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Cour de cassation, chambre sociale, 11 juin 2026 — n° 25-20.818

Qpc Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:SO00599

Synthèse de la décision

Question juridique

L'article Lp. 241-22, alinéa 2, du code du travail de Nouvelle-Calédonie porte-t-il atteinte aux droits à la santé et au repos garantis par le préambule de la Constitution de 1946 en privant le salarié licencié pour faute lourde de l'indemnité compensatrice de congé payé ?

Principe retenu

La question prioritaire de constitutionnalité a été renvoyée au Conseil constitutionnel car elle soulève un doute sérieux sur la conformité de l'article Lp. 241-22, alinéa 2, du code du travail de Nouvelle-Calédonie avec les droits garantis par la Constitution, notamment en ce qui concerne le droit au repos et à la santé des salariés licenciés pour faute lourde.

Faits clés

  • M. [A] a été engagé par la société Goro mines en mars 2015.
  • Il a été licencié pour faute lourde le 1er avril 2023.
  • M. [A] a saisi un tribunal du travail en référé le 18 juillet 2023.
  • Il a demandé sa réintégration et le paiement d'indemnités, y compris une indemnité compensatrice de congé payé.
  • La question prioritaire de constitutionnalité a été formulée lors du pourvoi contre un arrêt de la cour d'appel de Nouméa.

Exposé du litige

Faits et procédure 1. M. [A] a été engagé en qualité de chef d'équipe par la société Goro mines, à compter du 18 mars 2015. Au dernier état de la relation de travail, il exerçait les fonctions de mécanicien. 2. Licencié pour faute lourde le 1er avril 2023, le salarié a saisi un tribunal du travail en référé, le 18 juillet 2023, de demandes tendant à sa réintégration au sein de l'entreprise et au paiement de diverses indemnités dont une indemnité compensatrice de congé payé.

Motivations de la décision

Enoncé de la question prioritaire de constitutionnalité 3. A l'occasion du pourvoi qu'il a formé contre l'arrêt rendu le 24 avril 2025 par la cour d'appel de Nouméa, M. [A] a, par mémoire distinct et motivé, demandé de renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité ainsi rédigée : « L'article Lp. 241-22, alinéa 2, du code du travail de Nouvelle-Calédonie porte-il atteinte aux droits à la santé et au repos garantis par le onzième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, en ce qu'il prive le salarié licencié pour faute lourde de l'indemnité compensatrice de congé payé ? » Examen de la question prioritaire de constitutionnalité 4. La disposition contestée est applicable au litige, qui porte sur le droit à indemnité compensatrice de congé payé d'un salarié licencié pour faute lourde. 5. Elle n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel. 6. La question posée présente un caractère sérieux en ce que l'article Lp. 241-22, alinéa 2, du code du travail de Nouvelle-Calédonie prévoit la privation du droit à percevoir une indemnité financière au titre des congés payés en cas de faute lourde du salarié. Il pourrait être estimé que la perte du droit au congé payé acquis en raison du motif pour lequel la relation de travail a pris fin, dans des cas où le salarié n'a pas effectivement eu la possibilité d'exercer son droit au congé pendant le cours de l'exécution du contrat, porte atteinte au droit au repos garanti par le onzième alinéa du préambule de la Constitution de 1946. 7. En conséquence, il y a lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : RENVOIE au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé publiquement le onze juin deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

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