Cour d'appel, pôle 6 - chambre 8, 18 juin 2026 — n° 23/00405
Synthèse de la décision
Question juridique
Le refus d'une salariée de se rendre à son poste de travail en raison de l'absence de moyens de protection suffisants face au risque de contamination par le Covid-19 constitue-t-il un exercice légitime du droit de retrait, rendant nul le licenciement pour faute grave ?
Principe retenu
Le salarié peut exercer son droit de retrait lorsqu'il a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. L'employeur qui licencie un salarié pour avoir exercé légitimement son droit de retrait encourt la nullité du licenciement.
Faits clés
- Salariée engagée le 16 novembre 2013 en qualité d'employée polyvalente à temps partiel en CDI
- Le 20 mars 2020, la salariée informe son employeur qu'elle ne se rendra pas à son poste faute de moyens de protection suffisants (un seul masque chirurgical pour 4h d'efficacité, gants, vitre en plexiglas)
- L'employeur met en demeure la salariée de reprendre son poste, puis la convoque à un entretien préalable
- Licenciement pour faute grave notifié le 18 juin 2020
- L'employeur propose une réintégration le 16 juillet 2020, refusée par la salariée
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le droit de retrait ?
Puis-je être licencié pour avoir exercé mon droit de retrait ?
Quelles indemnités ai-je droit si mon licenciement est nul ?
Que faire si mon employeur me propose une réintégration après un licenciement abusif ?
Le manque de masques pendant le Covid-19 justifie-t-il un droit de retrait ?
Quels sont les recours en cas de licenciement pour faute grave contesté ?
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