?
crédit en commun séparation je pars de la maison j'étais en concubinage mr me doit -il une indemnité d'occupation sois précis
Dans votre situation de séparation de concubinage avec un bien immobilier détenu en commun (indivision), la question de l'indemnité d'occupation est régie par des règles strictes.
Voici l'analyse stratégique de votre situation :
### 1. Le principe légal : Qui doit quoi ?
Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas Monsieur qui vous doit une indemnité parce que vous partez, mais **Monsieur qui doit une indemnité à "l'indivision" (le compte commun du couple) parce qu'il occupe seul le bien.**
Selon [l'article 815-9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-9+Code+civil), l'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité.
**Précision importante :** L'indemnité est due dès lors que vous n'avez plus la possibilité de jouir du bien (remise des clés, départ effectif), même si Monsieur ne vous empêche pas physiquement d'entrer.
### 2. Le calcul de l'indemnité
L'indemnité d'occupation n'est pas égale au montant du crédit. Elle se base sur la **valeur locative** du bien (ce que le bien rapporterait s'il était loué).
* **La formule :** Valeur locative mensuelle x Quote-part de celui qui est parti.
* *Exemple :* Si la maison peut se louer 1 000 € et que vous possédez 50 % du bien, Monsieur doit théoriquement 500 € par mois à l'indivision (ce qui revient à vous les devoir indirectement lors du partage final).
* **Abattement :** Les juges accordent souvent un abattement de 15 à 20 % sur cette valeur car l'occupant est dans une situation plus précaire qu'un locataire ordinaire.
### 3. L'anticipation de l'adversaire (Le "Coup d'après")
Monsieur va probablement tenter de bloquer votre demande avec deux arguments classiques :
1. **Le paiement du crédit :** S'il paie seul l'intégralité des échéances du prêt après votre départ, il fera valoir une "créance entre indivisaires". En clair, il dira : "Je dois une indemnité d'occupation, mais Madame me doit la moitié du crédit que je paie seul". Souvent, l'un compense l'autre.
2. **L'hébergement des enfants :** S'il garde les enfants, il pourrait demander que cette occupation soit considérée comme une modalité d'exécution de son obligation de contribuer à l'entretien des enfants, réduisant ainsi l'indemnité.
### 4. La charge de la preuve
Pour obtenir cette indemnité, vous devez prouver :
* **La date de votre départ définitif :** Un état des lieux par huissier, un changement d'adresse officiel, ou une remise des clés constatée par écrit.
* **La jouissance exclusive :** Prouver qu'il occupe seul le bien (témoignages, factures d'énergie à son seul nom).
### 5. Risques et Stratégie (Go/No-Go)
* **Le risque de prescription :** L'indemnité d'occupation ne peut être réclamée que pour les **5 dernières années** précédant la demande ([Article 815-10 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+815-10+Code+civil)). Ne tardez pas.
* **Le coût :** Si vous saisissez le tribunal, les frais d'avocat et d'expertise immobilière peuvent être élevés.
* **Conseil stratégique :** L'indemnité d'occupation est rarement payée mensuellement. Elle est généralement calculée et "déduite" au moment de la vente de la maison ou du rachat de parts (soulte) devant le notaire.
**Ma recommandation :** Envoyez dès maintenant une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception à Monsieur, actant votre départ et précisant que vous solliciterez une indemnité d'occupation lors de la liquidation de l'indivision. Cela fait "courir" le délai et fige votre position.
Si vous le souhaitez, je peux rédiger pour vous ce modèle de lettre de mise en demeure pour acter votre départ et le principe de l'indemnité.
Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple.
Chaque indivisaire peut user et jouir des biens indivis conformément à leur destination, dans la mesure compatible avec le droit des autres indivisaires et avec l'effet des actes régulièrement passés au cours de l'indivision. A défaut d'accord entre les intéressés, l'exercice de ce droit est réglé, à titre provisoire, par le président du tribunal. L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité.
Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.