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Cour de cassation, chambre sociale, 18 janvier 2023 — n° 21-18.418

Rejet ECLI : ECLI:FR:CCASS:2023:SO00007

Synthèse de la décision

Question juridique

L'employeur satisfait-il à son obligation de reclassement lorsqu'il propose un poste aménagé à temps partiel conforme aux préconisations du médecin du travail, même si le salarié le refuse ?

Principe retenu

L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail. L'employeur n'est pas tenu de rechercher une possibilité d'aménagement du poste au-delà des préconisations du médecin du travail.

Faits clés

  • Salarié engagé comme boucher puis chef boucher
  • Licenciement pour inaptitude le 3 juin 2017
  • Avis d'inaptitude du 14 avril 2017 précisant aptitude à un poste à temps partiel (max 30h/semaine, 6h/jour) avec tâches administratives, accueil, télétravail
  • Employeur a proposé un poste de reclassement dans une autre société du groupe, refusé par le salarié
  • Cour d'appel a jugé que l'employeur n'apportait pas la preuve de l'impossibilité d'aménager le poste de chef boucher à temps partiel

Articles cités

article L. 1226-2 du code du travail article L. 1226-2-1 du code du travail article L. 4624-4 du code du travail article 901 du code de procédure civile article 902 du code de procédure civile article 1014 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS , et sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'autre grief, la Cour : REJETTE le pourvoi ; Condamne la société Vaillant et Cie aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la société Vaillant et Cie. Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du dix-huit janvier deux mille vingt-trois.

Exposé du litige

Faits et procédure 2. Selon les arrêts attaqués (Poitiers, 12 juin 2019 et 29 avril 2021), M. [F], engagé en qualité de boucher puis de chef boucher à compter du 16 septembre 2015, a été licencié pour inaptitude le 3 juin 2017. 3. Il a saisi la juridiction prud'homale pour contester cette rupture et obtenir paiement de diverses sommes.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour 6. Selon l'article 902 du code de procédure civile, dans sa rédaction issue du décret n° 2017-891 du 6 mai 2017, le greffier, après la remise de la déclaration d'appel, adresse à chacun des intimés, par lettre simple, un exemplaire de la déclaration avec l'indication de l'obligation de constituer avocat. En cas de retour au greffe de la lettre de notification ou lorsque l'intimé n'a pas constitué avocat dans un délai d'un mois à compter de l'envoi de la lettre de notification, le greffier en avise l'avocat de l'appelant afin que celui-ci procède par voie de signification de la déclaration d'appel. 7. A peine de caducité de la déclaration d'appel relevée d'office, la signification doit être effectuée dans le mois de l'avis adressé par le greffe. Cependant, si, entre-temps, l'intimé a constitué avocat avant la signification de la déclaration d'appel, il est procédé par voie de notification à son avocat. 8. II en résulte que l'intimé qui reçoit, dans le délai prescrit par l'article 902 du code de procédure civile, la signification d'une déclaration d'appel dépourvue de l'annexe énonçant les dispositions critiquées du jugement est mal fondé à soulever la caducité de l'acte d'appel, dont l'éventuelle irrégularité, au regard des dispositions de l'article 901 du même code, est sanctionnée par la nullité. 9. La cour d'appel, qui a constaté que la déclaration d'appel avait été signifiée le 7 septembre 2018, dans le délai prescrit par l'article 902 du code de procédure civile expirant le 20 septembre 2018, peu important l'absence de l'annexe contenant les chefs de dispositif du jugement critiqués, qui ne constituait qu'une irrégularité de forme susceptible d'entacher la validité de l'acte, en a exactement déduit que la demande de caducité de la déclaration d'appel devait être rejetée. 10. Le moyen n'est donc pas fondé. Réponse de la Cour 12. II résulte de l'article L. 1226-2 du code du travail que le salarié déclaré inapte par le médecin du travail à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment bénéficie d'un droit au reclassement. II appartient à l'employeur de rechercher un autre emploi approprié aux capacités du salarié, en tenant compte des conclusions écrites du médecin du travail, notamment des indications qu'il formule sur l'aptitude de l'intéressé à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. 13. Appréciant souverainement les éléments de fait et de preuve qui lui étaient soumis, la cour d'appel, faisant ressortir qu'une permutation du personnel était possible avec des entreprises participant au même réseau de distribution, a estimé que l'employeur ne justifiait pas d'une recherche loyale et sérieuse de reclassement au sein du groupe auquel il appartenait. 14. Le moyen n'est donc pas fondé. 4. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ces griefs qui ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'obligation de reclassement ?
L'employeur doit proposer au salarié déclaré inapte un emploi adapté, en tenant compte des préconisations du médecin du travail. Cette obligation est réputée satisfaite si l'employeur a proposé un poste conforme à ces préconisations, même si le salarié le refuse.
Que se passe-t-il si je refuse un poste de reclassement ?
Si le poste proposé est conforme aux préconisations du médecin du travail, le refus du salarié peut permettre à l'employeur de procéder au licenciement pour inaptitude, car l'obligation de reclassement est alors réputée satisfaite.
L'employeur doit-il aménager mon poste à temps partiel si le médecin le préconise ?
Oui, l'employeur doit prendre en compte l'avis du médecin du travail. Si le médecin préconise un temps partiel, l'employeur doit rechercher un poste ou un aménagement compatible, mais il n'est pas tenu d'aller au-delà des préconisations médicales.
Mon employeur doit-il chercher un reclassement dans d'autres sociétés du groupe ?
Oui, si l'entreprise fait partie d'un groupe, l'employeur doit étendre ses recherches aux autres sociétés du groupe, à condition que la permutation du personnel soit possible. En l'espèce, la société avait proposé un poste dans une autre société du groupe, ce qui a été jugé suffisant.
Que faire si mon employeur ne respecte pas son obligation de reclassement ?
Vous pouvez contester votre licenciement devant le conseil de prud'hommes. Si l'employeur ne justifie pas avoir satisfait à son obligation, le licenciement peut être jugé sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des dommages-intérêts.

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