Responsabilité du commettant et prescription extracontractuelle
Responsabilité civile
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Jurisprudence responsabilité du commettant extra contractuelle article 2270-1 et article 2232 alinéa 2
En droit français, la responsabilité du commettant (l'employeur) du fait de son préposé (le salarié) est une responsabilité de plein droit, fondée sur [l'article 1242 alinéa 5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+1242+du+Code+civil).
Votre question porte spécifiquement sur l'articulation entre cette responsabilité et les règles de prescription, notamment au regard de la jurisprudence récente.
## 1. Le cadre de la prescription : de l'article 2270-1 à l'article 2224
Il est important de noter une précision textuelle : l'ancien **article 2270-1 du Code civil** (visé dans votre question) prévoyait un délai de 10 ans pour les actions en responsabilité extra-contractuelle. Depuis la réforme du 17 juin 2008, ce délai a été réduit à **5 ans** et est désormais codifié à [l'article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+2224+du+Code+civil).
Le point de départ de ce délai est le jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son action.
## 2. Le butoir de 20 ans : l'article 2232 alinéa 1er
[L'article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+2232+du+Code+civil) instaure un "délai butoir" : le report du point de départ ou l'interruption de la prescription ne peut pas porter le délai total au-delà de **20 ans** à compter du jour de la naissance du droit.
Cependant, **l'alinéa 2 de l'article 2232** précise que ce plafond de 20 ans ne s'applique pas dans certains cas, notamment :
* Les actions en réparation d'un dommage corporel.
* Certaines actions liées à l'état des personnes.
* Les cas d'interruption de prescription liés à une demande en justice.
## 3. Analyse de la jurisprudence récente (2026)
La jurisprudence applique strictement ces délais, même lorsque la responsabilité du commettant est engagée suite à une infraction pénale commise par son préposé.
Dans une décision très récente du **Tribunal judiciaire du 26 juin 2026 (n° 26/01261)**, les juges ont rappelé la rigueur de ces délais :
* **Les faits :** Une action en responsabilité était engagée contre un commettant pour des faits de contrefaçon commis par un préposé.
* **Le raisonnement :** Bien que le point de départ de la prescription ait été reporté à la date de la dernière décision pénale définitive (le 18 mai 2016), l'action civile n'a été engagée que le 13 janvier 2026.
* **La sanction :** Le tribunal a déclaré l'action **irrecevable car prescrite**. Le délai de 5 ans était largement dépassé entre la connaissance définitive des faits (2016) et l'assignation (2026).
Vous pouvez consulter le détail de ce raisonnement ici : [Tribunal judiciaire, 3ème chambre 2ème section, 26/06/2026, n° 26/01261](/decisions/6a3ec905cdc6046d47eb923e).
## 4. Stratégie et points de vigilance
### L'anticipation de la défense du commettant
Si vous assignez un employeur pour une faute de son salarié, la première défense sera quasi systématiquement la **prescription**. L'adversaire cherchera à démontrer que vous aviez connaissance des éléments constitutifs du dommage (et de l'identité de l'auteur) plus de 5 ans avant votre action.
### La charge de la preuve
C'est à celui qui invoque la prescription de prouver la date de connaissance des faits. Pour contrer cela, vous devez prouver :
1. Soit que le dommage ne s'est manifesté que tardivement.
2. Soit qu'un événement a suspendu ou interrompu la prescription (ex: une expertise judiciaire, une action pénale en cours).
### Risque sur le délai butoir
Même si vous n'aviez pas connaissance du dommage, si les faits initiaux (la "naissance du droit") remontent à plus de 20 ans, votre action risque d'être éteinte par le délai butoir de [l'article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+2232+du+Code+civil), sauf s'il s'agit d'un dommage corporel.
Si vous avez un doute sur la date exacte de départ de votre délai, je peux vous aider à déterminer si votre action est encore recevable ou si elle risque d'être frappée de forclusion.
⚖️
Sources officielles Légifrance
📄 Article 1242 du Code civil
On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde. Toutefois, celui qui détient, à un titre quelconque, tout ou partie de l'immeuble ou des biens mobiliers dans lesquels un incendie a pris naissance ne sera responsable, vis-à-vis des tiers, des dommages causés par cet incendie que s'il est prouvé qu'il doit être attribué à sa faute ou à la faute des personnes dont il est responsable. Cette disposition ne s'applique pas aux rapports entre propriétaires et locataires, qui demeurent régis par les articles 1733 et 1734 du code civil . Les parents, en tant qu'ils exercent l'autorité parentale, sont, de plein droit, solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs, sauf lorsque que ceux-ci ont été confiés à un tiers par une décision administrative ou judiciaire. Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés ; Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils sont sous leur surveillance. La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les parents et les artisans ne prouvent qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité. En ce qui concerne les instituteurs, les fautes, imprudences ou négligences invoquées contre eux comme ayant causé le fait dommageable, devront être prouvées, conformément au droit commun, par le demandeur, à l'instance.
📄 Article 2232 du Code civil
Le report du point de départ, la suspension ou l'interruption de la prescription ne peut avoir pour effet de porter le délai de la prescription extinctive au-delà de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit. Le premier alinéa n'est pas applicable dans les cas mentionnés aux articles 2226, 2226-1, 2227 , 2233 et 2236, au premier alinéa de l'article 2241 et à l'article 2244 . Il ne s'applique pas non plus aux actions relatives à l'état des personnes.
📄 Article 2270-1 du Code civil
Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
MOTIVATION I . Recevabilité des conclusions 15. Les conclusions de la Société générale, qui ont été notifiées dans le délai prévu et n’ont donc manifestement pas été notifiées trop tardivement pour faire respecter le principe de la contradiction, pouvaient légitimement se limiter à soulever des fins de non-recevoir, lesquelles ne sont pas tardives et étaient valablement adressées au juge de la mise en état, compétent en vertu de l’article 789 du code de procédure civile pour trancher les fins de...
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