Se connecter Inscription gratuite
Justiweb – Assistant juridique IA
← Copropriété et syndic

Cour de cassation, 3ème chambre civile, 16 avril 2026 — n° 24-18.842

Rejet Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:C300260

Synthèse de la décision

Question juridique

Quel est le point de départ du délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires ?

Principe retenu

Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.

Faits clés

  • M. [Z] est propriétaire d'un lot dans une copropriété.
  • Il a assigné le syndicat des copropriétaires en annulation d'une assemblée générale.
  • Le syndicat a soulevé une fin de non-recevoir pour forclusion.
  • La notification du procès-verbal a été faite par lettre recommandée.
  • Le pli a été remis à M. [Z] lors de la première présentation.

Articles cités

article 42 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 article 18 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Orléans, 12 juin 2024), M. [Z], propriétaire d'un lot au sein de la résidence [Adresse 2], soumis au statut de la copropriété, a assigné le syndicat des copropriétaires de cet immeuble en annulation de l'assemblée générale des copropriétaires du 26 avril 2022. 2. Le syndicat des copropriétaires a soulevé une fin de non-recevoir tirée de la forclusion de cette action.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour 4. Selon l'article 42, alinéa 2, de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, les actions en contestation des décisions des assemblées générales doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée. Cette notification est réalisée par le syndic dans le délai d'un mois à compter de la tenue de l'assemblée générale. 5. Selon l'article 18 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967, dans sa rédaction issue du décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020, le délai prévu au deuxième alinéa de l'article 42 précité pour contester les décisions de l'assemblée générale court à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée à chacun des copropriétaires opposants ou défaillants. 6. Aux termes de l'article 64, alinéa 1er, de ce décret, dans sa version antérieure à celle issue du décret n° 2025-1292 du 22 décembre 2025, toutes les notifications et mises en demeure prévues par la loi du 10 juillet 1965 et le présent décret sont valablement faites par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Le délai qu'elles font, le cas échéant, courir a pour point de départ le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire. 7. La loi ne distinguant pas, selon que le pli recommandé est ou non retiré par son destinataire, pour fixer le point de départ du délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires, ce délai court, dans tous les cas, à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, de notification du procès-verbal de l'assemblée générale, au domicile du destinataire. 8. Le moyen, qui postule le contraire, n'est donc pas fondé. Réponse de la Cour 10. Il résulte des articles 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965, 18 du décret du 17 mars 1967 et 64, alinéa 1er, du même décret dans sa version antérieure à celle issue du décret du 22 décembre 2025, que les actions en contestation des décisions des assemblées générales des copropriétaires doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois qui court à compter de la notification du procès-verbal de l'assemblée, et que, lorsque cette notification est faite par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, ce délai a pour point de départ le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire. 11. Si ces dispositions ont pour effet de restreindre le délai pour agir ouvert au copropriétaire lorsque la lettre recommandée ne lui est pas remise dès sa première présentation, elles résultent de textes clairs et leurs conséquences sont prévisibles. Elles n'atteignent pas le droit d'accès à un tribunal dans sa substance même, dès lors que le copropriétaire, qui dispose d'un délai de quinze jours pour retirer la lettre recommandée, conserve un délai pour agir en justice suffisant, une fois le retrait de la lettre effectué. 12. Les dispositions critiquées poursuivent un but légitime de sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété et, notamment, dans la mise à exécution des décisions collectives. 13. Il existe ainsi un rapport raisonnable de proportionnalité entre le moyen employé et le but visé, de sorte que les dispositions critiquées ne méconnaissent pas les exigences de l'article 6 § 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. 14. Le moyen n'est donc pas fondé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. [Z] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par M. [Z] et le condamne à payer au syndicat des copropriétaires [Adresse 2] la somme de 3 000 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé publiquement le seize avril deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Comment contester une décision d'assemblée générale de copropriétaires ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.
Quel est le délai pour agir après une assemblée générale ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.
Que faire si je n'ai pas reçu le procès-verbal d'assemblée ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.
Est-ce que le retrait d'un pli recommandé change le délai de contestation ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.
Quelles sont les conséquences d'une forclusion en matière de copropriété ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.
Comment se calcule le délai de deux mois pour contester une décision ?
Le délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d'une assemblée générale de copropriétaires court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, indépendamment du retrait par le destinataire. Cette règle vise à garantir la sécurité juridique dans la gestion des immeubles soumis au statut de la copropriété.

Décisions liées

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.