Cour d'appel, pôle 6 - chambre 11, 30 juin 2026 — n° 23/00574
Synthèse de la décision
Question juridique
Le licenciement pour faute grave prononcé à l'encontre d'un salarié en raison de propos injurieux envers des collègues est-il nul pour atteinte à la liberté d'expression ?
Principe retenu
Le salarié jouit de sa liberté d'expression dans l'entreprise. Lorsqu'un licenciement est contesté pour atteinte à ce droit, le juge doit mettre en balance la liberté d'expression du salarié et le droit de l'employeur à la protection de ses intérêts, en appréciant la nécessité, l'adéquation et la proportionnalité de la mesure au regard du but poursuivi, en tenant compte de la teneur des propos, du contexte, de leur portée et impact, ainsi que des conséquences négatives pour l'employeur.
Faits clés
- Salariée engagée comme négociateur transaction depuis juin 2018
- Propos injurieux tenus en décembre 2020 : 'service de merde', 'boîte de merde', 'incompétente', 'folle', 'tarée', 'salope'
- Licenciement pour faute grave notifié le 15 février 2021
- Cour ordonne la réouverture des débats pour examiner la nullité du licenciement au regard de la liberté d'expression
- Nouvelle jurisprudence de la Cour de cassation du 14 janvier 2026 invoquée
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Puis-je être licencié pour avoir insulté un collègue ?
Qu'est-ce qu'une faute grave ?
Mon licenciement pour faute grave peut-il être annulé ?
Quels sont les critères pour qu'un licenciement soit nul ?
Que faire si mon employeur me licencie pour des propos tenus au travail ?
La Cour de cassation a-t-elle changé sa position sur la liberté d'expression des salariés ?
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