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Validité du mandat civil pour encaisser salaires et charges via Ageta et Culture Pay Droit du travail

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Ageta (chèque emploi spectacle), et culture pay (yarrow) s’appuie sur le mandat civil pour encaisser salaire, charge et commission de leur mandant avant de les reverser à lurssaf et aux salariés. Ont ils le droit de le faire ?
Oui, **mais seulement pour certaines sommes** : un mandataire peut encaisser et reverser des cotisations ou des commissions selon son mandat, mais **le salaire du salarié ne peut en principe pas être versé à un tiers**. Il doit être payé au salarié lui-même, sur un compte dont il est titulaire ou cotitulaire, conformément à [Article L3241-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L3241-1). ## 1. Le salaire Le salarié ne peut pas désigner un tiers pour recevoir son salaire. Une clause ou pratique contraire est nulle. Ainsi, si AGETA ou CulturePay : - reçoit le **salaire net** sur son propre compte ; - conserve temporairement cette somme ; - puis la reverse au salarié, cela présente un risque de non-conformité, même si le salarié a signé un mandat. Le mandat civil ne permet pas, à lui seul, d’écarter la règle impérative du Code du travail. ## 2. Les cotisations sociales Le mécanisme est différent pour les cotisations : un employeur ou un producteur peut charger un intermédiaire de calculer et de payer les sommes dues à l’Urssaf, sous réserve du mandat, des autorisations et de la traçabilité des paiements. L’intermédiaire devra pouvoir justifier : - du mandat donné par le producteur ou l’employeur ; - du détail du brut, des cotisations et des frais ; - des montants effectivement reversés à l’Urssaf ; - des dates et références des paiements. Le mandataire doit rendre compte de sa gestion et de tout ce qu’il a reçu pour le compte du mandant, selon [Article 1993 du Code civil](/articles/code-civil/1993). ## 3. Les commissions Une commission peut être prélevée si elle est prévue clairement dans les conditions contractuelles ou le mandat. Elle doit être identifiable et ne pas être présentée comme une retenue salariale dissimulée. Le point essentiel est donc de distinguer : - **salaire net du salarié** : à verser directement au salarié ; - **cotisations sociales** : peuvent être payées par un mandataire autorisé ; - **commission de l’intermédiaire** : possible si elle est contractuellement prévue et transparente. ## Conclusion pratique Le modèle est juridiquement défendable pour la gestion administrative et le paiement des cotisations, mais **l’encaissement du salaire du salarié par l’intermédiaire est le point fragile**. Il faut vérifier concrètement le circuit bancaire : qui est indiqué comme bénéficiaire du virement de salaire, qui reçoit le bulletin de paie et si l’intermédiaire ne fait que transmettre les fonds. Si vous me transmettez les conditions générales ou le mandat d’AGETA/CulturePay, je peux examiner précisément la clause d’encaissement et distinguer ce qui concerne le salaire, les charges et la commission.
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En faire le global est envoyé au mandataire qui verse ensuite à chacun. URSSAF, et salarié. Est ce possible ? Apparement il fait un statut de psp et ils ne l’ont pas
**C’est possible seulement si le mandataire est juridiquement autorisé à manier et transférer ces fonds.** Un simple mandat civil ne suffit pas, à lui seul, à permettre l’encaissement global puis la redistribution des salaires et cotisations. ## Le point central : exerce-t-il un service de paiement ? Le fait de : recevoir la somme globale du producteur ou employeur ; conserver ou contrôler les fonds ; verser une partie à l’Urssaf et une autre au salarié ; correspond potentiellement à des **services de paiement**. Le Code monétaire et financier vise notamment l’exécution des virements et la transmission de fonds [Article L314-1 du Code monétaire et financier](/articles/code-monetaire-et-financier/L314-1). Les prestataires autorisés à fournir ces services comprennent notamment les établissements de paiement, établissements de crédit et établissements de monnaie électronique [Article L521-1 du Code monétaire et financier](/articles/code-monetaire-et-financier/L521-1). ## Le mandat civil ne règle pas tout Le mandat permet d’agir au nom du mandant, mais dans les limites précises de la mission confiée [Article 1984 du Code civil](/articles/code-civil/1984). Le mandataire ne peut pas dépasser les pouvoirs reçus [Article 1989 du Code civil](/articles/code-civil/1989). Mais cela ne transforme pas automatiquement le mandataire en prestataire de paiement autorisé. Il faut donc vérifier s’il intervient : - comme véritable **prestataire de services de paiement** agréé ; - comme agent dûment rattaché à un prestataire autorisé ; - ou dans une exception légale, laquelle doit être strictement applicable. ## Si AGETA ou CulturePay n’a pas le statut requis Si l’organisme n’est ni agréé ni valablement couvert par un statut d’agent ou une exception, le montage est **juridiquement très contestable**, surtout s’il reçoit les fonds sur son propre compte avant de les redistribuer. Le fait que les sommes soient ensuite correctement reversées à l’Urssaf et au salarié ne suffit pas nécessairement à régulariser l’opération : c’est le **rôle réel dans la circulation des fonds** qui compte. ## À vérifier immédiatement Demandez-leur par écrit : leur numéro ou référence d’agrément ; l’identité du prestataire de paiement partenaire, s’il existe ; leur inscription éventuelle comme agent d’un prestataire autorisé ; le compte bancaire sur lequel les fonds sont encaissés ; la ventilation entre salaire, cotisations et commission ; 6. la clause contractuelle autorisant cet encaissement global. **Conclusion :** si le mandataire reçoit globalement les fonds puis les répartit et qu’il ne dispose d’aucun statut PSP, d’aucun rattachement à un PSP agréé et d’aucune exception clairement applicable, le dispositif paraît fortement exposé à une contestation au titre de la réglementation des services de paiement.
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