà engagés par le commissaire.
### 4. Les informations précises sur l'employeur (Le "Tiers saisi")
La requête doit obligatoirement comporter les coordonnées du tiers saisi (l'employeur) pour que le tribunal sache à qui envoyer l'ordre de saisie après la conciliation.
* Nom ou raison sociale.
* Adresse du siège social ou de l'établissement qui verse la paye.
* **Conseil stratégique :** Si le débiteur a changé d'employeur récemment, le commissaire doit effectuer une recherche via le fichier FICOBA ou les organismes sociaux avant de déposer la requête.
### 5. L'identité complète du débiteur
Toute erreur sur l'état civil peut bloquer la procédure. Il faut :
* Nom, prénoms, date et lieu de naissance.
* Adresse actuelle (si le débiteur a déménagé, le tribunal perdra du temps à tenter de le convoquer à la mauvaise adresse).
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### Pourquoi cette rigueur est-elle cruciale pour vous ?
**Le risque de caducité :**
Si le dossier est incomplet, le juge peut refuser d'ouvrir la phase de conciliation. Or, pendant ce temps, le débiteur peut organiser son insolvabilité ou contracter d'autres dettes. En matière de saisie sur salaire, le premier créancier qui arrive au tribunal n'est pas forcément payé en priorité : si d'autres créanciers se joignent à la procédure plus tard, ils se partageront la part saisissable "au marc le franc" (proportionnellement à leurs créances). **La rapidité est donc votre meilleure alliée.**
Si vous avez un doute sur la solvabilité de l'employeur lui-même ou sur le montant exact que vous pouvez récupérer chaque mois, je peux vous aider à simuler le montant de la retenue mensuelle selon le barème actuel des saisies. Souhaitez-vous que nous fassions ce calcul ?
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.
L'erreur sur les qualités essentielles du cocontractant n'est une cause de nullité que dans les contrats conclus en considération de la personne.