EXPOSE DU LITIGE ET PROCEDURE
L'immeuble situé au [Adresse 3] à [Localité 1], soumis au statut de la copropriété depuis septembre 1998, comprend différents lots à usage d'habitation appartenant à des particuliers, ainsi qu'un local commercial, situé au rez-de chaussée, dont la société civile immobilière (SCI) Cameron est propriétaire depuis 2001.
Les lots 1 et 2 de la SCI Cameron, dont l'entrée s'effectue par les [Adresse 5], sont composés ainsi :
- au rez-de-chaussée, une surface commerciale de 309 m² (y compris petit salon, accès, WC, salle, réserve, local technique),
- au rez-de-chaussée, la jouissance exclusive et privative d'un patio intérieur d'une surface de 130 m² avec droit d'affouillement du sol,
- au premier étage une surface commerciale de 320 m² (y compris dégagement, chambres froides, bureau, dépôts, cuisines, local poubelle, salle),
- au sous-sol une surface de 110 m² (y compris cave à vin, sanitaire, vestiaire, cave brute).
À compter du mois d'avril 1998, ce local à usage commercial a été donné à bail et exploité à usage de restaurant, d'abord par la société [Etablissement 2], puis par la société [Etablissement 3].
Suivant acte authentique du 20 octobre 2017, la société [Etablissement 3] a cédé son fonds de commerce à la société par actions simplifiées (SAS) [Etablissement 1] Café [Localité 1]. Un avenant au bail a été conclu le 27 octobre 2017 entre la SCI Cameron et la nouvelle société preneur.
La société [Etablissement 1] Café [Localité 1], qui entendait exploiter un bar à bières dans les lieux loués, a obtenu une autorisation de réaliser des travaux portant sur une véranda installée dans le patio de l'immeuble, suite à une assemblée générale extraordinaire des copropriétaires du 5 octobre 2017.
Le nouvel établissement a ouvert ses portes en décembre 2017. Par l'intermédiaire du syndic, les copropriétaires se sont plaints à plusieurs reprises auprès de la bailleresse, de la locataire et de la mairie de [Localité 1] de diverses nuisances notamment sonores et de non-conformités de l'établissement.
La SAS [Etablissement 1] Café a fait réaliser deux études acoustiques par la société Synacoustique les 3 novembre 2017 et 19 septembre 2018; la mairie de [Localité 1] a effectué divers contrôles et mesures sonores et a mis en place une mesure de médiation, dans le cadre de laquelle la société exploitante a accepté de fermer l'accès du patio au public à compter de 21 heures.
Le syndicat des copropriétaires a saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Toulouse aux fins d'expertise. Il a été fait droit à sa demande par ordonnance rendue le 2 octobre 2018. Mme [P] [J], expert désigné pour procéder à la mesure, a déposé son rapport le 3 octobre 2019.
L'assemblée générale des copropriétaires, réunie le 15 juin 2020, a voté contre l'engagement d'une procédure judiciaire en suite du rapport de l'expert, la SCI Cameron étant toutefois majoritaire dans le cadre du vote de la résolution compte tenu de ses droits dans la copropriété.
Plusieurs autres copropriétaires ont alors pris l'initiative d'engager une procédure.
Par acte d'huissier du 24 décembre 2021, M. [T] [O], M. [Y] [K] et Mme [U] [G], épouse [K], M. [T] [L] et Mme [N] [Z], épouse [L], Mme [Q] [E], M. [A] [H], Mme [W] [I], épouse [H], M. [X] [D], Mme [V] [F], épouse [D], Mme [B] [M], M. [LY] [MU], Mme [BA] [EV], épouse [MU], M. [QO] [MU], M. [UR] [MU], M. [JD] [MU], Mme [S] [C], épouse [R] et Mme [BZ] [AB], épouse [JX] ont fait assigner la SAS [Etablissement 1] Café et la SCI Cameron devant le tribunal judiciaire de Toulouse.
Par jugement contradictoire du 25 mai 2023, le tribunal judiciaire de Toulouse a :
- débouté M. [T] [O], M. [Y] [K] et Mme [U] [G], épouse [K], M. [T] [L] et Mme [N] [Z], épouse [L], Mme [Q] [E], M. [A] [H] et Mme [W] [I], épouse [H], M. [X] [D] et Mme [V] [F], épouse [D], Mme [B] [M], M. [LY] [MU] et Mme [BA] [EV], épouse [MU], M. [QO] [MU], M. [UR] [MU], M.