Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
Justiweb

Modification d'horaires suite à un PSE : droits du salarié Droit du travail

👤
Je travaille actuellement de 5h a 13h du lundi au vendredi suite à un pse chez fedex France Mon employeur veut me faire commencer le lundi a 2h30 jusqu'à 10h30 et de 5h a 13h du mardi au vendredi que dois je faire
Cette situation constitue une modification importante de vos conditions de travail, d'autant plus qu'elle s'inscrit dans les suites d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE). Voici l'analyse stratégique de votre situation selon le droit français. ## 1. Qualification juridique : Modification du contrat ou simple changement des conditions de travail ? La question centrale est de savoir si FedEx peut vous imposer ce changement ou s'il nécessite votre accord. * **Le principe :** En principe, l'aménagement des horaires relève du pouvoir de direction de l'employeur. Toutefois, si le changement est très important (passage d'un horaire de jour à un horaire de nuit, ou bouleversement total de l'équilibre vie pro/vie perso), il s'agit d'une **modification d'un élément essentiel du contrat de travail**. * **Le cas particulier du travail de nuit :** Passer d'une prise de poste à 5h00 à une prise de poste à 2h30 du matin le lundi vous fait entrer plus largement dans la période de "travail de nuit" (généralement entre 21h et 6h). Selon la jurisprudence constante, le passage d'un horaire de jour à un horaire de nuit (même partiel) est une modification du contrat qui **requiert votre accord exprès**. * **L'obligation de bonne foi :** Selon [l'article L1222-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1222-1), le contrat doit être exécuté de bonne foi. Imposer un horaire décalé un seul jour par semaine peut être perçu comme une désorganisation de votre rythme biologique et personnel. ## 2. Anticipation de la réaction de l'employeur ("Le coup d'après") Si vous refusez, FedEx risque d'utiliser l'argument du PSE ou des nécessités opérationnelles : * **L'argument de l'employeur :** Ils soutiendront probablement qu'il s'agit d'un simple "aménagement" mineur nécessaire à la nouvelle organisation post-PSE. * **Le risque de licenciement :** Si la modification est liée à la réorganisation de l'entreprise (motif économique du PSE), votre refus peut entraîner un licenciement pour motif économique, conformément à [l'article L1233-3 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1233-3). ## 3. La charge de la preuve et les points de vigilance Pour contester ou négocier, vous devez préparer vos éléments : * **Votre contrat de travail :** Vérifiez si vos horaires sont contractuellement fixes ou si une clause de variabilité existe. * **Impact sur la vie personnelle :** Listez les contraintes concrètes (garde d'enfants, absence de transports en commun à 2h30 du matin, santé/sommeil). * **Le repos quotidien :** L'employeur doit respecter un repos quotidien minimal de 11 heures consécutives. Si vous finissez à 13h le vendredi et reprenez à 2h30 le lundi, le repos hebdomadaire est respecté, mais vérifiez bien l'articulation entre chaque journée. ## 4. Stratégie et recommandations ("Go/No-Go") ### Étape 1 : La phase amiable et factuelle Ne refusez pas brutalement. Envoyez un écrit (mail ou courrier) demandant des précisions sur les raisons de ce changement pour le seul lundi et exprimez vos difficultés (notamment le transport et la santé). Invoquez l'incompatibilité avec vos obligations familiales ou votre santé. ### Étape 2 : Vérifier l'accord collectif FedEx dispose d'accords d'entreprise et d'un PSE qui encadrent peut-être déjà ces changements d'horaires. Rapprochez-vous immédiatement de vos **représentants du personnel (CSE)** ou d'un délégué syndical. Ils sauront si cette mesure est conforme aux engagements pris durant le PSE. ### Étape 3 : Le positionnement * **Si vous acceptez :** Demandez une contrepartie (prime de panier de nuit, majoration salariale pour les heures de nuit entre 2h30 et 6h, ou récupération). * **Si vous refusez :** Sachez que si le juge estime qu'il s'agit d'une simple modification des conditions de travail (et non du contrat), votre refus pourrait être qualifié de faute. En revanche, si le passage à 2h30 est jugé comme une modification substantielle (travail de nuit), votre refus est un droit. **Risque procédural :** Engager un bras de fer seul contre une structure comme FedEx est risqué. La solution passe souvent par une médiation via les syndicats de l'entreprise qui ont négocié le PSE. Je peux, si vous le souhaitez, vous aider à rédiger un courrier de réponse à votre employeur pour demander formellement le maintien de vos horaires actuels en invoquant vos contraintes personnelles.
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article L3121-1 du Code du travail

La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles.

📄 Article L1222-1 du Code du travail

Le contrat de travail est exécuté de bonne foi.

📄 Article L1233-3 du Code du travail

Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment : 1° A des difficultés économiques caractérisées soit par l'évolution significative d'au moins un indicateur économique tel qu'une baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, des pertes d'exploitation ou une dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés. Une baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires est constituée dès lors que la durée de cette baisse est, en comparaison avec la même période de l'année précédente, au moins égale à : a) Un trimestre pour une entreprise de moins de onze salariés ; b) Deux trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins onze salariés et de moins de cinquante salariés ; c) Trois trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins cinquante salariés et de moins de trois cents salariés ; d) Quatre trimestres consécutifs pour une entreprise de trois cents salariés et plus ; 2° A des mutations technologiques ; 3° A une réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ; 4° A la cessation d'activité de l'entreprise. La matérialité de la suppression, de la transformation d'emploi ou de la modification d'un élément essentiel du contrat de travail s'apprécie au niveau de l'entreprise. Les difficultés économiques, les mutations technologiques ou la nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise s'apprécient au niveau de cette entreprise si elle n'appartient pas à un groupe et, dans le cas contraire, au niveau du secteur d'activité commun à cette entreprise et aux entreprises du groupe auquel elle appartient, établies sur le territoire national, sauf fraude. Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l' article L. 233-1 , aux I et II de l'article L. 233-3 et à l' article L. 233-16 du code de commerce. Le secteur d'activité permettant d'apprécier la cause économique du licenciement est caractérisé, notamment, par la nature des produits biens ou services délivrés, la clientèle ciblée, ainsi que les réseaux et modes de distribution, se rapportant à un même marché. Les dispositions du présent chapitre sont applicables à toute rupture du contrat de travail résultant de l'une des causes énoncées au présent article, à l'exclusion de la rupture conventionnelle visée aux articles L. 1237-11 et suivants et de la rupture d'un commun accord dans le cadre d'un accord collectif visée aux articles L. 1237-17 et suivants.
👤
J'ai 32ans d'ancienneté dans la société et j' ai 59 ans puis profiter du pse
Avec **32 ans d'ancienneté** et **59 ans**, votre profil est au cœur des dispositifs de protection et d'accompagnement d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE). Chez FedEx France, le plan annoncé début 2026 prévoit des mesures spécifiques pour les salariés impactés. Voici l'analyse stratégique de vos options et de vos droits. ## 1. Pouvez-vous "profiter" du PSE ? (Le volontariat) Le PSE de FedEx privilégie généralement les **départs volontaires** pour limiter les licenciements contraints. Avec votre profil, vous avez deux leviers majeurs : * **Le congé de reclassement ou de fin de carrière :** Dans les PSE de cette ampleur, des mesures d'âge sont souvent négociées. À 59 ans, vous pourriez être éligible à un dispositif de **"pré-retraite d'entreprise"** ou un congé de fin de carrière. Cela permet de quitter l'entreprise avec un maintien de salaire (souvent entre 65% et 80%) jusqu'à votre retraite à taux plein, sans passer par la case chômage. * **Les indemnités supra-légales :** En cas de départ volontaire dans le cadre du PSE, vous percevrez non seulement votre indemnité légale ou conventionnelle, mais aussi une **indemnité de départ volontaire** supplémentaire négociée par les syndicats. Avec 32 ans d'ancienneté, le montant peut être très significatif. ## 2. Si vous ne voulez pas partir (La protection des seniors) Si votre souhait est de rester, votre profil est très protégé par les **critères d'ordre des licenciements** prévus par [l'article L1233-5 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1233-5) : 1. **L'ancienneté :** Avec 32 ans, vous accumulez un maximum de points sur ce critère. 2. **L'âge :** Le fait d'avoir 59 ans est un critère social qui rend la réinsertion plus difficile. L'employeur doit vous "protéger" par rapport à un salarié plus jeune ou moins ancien. 3. **Le risque pour l'employeur :** Licencier un salarié de 59 ans avec une telle ancienneté coûte très cher à l'entreprise (indemnités élevées + contribution "Delalande" ou équivalent social). FedEx préférera souvent vous proposer un aménagement ou un départ volontaire plutôt que de vous licencier de force. ## 3. Le lien avec votre changement d'horaires (La stratégie) L'employeur essaie peut-être de modifier vos horaires (prise de poste à 2h30 le lundi) pour vous inciter à partir de vous-même. * **Anticipation :** Si vous refusez cette modification, FedEx peut tenter de vous licencier. Mais dans le cadre du PSE, ce licenciement devra respecter les critères d'ordre. * **La charge de la preuve :** Si vous refusez la modification d'horaire pour motif personnel (santé, âge), et qu'ils vous licencient, ils devront prouver qu'ils ont tout fait pour vous reclasser sur un poste de jour conforme à vos anciens horaires, selon [l'article L1233-61 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1233-61). ## 4. Recommandations stratégiques ("Go/No-Go") 1. **Ne démissionnez surtout pas :** Vous perdriez toutes les indemnités du PSE. 2. **Consultez l'accord PSE :** Contactez vos délégués syndicaux (CFDT, FO, CFE-CGC) pour obtenir le texte précis de l'accord signé en février 2026. Vérifiez s'il existe une clause "Espace Information Conseil" ou des mesures spécifiques pour les plus de 57 ou 58 ans. 3. **Demandez un bilan de retraite :** Avant de choisir un départ volontaire, assurez-vous de connaître votre date de taux plein (probablement 64 ans selon la réforme actuelle). Le PSE doit couvrir la période de "soudure" jusqu'à cette date. *(Sources complémentaires — recherche web : Accord de méthode FedEx du 17 février 2026 ; Communiqué de presse FedEx du 23 janvier 2026 sur la suppression de 500 postes).* **Ma proposition :** Je peux vous lister précisément les documents et informations à demander à vos représentants du personnel pour vérifier si vous êtes éligible à une dispense d'activité rémunérée jusqu'à votre retraite. Souhaitez-vous cette liste ?
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article L1233-32 du Code du travail

Outre les renseignements prévus à l'article L. 1233-31 , dans les entreprises de moins de cinquante salariés, l'employeur adresse aux représentants du personnel les mesures qu'il envisage de mettre en oeuvre pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre et pour faciliter le reclassement du personnel dont le licenciement ne pourrait être évité. Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, l'employeur adresse le plan de sauvegarde de l'emploi concourant aux mêmes objectifs.

📄 Article L1233-61 du Code du travail

Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, lorsque le projet de licenciement concerne au moins dix salariés dans une même période de trente jours, l'employeur établit et met en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre. Ce plan intègre un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement sur le territoire national des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile. Lorsque le plan de sauvegarde de l'emploi comporte, en vue d'éviter la fermeture d'un ou de plusieurs établissements, le transfert d'une ou de plusieurs entités économiques nécessaire à la sauvegarde d'une partie des emplois et lorsque ces entreprises souhaitent accepter une offre de reprise les dispositions de l'article L. 1224-1 relatives au transfert des contrats de travail ne s'appliquent que dans la limite du nombre des emplois qui n'ont pas été supprimés à la suite des licenciements, à la date d'effet de ce transfert.

📄 Article L1233-62 du Code du travail

Le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit des mesures telles que : 1° Des actions en vue du reclassement interne sur le territoire national, des salariés sur des emplois relevant de la même catégorie d'emplois ou équivalents à ceux qu'ils occupent ou, sous réserve de l'accord exprès des salariés concernés, sur des emplois de catégorie inférieure ; 1° bis Des actions favorisant la reprise de tout ou partie des activités en vue d'éviter la fermeture d'un ou de plusieurs établissements ; 2° Des créations d'activités nouvelles par l'entreprise ; 3° Des actions favorisant le reclassement externe à l'entreprise, notamment par le soutien à la réactivation du bassin d'emploi ; 4° Des actions de soutien à la création d'activités nouvelles ou à la reprise d'activités existantes par les salariés ; 5° Des actions de formation, de validation des acquis de l'expérience ou de reconversion de nature à faciliter le reclassement interne ou externe des salariés sur des emplois équivalents ; 6° Des mesures de réduction ou d'aménagement du temps de travail ainsi que des mesures de réduction du volume des heures supplémentaires réalisées de manière régulière lorsque ce volume montre que l'organisation du travail de l'entreprise est établie sur la base d'une durée collective manifestement supérieure à trente-cinq heures hebdomadaires ou 1 600 heures par an et que sa réduction pourrait préserver tout ou partie des emplois dont la suppression est envisagée.
💡 Vous avez une situation similaire ? Démarrez votre propre consultation juridique
Nouvelle consultation — indépendante de cette conversation
📄

Document volumineux détecté

Vos fichiers contiennent 0 caractères pour une limite de 100 000 maximum autorisée.

Taille des documents 0%
⚖️ D'autres questions sur Droit du travail ? Justiweb vous répond gratuitement.