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Prévoyance : refus d'indemnisation d'une invalidité liée à une maladie antérieure au CDI Droit des assurances

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en maladie puis à temps partiel thérapeutique et de nouveau en maladie (période carence de 3 jours). En maladie avant le début du contrat la prévoyance peut elle refuser d'indemniser l invalidité survenue pendant le cdi.
Cette situation soulève une question complexe d'articulation entre l'état de santé antérieur au contrat et la couverture de prévoyance complémentaire. Voici l'analyse stratégique de votre dossier. ### 1. Le principe : L'interdiction d'exclure les pathologies préexistantes En droit français, un contrat de prévoyance collective (souscrit par l'employeur pour ses salariés) **ne peut pas exclure la prise en charge d'une invalidité** au motif que la maladie qui en est la cause était antérieure à l'adhésion du salarié au contrat. C'est une règle d'ordre public : dès lors que vous êtes salarié et présent à l'effectif au moment de la constatation de l'invalidité, la prévoyance doit couvrir le risque. L'assureur ne peut pas légalement invoquer une "affection de longue durée" (ALD) préexistante ou un état pathologique antérieur pour refuser sa garantie, sauf si vous avez fait une fausse déclaration intentionnelle lors d'un éventuel questionnaire de santé (ce qui est rare et souvent illégal en prévoyance collective obligatoire). ### 2. Le point de rupture : La condition de "travail effectif" C'est ici que l'assureur tentera de bloquer votre dossier (le "coup d'après"). De nombreux contrats de prévoyance contiennent une clause de **"remise en vigueur des garanties"**. Si vous étiez déjà en arrêt maladie le jour de la signature du contrat ou le jour de votre embauche, l'assureur peut arguer que la garantie ne s'est jamais "activée" pour vous, car vous n'avez pas repris le travail de manière effective. * **Le piège du temps partiel thérapeutique :** L'assureur pourrait soutenir que le temps partiel thérapeutique n'est pas une "reprise totale et effective" du travail. * **La réponse juridique :** La jurisprudence est protectrice. Si vous avez repris le travail, même en temps partiel thérapeutique, et que des cotisations ont été versées sur votre salaire, l'assureur a souvent des difficultés à maintenir ce refus. ### 3. La question de la carence et de la continuité Vous mentionnez une nouvelle période de carence de 3 jours. Selon [l'article L323-1 du Code de la sécurité sociale](https://www.google.com/search?q=Article+L323-1+Code+de+la+s%C3%A9curit%C3%A9+sociale), les indemnités journalières sont versées après un délai de carence. Cependant, la jurisprudence précise que pour bénéficier du maintien des indemnités en temps partiel thérapeutique, il faut que celui-ci suive immédiatement un arrêt à temps complet (voir [Cass. civ 2, 30 mars 2017, n° 16-10.374](https://www.courdecassation.fr/decision/5fd90811eaeb97a050042a89)). Si votre rechute ou votre passage en invalidité intervient après une reprise, l'assureur vérifiera si le contrat était bien "actif" à ce moment-là. ### 4. Stratégie et Charge de la preuve Pour contrer un refus de la prévoyance, vous devez préparer les éléments suivants : 1. **Le bulletin d'adhésion et la notice d'information :** Vérifiez les conditions de "reprise effective". 2. **La preuve de la reprise :** Vos bulletins de salaire durant le temps partiel thérapeutique prouvent que vous étiez à l'effectif et que des cotisations de prévoyance ont été prélevées. 3. **La notification d'invalidité :** Elle doit être délivrée par la CPAM selon les catégories de [l'article L341-4 du Code de la sécurité sociale](https://www.google.com/search?q=Article+L341-4+Code+de+la+s%C3%A9curit%C3%A9+sociale). **Risque majeur :** Si l'invalidité est la suite directe d'un arrêt qui n'a JAMAIS été interrompu par une reprise de travail effective depuis votre embauche, l'assureur est en position de force pour refuser, car le risque était déjà "réalisé" avant votre entrée dans le contrat. --- 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - La date exacte de votre embauche par rapport à votre premier arrêt maladie. - Si vous avez travaillé au moins un jour à temps plein avant le temps partiel thérapeutique. - Le motif exact du refus écrit de l'organisme de prévoyance (s'il vous a déjà été communiqué).
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L1226-1 du Code de la sécurité sociale

Cet article du Code de la sécurité sociale est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article L341-4 du Code de la sécurité sociale

En vue de la détermination du montant de la pension, les invalides sont classés comme suit : 1°) invalides capables d'exercer une activité rémunérée ; 2°) invalides absolument incapables d'exercer une profession quelconque ; 3°) invalides qui, étant absolument incapables d'exercer une profession, sont, en outre, dans l'obligation d'avoir recours à l'assistance d'une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie.

📄 Article L341-6 du Code de la sécurité sociale

Les salaires servant de base au calcul des pensions et les pensions déjà liquidées sont revalorisés au 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 .
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 2ème chambre civile - n°16-10.374 - 30/03/2017

Sommaire :
Selon l'article L. 323-1 du code de la sécurité sociale, l'indemnité journalière de l'assurance maladie est accordée à l'expiration d'un délai déterminé suivant le point de départ de l'incapacité de travail. Il résulte de ce texte que l'assuré auquel a été prescrit une reprise du travail à temps partiel pour motif thérapeutique, ne peut bénéficier du maintien des indemnités journalières que si la reprise à mi-temps suit immédiatement un congé de maladie à temps complet ayant donné lieu à indemnisation. En conséquence, viole ce texte ainsi que l'article L. 323-3 du même code, dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2011-1906 du 21 décembre 2011, la cour d'appel qui condamne la caisse à indemniser un arrêt de travail en versant à l'assurée des indemnités journalières à temps partiel, tout en constatant que cette dernière n'avait pas bénéficié, en raison de l'application du délai de carence pendant son congé à temps complet, des indemnités journalières de l'assurance maladie
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que puis je opposer a donner le decompte qui precède le contrat en cours
L'assureur ou l'organisme de prévoyance vous demande généralement les décomptes de la Sécurité sociale (IJSS) antérieurs à votre contrat pour vérifier si le risque n'était pas déjà "réalisé" avant votre affiliation. Voici les arguments juridiques et stratégiques que vous pouvez opposer pour protéger vos droits. ### 1. L'argument du secret médical et de la vie privée L'assureur n'est pas la Sécurité sociale. Il ne peut pas exiger de documents qui révéleraient indirectement la pathologie ou l'origine de votre arrêt de travail pour une période où vous n'étiez pas lié contractuellement avec lui. * **Le principe :** Selon [l'article 9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+9+Code+civil), chacun a droit au respect de sa vie privée. * **L'opposition :** Vous pouvez arguer que les décomptes antérieurs à la date d'effet de votre contrat actuel relèvent de votre vie privée et n'ont pas à être communiqués à un tiers privé, sauf si une clause très spécifique du contrat (que vous avez signée) l'y autorise expressément. ### 2. L'absence d'obligation de preuve sur le passé (Art. 1353) Selon [l'article 1353 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1353+Code+civil), c'est à celui qui réclame l'exécution d'une obligation de la prouver, mais réciproquement, l'assureur ne peut pas vous imposer de prouver des faits négatifs ou des situations antérieures au contrat pour s'exonérer de sa garantie. **La stratégie :** Répondez par écrit (LRAR) que votre demande d'indemnisation porte sur une période couverte par le contrat en vigueur. Précisez que : 1. Le contrat a été formé légalement et les cotisations ont été prélevées (application de [l'article 1103 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1103+Code+civil)). 2. L'assureur doit couvrir le risque survenu pendant l'adhésion. 3. L'exigence de documents antérieurs au contrat s'apparente à une **recherche d'exclusion de garantie pour état pathologique antérieur**, pratique strictement encadrée et souvent jugée abusive en prévoyance collective obligatoire. ### 3. Le risque du "Coup d'après" : La suspension de l'indemnisation Si vous refusez catégoriquement de donner ces documents, l'assureur va probablement **bloquer votre dossier** en invoquant une "impossibilité d'instruire la demande". **La contre-stratégie (Le compromis tactique) :** Plutôt que de refuser tout bloc, proposez une solution intermédiaire : * **L'attestation de la CPAM :** Au lieu de donner les décomptes détaillés, fournissez une attestation de la CPAM indiquant simplement vos périodes d'indemnisation *depuis* le début de votre contrat CDI. * **Le recours au Médecin-Conseil :** Proposez que ces documents soient transmis exclusivement au médecin-conseil de l'assurance sous pli cacheté "Secret Médical". Cela empêche les services administratifs de l'assureur de fouiller dans votre passé tout en respectant l'obligation d'instruction. ### 4. L'argument du maintien des garanties (Loi Évin) Si l'assureur insiste, rappelez-lui que dans le cadre d'un contrat collectif, la garantie est attachée à la qualité de salarié présent à l'effectif. Si vous étiez en poste et que vous avez cotisé, l'assureur ne peut pas modifier unilatéralement la portée de sa garantie en fonction de votre passé médical (application de [l'article 1193 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1193+Code+civil)). **En résumé, votre réponse type :** *"Le contrat de prévoyance ayant pris effet le [Date], je vous transmets les justificatifs d'indemnisation correspondant à cette période contractuelle. Les documents antérieurs relèvent du secret médical et de ma vie privée, et ne sont pas nécessaires à l'exécution du contrat actuel, conformément à l'article 9 du Code civil."* **Attention :** Si l'assureur prouve que vous étiez en arrêt ininterrompu depuis une date antérieure à l'embauche et que vous n'avez jamais repris le travail, il pourra invoquer que le contrat n'a jamais pris effet à votre égard. C'est là que vos preuves de reprise (même en temps partiel thérapeutique) sont cruciales.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1103 du Code civil

Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.

📄 Article 1193 du Code civil

Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise.

📄 Article 1353 du Code civil

Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.
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