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Consentement parental pour publier des photos d'enfant sur réseaux sociaux Droit de la famille

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Doit-on avoir l'accord des deux parents pour publier des photos de l'enfant sur les réseaux sociaux ?
La publication de photos d'un enfant mineur sur les réseaux sociaux est un acte qui relève de l'exercice de l'autorité parentale. En droit français, la réponse courte est **oui, l'accord des deux parents est en principe nécessaire**, car cela touche à la protection de la vie privée et au droit à l'image de l'enfant. Voici l'analyse stratégique de cette situation. ### 1. Le cadre légal : Un acte non usuel L'autorité parentale, définie à [l'article 371-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+371-1+Code+civil), impose aux parents de protéger la vie privée de leur enfant. * **Actes usuels vs Actes non usuels :** Pour les actes "usuels" (vie quotidienne), l'accord d'un seul parent est présumé vis-à-vis des tiers. Cependant, la jurisprudence considère de plus en plus que la diffusion de l'image d'un enfant sur Internet, en raison de son caractère potentiellement permanent et des risques associés, n'est pas un acte usuel. * **Le droit à l'image :** Chaque parent est co-gardien du droit à l'image de l'enfant mineur. Selon [l'article 9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+9+Code+civil), chacun a droit au respect de sa vie privée. Diffuser la photo d'un mineur sans l'accord de l'autre parent constitue une violation de cette prérogative. ### 2. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Si vous publiez sans l'accord de l'autre parent, ou si l'autre parent le fait contre votre gré, voici les arguments qui seront opposés : * **L'argument du parent "diffuseur" :** Il prétendra qu'il s'agit d'un simple partage familial sans intention de nuire et que l'autre parent fait preuve d'une "rigidité excessive" ou d'un "abus de pouvoir". * **La riposte juridique :** Le parent opposé à la diffusion peut saisir le Juge aux Affaires Familiales (JAF) pour faire interdire toute publication de l'image de l'enfant sur les réseaux sociaux sous astreinte (amende par jour de retard ou par infraction constatée). ### 3. La charge de la preuve Si vous souhaitez faire cesser ces publications, vous devez constituer un dossier solide : * **Captures d'écran :** Réalisez des captures d'écran des publications (en veillant à ce que la date et le nom du profil soient visibles). * **Constat d'huissier (Commissaire de justice) :** Pour une preuve incontestable devant un tribunal, un simple "screenshot" peut être contesté. Un constat d'huissier sur Internet est recommandé si le conflit est grave. * **Mise en demeure :** Prouvez que vous avez explicitement exprimé votre désaccord par écrit (LRAR ou email) avant d'entamer une procédure. ### 4. Risques et Stratégie (Le "Go/No-Go") * **Risque judiciaire :** Le juge tranche toujours selon **l'intérêt supérieur de l'enfant**. Si les photos sont dégradantes, trop fréquentes ou exposent l'intimité (bain, nudité même partielle), le juge sera très sévère. * **Évolution législative :** Une loi récente (2024) vise spécifiquement à renforcer la protection du droit à l'image des enfants par leurs parents, permettant au juge de priver partiellement un parent de son droit à l'image sur l'enfant s'il y a diffusion excessive ou préjudiciable. **Conseil stratégique :** Avant de saisir un juge, envoyez une mise en demeure formelle rappelant que [l'article 9 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+9+Code+civil) et les règles de l'autorité parentale interdisent la diffusion de l'image de l'enfant sans consentement conjoint. Si vous le souhaitez, je peux rédiger un modèle de mise en demeure à envoyer à l'autre parent pour exiger le retrait des photos et l'arrêt des publications.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 9 du Code civil

Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé.

📄 Article 16-1-1 du Code civil

Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence.

📄 Article 371-1 du Code civil

L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux parents jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa vie privée et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques. Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 1ère chambre civile - n°19-24.780 - 17/02/2021

Sommaire :
Selon l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. Si ce texte ne peut être invoqué pour se plaindre d'une atteinte à la réputation qui résulterait de manière prévisible des propres actions de la personne, telle une infraction pénale, la mention dans une publication, des condamnations pénales dont une personne a fait l'objet, y compris à l'occasion de son activité professionnelle, porte atteinte à son droit au respect dû à sa vie privée (CEDH, arrêt du 28 juin 2018, M.L. et W.W. c. Allemagne, n° 60798/10 et 65599/10).
Le droit au respect de la vie privée et le droit à la liberté d'expression ayant la même valeur normative, il appartient au juge saisi de mettre ces droits en balance en fonction des intérêts en jeu et de privilégier la solution la plus protectrice de l'intérêt le plus légitime.
Cette mise en balance doit être effectuée en prenant en considération la contribution de la publication incriminée à un débat d'intérêt général, la notoriété de la personne visée, l'objet du reportage, le comportement antérieur de la personne concernée, le contenu, la forme et les répercussions de ladite publication, ainsi que, le cas échéant, les circonstances de la prise des photographies (CEDH, arrêt du 10 novembre 2015, Couderc et Hachette Filipacchi associés c. France [GC], n° 40454/07, §§ 99, 100 et 102) et, même si le sujet à l'origine de l'article relève de l'intérêt général, il faut encore que le contenu de l'article soit de nature à nourrir le débat public sur le sujet en question (CEDH, arrêt du 29 mars 2016, Bédat c. Suisse [GC], n° 56925/08, § 64). Il incombe au juge de procéder, de façon concrète, à l'examen de chacun de ces critères (1re Civ., 21 mars 2018, pourvoi n° 16-28.741,Bull. 2018, I, n° 56 (cassation partielle)).
Dès lors, prive sa décision de base légale la cour d'appel qui écarte l'existence d'une atteinte à la vie privée d'une personne qui se plaignait qu'une page web fasse état de condamnations pénales le concernant, en retenant que celles-ci ont été rendues publiquement et concernent son activité professionnelle et que celui-ci ne peut alléguer de l'ancienneté des faits et d'un droit à l'oubli, sans rechercher, comme il le lui incombait, si la publication en cause s'inscrivait dans un débat d'intérêt général, justifiant la reproduction des condamnations pénales

📋 Other - 1ère chambre civile - n°18-21.871 - 10/10/2019

Sommaire :
Le droit au respect de la vie privée et le droit à la liberté d'expression ayant la même valeur normative, il appartient au juge saisi de rechercher un équilibre entre ces droits et, le cas échéant, de privilégier la solution la plus protectrice de l'intérêt le plus légitime.
Pour effectuer cette mise en balance des droits en présence, il y a lieu de prendre en considération la contribution de la publication incriminée à un débat d'intérêt général, la notoriété de la personne visée, l'objet du reportage, le comportement antérieur de la personne concernée, le contenu, la forme et les répercussions de ladite publication, ainsi que, le cas échéant, les circonstances de la prise des photographies (CEDH, arrêt du 10 novembre 2015, Couderc et Hachette Filipacchi associés c. France, n° 40454/07, § 93).
Il incombe au juge de procéder, de façon concrète, à l'examen de chacun de ces critères (1re Civ., 21 mars 2018, pourvoi n° 16-28.741, publié)

📋 Other - 1ère chambre civile - n°15-28.813 - 29/03/2017

Sommaire :
La liberté de la presse et le droit à l'information du public autorisent la diffusion de l'image de personnes impliquées dans un événement d'actualité ou illustrant avec pertinence un débat d'intérêt général, dans une forme librement choisie, sous la seule réserve du respect de la dignité de la personne humaine. Viole, dès lors, les articles 9 et 16 du code civil et 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une cour d'appel qui, pour condamner la société éditrice d'une chaîne de télévision à réparer l'atteinte portée au droit à l'image d'un médecin, filmé en caméra cachée dans un reportage consacré à un sujet de société, statue par des motifs tirés des propos tenus par les journalistes, relevant, comme tels, de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, mais impropres à caractériser une atteinte à la dignité de la personne représentée, au sens de l'article 16 du code civil
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