Cour d'appel, chambre sociale, 22 juin 2026 — n° 25/00618
Synthèse de la décision
Question juridique
Le licenciement pour faute grave d'un salarié est-il justifié lorsque celui-ci a tenu des propos critiques envers l'employeur dans le cadre d'un conflit collectif, sans excéder les limites de la liberté d'expression ?
Principe retenu
La liberté d'expression du salarié est reconnue, mais elle ne peut dégénérer en abus. Des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs, notamment lorsqu'ils sont proférés dans un contexte de conflit collectif et visent à déstabiliser l'entreprise, peuvent constituer une faute grave rendant impossible le maintien du salarié dans l'entreprise.
Faits clés
- M. [L] a été embauché le 15 octobre 2018 en qualité de responsable d'atelier et responsable qualité.
- Il a été licencié pour faute grave le 8 juin 2023 après deux convocations à entretien préalable.
- Les griefs reprochés incluent des propos tenus lors d'une réunion du 20 avril 2023 et des échanges sur un groupe WhatsApp.
- M. [L] a qualifié l'employeur de 'menteur' et 'manipulateur', et a incité d'autres salariés à la désobéissance.
- Le salarié a été dispensé d'activité pendant la procédure mais a continué à percevoir son salaire.
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une faute grave en droit du travail ?
La liberté d'expression du salarié est-elle absolue ?
Puis-je être licencié pour des propos tenus sur un groupe WhatsApp ?
Quelles sont les conséquences financières d'un licenciement pour faute grave ?
Comment contester un licenciement pour faute grave ?
Quels sont les recours en cas de rupture brutale et vexatoire ?
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