MOTIVATION
Sur l'existence du contrat de travail entre M. [C] et la société [1]
M. [C] revendique l'existence d'un contrat de travail avec la société [1] depuis 2013 en ce que :
- une rémunération mensuelle lui a été versée par la société [1], en contrepartie de la prestation de travail qu'il effectuait au sein de cette dernière à savoir que la société [1] versait à la société [5] le montant de sa rémunération et la société [5] lui reversait cette rémunération.
- le lien de subordination avec la société [1] est caractérisée : la société [1] l'a accompagné dans ses démarches de déclaration de travailleur indépendant et lui a même proposé la société partenaire [5] de portage salarial par l'intermédiaire de Mme [B], directrice des achats de la société [1] ; il a occupé un poste relevant de l'activité normale de la société [1] ; il a travaillé de manière exclusive, tous les jours ouvrables, pour la société [1] à l'exclusion de tout autre client, la totalité de son chiffre d'affaires étant réalisé avec la société [1], son statut d'auto entrepreneur ayant cessé deux mois après la rupture des relations de travail avec cette dernière (critère de donneur d'ordre unique) ; il a travaillé dans le cadre d'un service organisé: la société [1] lui a fourni ses outils de travail (ligne téléphonique, ordinateur, poste de travail au sein de l'open space, utilisation du logo de la société, adresse mail au mon de la société) ; il était tenu de respecter les horaires de travail de la société [1] et le lieu de travail (en dernier lieu, dans les locaux sis [Adresse 3] à [Localité 3], il devait arriver avant 9 h 30 et n'était autorisé à quitter son poste de travail qu'à partir de 18 heures) ; ses horaires étaient calqués sur ceux des autres salariés ; les responsables internes au sein de la société [1] définissaient le périmètre de son intervention ainsi que les tâches spécifiques à accomplir (par ordre de priorité) et lui demandaient des comptes rendus sur l'évolution des tâches allant même à les regrouper sur un tableau récapitulatif ; il a eu comme responsable hiérarchique M. [H], puis M. [T], puis Mme [P] ; il était tenu d'assister à des réunions de définition des tâches ; il se voyait confier des objectifs qu'il était tenu d'atteindre ; la validation par la société [1] des jours facturés permettait à cette dernière de contrôler son travail ; il devait obtenir une autorisation pour s'absenter et prendre ses congés.
La société [1] conteste toute relation de travail salariale. Elle conclut qu'elle n'a jamais versé de rémunération à M. [C] ; le travail effectué par ce dernier lui a été confié par les sociétés qui l'employaient ; la société [1] avait conclu des contrats cadres de prestations de services avec notamment la société [7] et la société [4] ; M. [C] ne verse au débat aucun élément qui démontrerait l'existence d'un lien de subordination (les horaires de travail et lieu de travail ne constituent qu'un déploiement par une société prestataire d'un salarié chez l'entreprise utilisatrice et ont été prévu par les contrats conclus avec les sociétés prestataires, elle pu s'enquérir des dates des congés de M. [C] dans le cadre de son organisation et dans une exigence de visibilité, son adresse mail est celle attribuée aux intervenants externes).
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Le contrat de travail est une convention par laquelle une personne s'engage à travailler pour le compte d'une autre et sous sa subordination moyennant rémunération.
L'existence d'un contrat de travail dépend, non pas de la volonté manifestée par les parties, mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l'activité du travailleur.
Notamment, l'élément déterminant du contrat de travail est le lien de subordination qui est caractérisé par l'exécution d'un travail sous l'autorité d'un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné.
Peut constituer un indice de subordination le travail au sein d'un service organisé lorsque l'employeur en détermine unilatéralement des conditions d'exécution.
A défaut de contrat écrit ou d'apparence de contrat, c'est à celui qui invoque l'existence d'une relation salariale d'en rapporter la preuve par tout moyen.
Par ailleurs, selon l'article L.8221-6 dans ses versions applicables au litige, sont présumés ne pas être liés avec le donneur d'ordre par un contrat de travail dans l'exécution de l'activité donnant lieu à immatriculation ou inscription, (I) les personnes physiques immatriculées au registre du commerce et des sociétés, au répertoire des métiers ou au au registre national des entreprises en tant qu'entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat, au registre des agents commerciaux ou auprès des unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales pour le recouvrement des cotisations d'allocations familiales.
L'existence d'un contrat de travail peut toutefois être établie lorsque les personnes mentionnées au I fournissent directement ou par une personne interposée des prestations à un donneur d'ordre dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente à l'égard de celui-ci.
En l'espèce, M. [C] invoque l'existence d'un relation de travail salariée avec la société [1] depuis 2013.
A défaut de contrat de travail écrit ou d'apparence de contrat, c'est à M. [C], qui invoque l'existence d'une relation salariale, d'en rapporter la preuve par tout moyen.
Par ailleurs, à compter de juillet 2019, ayant le statut d'auto entrepreneur, la présomption de non-salariat s'applique.
M. [C] produit les éléments suivants :
- un mail du 27 mars 2020 de M. [Z] : « [I], Ci-joint l'attestation ; tu la remplies et l'imprimes ainsi que celle du gouvernement. Tu te rends a [Adresse 4] lundi a 13h30, tu vas voir [A] [G]. Tu repartiras avec son PC (la tour), clavier, souris et un écran. Respectes les consignes de sécurité. On reste en contact. Bon WE » ; son mail du 28 décembre 2020 adressé à M. [Q] : « Bonjour, Voici mon CRA de Décembre pour validation » ; le mail de M. [Z] du 14 août 2020 : « Messieurs, Pensez a faire le vendredi vos CR d'activité de la semaine à vos CP respectifs, surtout quand ils sont en congés et copiez moi SVP. Merci » ; son mail du 20 octobre 2016 « [F], J'aurai besoin de prendre le mercredi 2 novembre (') » ; son mail du 8 février 2017 : « Bonjour, Je souhaite prendre les vendredi 23 et 24 février (') » ; son mail du 12 février 2018 : « Je souhaite prendre jeudi après-midi (le15/02) » ; le mail de M. [T] du 29 juin 2020 : « Quelles sont vos dates de congés ' J'espèce que vous êtes là la semaine du 17/08 ' ».
- un exemplaire de sa signature utilisée dans ses courriels et comportant le logo de la société [1] : [I] [E], D.I Web [Courriel 1] T : [XXXXXXXX01], [Adresse 3]".
- l'attestation de M. [M] dans laquelle il indique : « J'atteste que pendant la période durant laquelle j'ai travaillé chez [8] (du 24 septembre 2018 au 26 février 2021), j'ai pu constater que Messieurs [O], [U] et [C] travaillaient dans le même espace de travail au sein des locaux de [8] (dans un premier temps au siège situé [Adresse 4] puis au siège situé [Adresse 3] à [Localité 3]). Ils exerçaient leurs activités dans un open space dédié aux services informatiques au sein du siège de [8], les salariés de [8] dits internes travaillaient dans le même espace. Messieurs [O], [U] et [C] respectaient les mêmes horaires et jours de présence qui s'imposaient aux salariés sur le plateau. De même, leur équipement informatique était fourni par [8]. J'ai constaté visuellement que Messieurs [O], [U] et [C] assistaient aux réunions organisées quotidiennement au cours desquelles ils devaient faire le bilan de leurs tâches effectuées la veille sous forme de compte rendu verbal et prendre les instructions pour les tâches du jour de la part des cadres salariés de [8].