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EXPOSÉ DU LITIGE
[1] La SAS [2] a embauché M. [X] [P] en qualité de technicien de maintenance, statut ouvrier, suivant contrat de travail à durée déterminée du 15'janvier 2004 pour une durée d'un mois. Le salarié a bénéficié d'un engagement à durée indéterminée le 16 février 2004.
[2] Le salarié a été mis à pied à titre conservatoire par lettre du 2 mars 2020 et licencié pour faute grave par lettre du 30 mars 2020 ainsi rédigée':
«'À la suite de notre entretien du 26 mars dernier, nous vous informons par la présente que nous avons décidé de vous licencier pour faute grave pour les raisons suivantes': Nous vous rappelons que vous êtes tenu à une obligation légale de loyauté et de bonne foi dans le cadre de l'exécution de notre relation contractuelle. Or, lors d'un contrôle de nos opérations de maintenance des ascenseurs dont nous avons la charge, nous avons constaté que des dépannages que vous auriez effectués durant vos périodes d'astreintes n'avaient en réalité pas eu lieu. Bien plus, les recherches que nous avons menées ont également permis de constater que vous avez mentionné sur vos feuilles de pointage des durées d'intervention erronées.
Notamment, sur la journée d'astreinte du mardi 8 octobre 2019, vous avez noté une demande d'intervention signalée à 16h57 sur laquelle vous seriez intervenu 2'h de 17'h à 19'h. Or, après avoir effectué des recherches, nous venons de découvrir, d'une part, que la panne vous a été signalée à 14h34, d'autre part, que vous l'auriez pris en charge durant 20'min de 14h45 à 15h05, soit durant votre horaire de travail et non en astreinte, pour une différence de 2'h que nous vous avons indûment réglée. Le 16 octobre suivant, vous avez indiqué sur votre feuille de pointage que vous avez effectué quatre interventions pour une durée totale de 3h41. Or, après avoir effectué des recherches, il apparaît que vous n'en avez effectué que deux pour une durée totale de 1h34, soit une différence de 2h07 que nous vous avons indûment réglée. Le 20 octobre, vous avez encore indiqué sur votre feuille de pointage que vous avez effectué 8 interventions pour une durée totale de 9h24. Or, après avoir effectué des recherches, il apparaît que vous en avez effectué seulement deux pour une durée totale de 2h13, soit une différence de 7h11 que nous vous avons indûment réglée. Le 14'décembre 2019 encore, vous avez indiqué avoir effectué neuf interventions durant votre astreinte. Toutefois, nous venons de découvrir que parmi ces neuf interventions, deux d'entre elles n'ont en réalité pas eu lieu.
Vos man'uvres dolosives et répétées nous ont conduits à signaler à nos clients des pannes récurrentes sur les ascenseurs pour lesquels vous aviez mentionné, à tort, être intervenu, mettant en cause la qualité de nos interventions et par suite les compétences et le sérieux des prestations fournies par notre société. Ce qui, vous ne l'ignorez pas, a une incidence manifeste lorsque nous postulons pour obtenir ou renouveler un marché d'entretien d'ascenseurs qu'il soit public ou privé. Vos man'uvres ont également eu pour conséquence de nous conduire à vous rémunérer des heures de travail indues notamment au titre de ces interventions litigieuses. Après vous avoir exposé et présenté les faits que nous vous reprochions, nous vous avons entendu dans vos explications. Ces dernières ne nous ont toutefois pas permis de modifier notre appréciation quant à la gravité des faits qui vous sont reprochés. Aussi, nous vous informons par la présente que nous avons décidé de vous licencier pour faute grave. Compte tenu de la gravité des faits qui vous sont reprochés, votre maintien, même temporaire, dans la société s'avère impossible. Le licenciement prend donc effet immédiatement à la date du 30 mars 2020, sans indemnité de préavis, ni de licenciement. Nous vous rappelons que vous faites l'objet d'une mise à pied conservatoire. Par conséquent, la période au cours de laquelle vous avez été mis à pied ne sera pas rémunérée.