Cour de cassation, 3ème chambre civile, 2 avril 2026 — n° 24-15.059
Synthèse de la décision
Question juridique
Le droit de surélever un bâtiment en copropriété appartient-il au syndicat des copropriétaires en l'absence de stipulation contraire dans le règlement de copropriété ?
Principe retenu
Dans le silence du règlement de copropriété, le droit de surélever un bâtiment qui comporte des parties communes appartient au syndicat des copropriétaires. Ce droit ne peut être exercé par un copropriétaire unique sans l'accord du syndicat.
Faits clés
- La société Acanthe immobilier est propriétaire du lot n° 171 dans le bâtiment D.
- La SCI a souhaité surélever le bâtiment D pour créer de nouveaux lots privatifs.
- Les résolutions pour la surélévation ont été rejetées lors de l'assemblée générale des copropriétaires.
- Le syndicat des copropriétaires a demandé la remise en état du bâtiment D après des travaux non autorisés.
- La cour d'appel a confirmé que le droit de surélever appartient au syndicat des copropriétaires.
Articles cités
article 3 de la loi du 10 juillet 1965
article 35 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014
article 1134 du code civil
Exposé du litige
Faits et procédure
1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 20 mars 2024), au sein d'un ensemble immobilier composé de quatre bâtiments et soumis au statut de la copropriété des immeubles bâtis, la société civile immobilière Acanthe immobilier (la SCI) est propriétaire du lot n° 171, situé dans le bâtiment D, auquel sont attachées une quote-part des parties communes générales et la totalité des parties communes spéciales du bâtiment D.
2. Souhaitant procéder à la surélévation du bâtiment D pour y créer de nouveaux lots privatifs, la SCI a fait inscrire son projet à l'ordre du jour d'une assemblée générale des copropriétaires.
3. Les résolutions afférentes ayant été rejetées, elle a saisi un tribunal en annulation de celles-ci.
4. Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble a demandé à titre reconventionnel que soit ordonnée la remise des lieux dans leur état antérieur aux travaux de surélévation entrepris par la SCI.
Motivations de la décision
5. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce grief qui n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation.
Réponse de la Cour
7. Il résulte des articles 3 et 35, le second dans sa rédaction issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 et antérieure à celle issue de l'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019, de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 que, dans le silence du règlement de copropriété, le droit de surélever, pour créer de nouveaux locaux privatifs, un bâtiment qui comporte des parties communes, fussent-elles spéciales, appartient au syndicat des copropriétaires.
8. La cour d'appel a, d'abord, constaté que le bâtiment D était composé du lot n° 171, propriété de la SCI et de parties communes, ce dont il résultait que ce bâtiment n'était pas une partie privative, puis, souverainement retenu que le droit de surélever n'était pas inclus dans les parties communes spéciales de ce bâtiment, définies par le règlement de copropriété.
9. Elle en a déduit, à bon droit, que seul le syndicat des copropriétaires pouvait céder le droit de surélévation du bâtiment D qui lui appartenait et pouvait autoriser de tels travaux lors d'une assemblée générale.
10. Le moyen n'est donc pas fondé.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, la Cour :
REJETTE le pourvoi ;
Condamne la société civile immobilière Acanthe immobilier aux dépens ;
En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la société civile immobilière Acanthe immobilier et la condamne à payer au syndicat des copropriétaires des, [Adresse 2] et, [Adresse 3] la somme de 3 000 euros ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé publiquement le deux avril deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
Questions fréquentes
Qui a le droit de surélever un bâtiment en copropriété ?
Dans le silence du règlement de copropriété, le droit de surélever un bâtiment qui comporte des parties communes appartient au syndicat des copropriétaires. Ce droit ne peut être exercé par un copropriétaire unique sans l'accord du syndicat.
Que faire si mes travaux de surélévation sont refusés par le syndicat ?
Dans le silence du règlement de copropriété, le droit de surélever un bâtiment qui comporte des parties communes appartient au syndicat des copropriétaires. Ce droit ne peut être exercé par un copropriétaire unique sans l'accord du syndicat.
Quels sont mes droits en tant que copropriétaire concernant les travaux ?
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Comment contester une décision de l'assemblée générale des copropriétaires ?
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Quelles sont les conséquences de travaux non autorisés en copropriété ?
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Comment se déroule une assemblée générale des copropriétaires ?
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