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← Copropriété et syndic

Tribunal judiciaire, tptg, 24 juin 2026 — n° 25/07838

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Un copropriétaire peut-il refuser de payer les charges de copropriété incluant des frais de gardiennage au motif que son immeuble a été détruit puis reconstruit ?

Principe retenu

Les charges de copropriété régulièrement votées en assemblée générale sont obligatoires pour tous les copropriétaires, même si le bien a été détruit puis reconstruit, sauf contestation dans les délais légaux. Le copropriétaire ne peut s'exonérer unilatéralement de ces charges.

Faits clés

  • La société Kalimera est co-syndicalaire de l'association syndicale libre [Localité 1].
  • Les charges impayées concernent les années 2020, 2021 et 2022.
  • Les frais de gardiennage représentent 80% des sommes réclamées.
  • L'immeuble de la société Kalimera a été détruit puis reconstruit.
  • La société Kalimera a demandé son exonération des frais de gardiennage, refusée par l'assemblée générale (résolution n°10).

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE La société Kalimera est co-syndicalaire du lots n°01/0011 au sein de l’association syndicale libre [Localité 1]. Par exploit d’huissier en date du 03 juillet 2025, l’association syndicale libre [Adresse 3] Les Francs, représentée par son syndic la société Sergic, a fait assigner la société Kalimera devant le juge du tribunal de proximité de Tourcoing afin de la voir condamnée au paiement des sommes suivantes: - 5 069,23 € au titre des charges de copropriété selon décompte arrêté au 11 février 2025, outre les intérêts au taux légal à compter de la dernière lettre recommandée, - 1 200 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux dépens. L’affaire a été appelée à l’audience du 19 novembre 2025 à laquelle elle a fait l’objet d’un renvoi. A l’audience du 22 avril 2026, L’association syndicale libre [Localité 1] représentée par son syndic, lui-même représenté par son conseil précise que la somme réclamée concerne les années 2020, 2021 et 2022, non prescrites. Elle ajoute que ces sommes ont été régulièrement votées et déplore que la partie défenderesse refuse de les régler en estimant que parce que son immeuble a été détruit avant d’être reconstruit, elle pouvait être exonérée des frais de gardiennage. Elle souligne qu’aucune contestation n’a été formée dans les délais. Elle ajoute que la partie défenderesse a écrit à l’association syndicale pour réclamer son exonération et que cette demande présentée au vote lors de l’assemblé générale a été refusée à la majorité dans la résolution n°10. Elle actualise la dette à la somme de 5 041,23 euros hors frais d’avocat et dépens. La société Kalimera, représentée par son président déplore l’impossibilité de trouver un accord. Elle indique que le désaccord persiste depuis l’achat de son bien, et que les frais de gardiennage représentent 80% des sommes réclamées. Elle souligne et déplore que la société Sergic n’ait pas répondu à son courrier du 25 septembre 2020 qui l’informait de son souhait d’extension après démolitions et qui signalait qu’un gardiennage n’était pas nécessaire sur la parcelle visée. Son président ajoute être gérant d’une autre société, implantée dans un bâtiment régi par les règles de la même association et qu’il n’a aucun impayé, il déplore la situation et indique qu’il réclamait un geste.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la demande en paiement au titre des charges: Il résulte de la lecture combinée des articles 2 et 3 des statuts de l’association que la qualité de membres est obligatoire pour tous les membres de la ZAC Ravennes les [Localité 2] et qu’elle a entre autres objet l’entretien des équipements communs et « le cas échéant, la police et le gardiennage des biens communs ». La société Kalimera ne remet pas en cause la régularité des convocations et des votes mais l’opportunité des frais de gardiennage sur sa parcelle en raison de la destruction de son immeuble. Son président ne soutient pas avoir contesté lesdites délibérations. Il ne démontre pas une carence dans la prestation de service de gardiennage. Il est également démontré que sa demande postérieure d’exonération a été rejetée à l’unanimité des membres de l’association. Enfin, il est relevé des pièces produites que la prestation de gardiennage n’a pas pour seule vocation d’éviter des dégradations mais surtout de prévenir l’installation de campements sauvages, de gens de la communauté du voyage notamment. En conséquence, il convient de dire que la société Kalimera est redevable des frais de gardiennage selon le décompte produit qui présente un solde de 6 037,44 euros. Toutefois, de sa lecture il en ressort que doivent être déduites les sommes suivantes : 840 euros de frais d’avocat qui doivent être pris en considération de l’article 700 du code de procédure civile156,21 euros au titre des dépens (frais de commissaire de justice)Ainsi que les frais de recouvrement :39 et 28 euros dont il n’est pas justifiéde l’envoi effectifdu montant faute de production du réglement antérieur au 3 avril 2025192 euros de frais de constitution d’avocat sans justification des diligences exceptionnelles et alors que ce tarif correspond au frais de constitution d’hypothèque Dès lors, le montant des charges de copropriété et des frais de recouvrement arrêté au 1er avril 2026 dus par la société Kalimera s’élève à la somme de 4 782,23 €. Il convient, en conséquence, de condamner la société Kalimera à verser cette somme avec intérêt au taux légal à compter de la présente decision, l’accusé de reception de la lettre du 11 février 2025 n’étant pas produit pour expliquer les raisons du retour à l’expéditeur le 12 mars 2025. Sur les demandes accessoires : 1) Sur les dépens : En application de l'article 696 du code de procédure civile, la société Kalimera, partie perdante, sera condamnée aux dépens de l'instance. 2) Sur les frais irrépétibles : Aux termes de l'article 700 du code de procédure civile, la partie condamnée aux dépens est condamnée à verser à l'autre une indemnité au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En l'espèce, il convient de condamner la société Kalimera à verser la somme de 840 euros selon la facture produite par la société Sergic.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge du tribunal de proximité de Tourcoing, statuant publiquement, par décision contradictoire rendue en premier ressort, CONDAMNE la société Kalimera à verser à l’association syndicale libre [Localité 1], représentée par son syndic la société Sergic, la somme de 4 782,23 €, outre les intérêts au taux légal à compter de la présente decision CONDAMNE la société Kalimera aux dépens ; CONDAMNE la société Kalimera à verser à l’association syndicale libre [Localité 1], représentée par son syndic la société Sergic, la somme de 840 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que la présente décision est assortie de l'exécution provisoire de droit conformément aux dispositions de l'article 514 du code de procédure civile. La greffière La présidente

Questions fréquentes

Puis-je refuser de payer les charges de copropriété si mon immeuble a été détruit ?
Non, le tribunal a jugé que les charges régulièrement votées en assemblée générale sont obligatoires, même si votre immeuble a été détruit puis reconstruit. Vous devez les payer, sauf à contester dans les délais légaux.
Les frais de gardiennage sont-ils obligatoires même si mon bien est en reconstruction ?
Oui, dans cette affaire, la société Kalimera devait payer les frais de gardiennage alors que son immeuble était détruit, car ces frais avaient été votés par l'assemblée générale et la demande d'exonération avait été refusée.
Comment contester une résolution d'assemblée générale qui refuse mon exonération ?
Vous devez contester la résolution dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée générale, en assignant l'association syndicale libre devant le tribunal judiciaire.
Quels sont les recours contre une association syndicale libre qui réclame des charges ?
Vous pouvez contester le montant ou le bien-fondé des charges en justice, mais vous devez prouver que les charges n'ont pas été régulièrement votées ou qu'elles sont abusives. Dans cette affaire, la contestation n'a pas abouti car les votes étaient réguliers.
Que faire si je ne suis pas d'accord avec les charges votées ?
Vous devez d'abord voter contre lors de l'assemblée générale, puis contester la résolution dans les deux mois. En attendant, vous devez payer les charges sous peine de poursuites.
Quelles sont les conséquences du non-paiement des charges de copropriété ?
Le copropriétaire peut être condamné à payer les charges impayées avec intérêts légaux, les dépens et une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile, comme dans cette affaire où la société Kalimera a dû payer 4 782,23 € plus 840 € de frais.

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