MOTIFS DE LA DÉCISION
[11] La cour constate tout d'abord que l'appel principal, qui porte essentiellement sur les intérêts patrimoniaux de l'entreprise, n'est plus soutenu, le liquidateur judiciaire de l'employeur n'ayant pas constitué avocat et pas plus l'AGS. Dès lors, le jugement apparaît définitif en ce qu'il a':
dit que la contestation du licenciement est justifié';
qualifié le licenciement sans cause réelle et sérieuse';
prononcé l'annulation de la transaction et dit qu'elle est nulle';
condamné l'employeur à payer au salarié les sommes suivantes':
17'861,58'€ à titre d'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse';
''5'639,00'€ à titre d'indemnité légale de licenciement';
''3'247,56'€ à titre d'indemnité compensatrice de préavis';
'''''324,76'€ à titre d'indemnité compensatrice de congés payés sur préavis';
'''''392,38'€ à titre de rappel concernant la majoration du taux horaire selon l'ancienneté';
''''''39,24'€ à titre de congé payé afférents à l'ancienneté';
''''600,00'€ au titre des frais irrépétibles';
débouté l'employeur de sa demande reconventionnelle';
condamné l'employeur aux dépens.
Les condamnations prononcées à l'encontre de l'employeur in bonis justifie une fixation de créance pour les mêmes sommes dès lors que ce dernier se trouve désormais en procédure collective.
1/ Sur les congés payés du 1er au 30 juin 2020
[12] Le salarié réclame la somme de 1'623,78'€ à titre de rappel du salaire concernant la période allant du 1er au 30 juin 2020 en expliquant qu'il a alors été placé en congés payés par l'employeur. Il explique qu'il avait été précédemment placé en activité partielle du 19 mars au 30'mai 2020 en raison du confinement et de la crise sanitaire. Il fait valoir que les congés que l'employeur lui a imposé du 1er au 30 juin excédaient les 6'jours ouvrables autorisés par l'ordonnance du 25'mars'2020. L'employeur, alors qu'il était encore in bonis, se bornait à solliciter, sans explication, la confirmation du jugement de ce chef lequel retenait à la fois la licéité exceptionnelle des 6'jours de congés payés imposés et l'absence de protestation du salarié. La cour retient que l'absence de protestation du salarié au temps de l'exécution du contrat de travail est impuissante à conférer à l'employeur la possibilité d'imposer sans préavis la prise de congés payés non sollicités en dehors de l'autorisation exceptionnelle conféré par l'ordonnance du 25 mars 2020. En conséquence, il apparaît que l'employeur a indûment imposé au salarié la prise de trois semaines de congés payés durant le mois de juin. Il sera alloué à ce dernier, de ce chef, un rappel de salaire d'un montant de 1'217,84'€ bruts.
2/ Sur la demande de rappel de salaire concernant la période allant du 1er au 22'juillet'2020
[13] Le salarié sollicite un rappel de salaire concernant la période allant du 1er au 22'juillet'2020 pour un montant de 1'199,07'€ outre 119,91'€ au titre des congés payés y afférents. Il reproche à l'employeur de l'avoir considéré en absence injustifiée durant cette période alors qu'il se tenait à sa disposition pour reprendre son travail. L'employeur, alors qu'il était in bonis, se bornait à solliciter la confirmation du jugement sur ce point sans produire d'explication alors que le jugement retenait que le salarié ne rapportait pas la preuve qu'il s'était tenu à la disposition de l'employeur.
[14] Au vu de l'article L. 1221-1 du code du travail et l'article 1353 du code civil, l'employeur est tenu de fournir un travail et de payer sa rémunération au salarié qui se tient à sa disposition et il lui appartient, pour s'exonérer de cette obligation, de rapporter la preuve que le salarié a refusé d'exécuter son travail ou ne s'est pas tenue à sa disposition. L'employeur n'établissant pas que le salarié ne s'est pas tenu à sa disposition, il sera dès lors fait aux demandes pécuniaires de ce dernier pour les montants sollicités lesquels apparaissent fondés.
3/ Sur les autres demandes
[15] Les sommes allouées à titre salarial produiront intérêts au taux légal à compter de la réception par l'employeur de sa première convocation devant le conseil de prud'hommes jusqu'au 8 mars 2023, date d'ouverture de la procédure collective. La somme allouée à titre indemnitaire ne produira pas d'intérêts compte tenu de l'ouverture d'une procédure collective.
[16] L'AGS sera tenu dans les limites légales et réglementaires de sa garantie, hors frais irrépétibles et dépens.
[17] Le liquidateur judiciaire de l'employeur remettra au salarié une attestation [6], un solde de tout compte, un certificat de travail et un bulletin de salaire régularisés sans qu'il soit besoin de prononcer une mesure d'astreinte.
[18] Il sera alloué au salarié la somme de 1'400'€ au titre des frais irrépétibles d'appel par application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. Les dépens de première instance et d'appel seront laissés à la charge de la liquidation judiciaire de l'employeur.