Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Licenciement

Cour d'appel, pôle 6 - chambre 6, 15 avril 2026 — n° 23/05122

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La résiliation judiciaire du contrat de travail d'un journaliste pigiste peut-elle être prononcée aux torts de l'employeur en l'absence de manquement grave de celui-ci ?

Principe retenu

L'employeur d'un journaliste pigiste n'est pas tenu de fournir un volume de travail constant, et la baisse de l'activité ne constitue pas un manquement. La résiliation judiciaire ne peut être prononcée que si un manquement grave de l'employeur est établi.

Faits clés

  • Mme [G] a été engagée par la société [1] en tant que journaliste pigiste par contrat à durée indéterminée.
  • Elle a saisi le conseil de prud'hommes pour demander la résiliation judiciaire de son contrat aux torts de la société.
  • Le conseil de prud'hommes a initialement prononcé la résiliation judiciaire et accordé des indemnités à Mme [G].
  • La société [1] a justifié une baisse de son volume d'activité entre 2019 et 2022.
  • La cour a infirmé le jugement du conseil de prud'hommes, déboutant Mme [G] de ses demandes.

Dispositif

Par ces motifs, La cour, Statuant sur les chefs dévolus, Infirme le jugement en toutes ses dispositions, Déboute Mme [G] de ses demandes, Condamne Mme [G] aux dépens de première instance et d'appel, Déboute la société [1] de sa demande au titre des frais irrépétibles. La Greffière Le Président

Exposé du litige

RAPPEL DES FAITS ET PROCEDURE La société [1] a engagé Mme [G] par contrat de travail à durée indéterminée à compter du 1er mars 2014 en qualité de journaliste pigiste. La société [1] a pour objet social principal l'édition et l'exploitation de médias imprimés et digitaux. Le 13 avril 2022, Mme [G] a saisi le conseil de prud'hommes de Paris pour solliciter la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de la société et former des demandes de rappel de salaires et de dommages-intérêts. Par jugement du 27 juin 2023, auquel la cour se réfère pour l'exposé de la procédure antérieure et des prétentions initiales des parties, le conseil de prud'hommes a rendu la décision suivante : 'Le Conseil reconnait l'existence d'un contrat de travail; Prononce la résiliation judiciaire au 27 avril 2023 aux torts de la société [1], Condamne la société [1] à verser à Madame [R] [G] les sommes suivantes : 19 962 € à titre d'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec intérêts au taux légal à compter du jour du prononcé du jugement, jusqu'au jour du paiement. 19 962 € au titre d'indemnité conventionnelle de licenciement, 6 655 € au titre d'indemnité compensatrice de préavis, 665 € au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés sur préavis;, 25 066 € au titre de rappel de salaires depuis 2021 jusqu'à fin 2022 avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception par la partie défenderesse de la convocation devant le bureau de conciliation, Rappelle qu'en vertu de l'article R.1454-28 du Code du travail, ces condamnations sont exécutoires de droit à titre provisoire, dans la limite maximum de neuf mois de salaire calculés sur la moyenne des trois derniers mois de salaire, Fixe cette moyenne à la somme de 3 327.50€ 1 000 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile, Ordonne la remise du certificat de travail, solde de tout compte et attestation pôle emploi conformes déboute Madame [R] [G] du surplus de ses demandes. Condamne la Société [1] aux entiers dépens La société [1] a relevé appel de ce jugement par déclaration transmise par voie électronique le 21 juillet 2023. Par ses dernières conclusions déposées par voie électronique le 18 octobre 2023, auxquelles la cour se réfère expressément pour l'exposé des moyens, la société [1] demande à la cour de : 'JUGER la société [1] bien fondée en son appel, En conséquence, INFIRMER le jugement rendu le 27 juin 2023 par le conseil de prud'hommes de Paris dans toutes ses dispositions, Et statuant à nouveau, JUGER Madame [R] [G] mal fondée dans toutes ses demandes, DEBOUTER Madame [R] [G] de toutes ses demandes à l'encontre de la société [1], CONDAMNER Madame [R] [G] à payer à la société [1] la somme de 3000 euros au titre de l'article 700 du CPC, CONDAMNER Madame [R] [G] aux entiers dépens.' Par ordonnance du 04 juin 2024 le magistrat en charge de la mise en état a déclaré irrecevables les conclusions d'intimée et d'appel incident de Mme [G] et l'a condamnée aux dépens de l'incident. L'ordonnance de clôture a été rendue à date du 9 décembre 2025.

Motivations de la décision

Motifs En application des dispositions de l'article 954 du code de procédure civile, la partie qui ne conclut pas est réputée s'approprier les motifs du jugement qui a accueilli ses prétentions. Les motifs s'entendent de la motivation de la juridiction. Sur la résiliation judiciaire Le salarié qui sollicite la résiliation judiciaire de son contrat de travail doit rapporter la preuve que l'employeur a commis des manquements graves à ses obligations de nature à empêcher la poursuite du contrat de travail. L'existence d'un contrat de travail en qualité de journaliste pigiste n'est pas discutée. Dans le cadre de l'examen de la relation professionnelle entre Mme [G] et la société [1], le conseil de prud'hommes a retenu une rémunération annuelle de 33 662,84 euros indiquée sur le bulletin de paie du mois de décembre 2018 puis de 16 897,34 euros sur celui de décembre 2022. Pour prononcer la résiliation judiciaire, le conseil de prud'hommes a retenu 'il n'est pas contestable que le volume de travail et la rémunération de Madame [R] [G] ont été diminués dans de grandes proportions, sans l'accord de la salariée.', puis ' il est constant que la diminution substantielle de volume de travail demandé par une entreprise de presse à un journaliste pigiste régulier, l'un et l'autre étant liés par un contrat de travail, constitue un manquement grave qui justifie la résiliation du contrat de travail aux torts exclusifs de l'employeur'. Si l'employeur d'un journaliste pigiste employé comme collaborateur régulier est tenu de lui fournir régulièrement du travail sauf à engager la procédure de licenciement, il n'est pas tenu de lui fournir un volume de travail constant (Soc, 3 juillet 2019 n°17-28.889). La société [1] justifie que son volume d'activité a subi une baisse constante entre 2019 et 2022, en raison de baisse de commandes, ce qui a eu pour conséquence la diminution des tâches qui étaient confiées aux journalistes. La société [1] produit les bulletins de salaire de Mme [G] pour les premiers mois d'activité 2023, qui démontrent qu'il était toujours fait appel à ses services au mois de mai 2023. La baisse du volume de travail confié à Mme [L] ne constitue pas un manquement de la société [1]. L'existence d'un manquement.grave de la société [1] n'est pas établie. Mme [G] doit être déboutée de sa demande de résiliation judiciaire et de ses demandes financières, qui en sont la conséquence. Le jugement est infirmé de ces chefs. Sur la demande de rappel de salaires Le conseil de prud'hommes a indiqué 'Madame [R] [G] a droit à un rappel de salaire compensant la baisse de sa rémunération.' La société [1] n'étant pas tenue de fournir un volume de travail constant, Mme [G] n'est pas fondée à demander un rappel de salaire au titre de la seule baisse de son activité. Elle doit être déboutée de sa demande, le jugement étant infirmé de ce chef. Sur les demandes accessoires Mme [G] doit être déboutée de sa demande de remise de documents de rupture. Mme [G] qui succombe doit supporter les dépens. L'équité et la situation des parties justifie qu'aucune somme ne soit allouée sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Le jugement est infirmé sur les dépens et frais irrépétibles.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.