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Tribunal judiciaire, référés cabinet 3, 27 juillet 2026 — n° 26/00301

Injonction de rencontre d'un médiateur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il ordonner une médiation préalable dans un litige relatif à des travaux réalisés par un copropriétaire dans une partie commune, avant de statuer sur la demande de démolition ?

Principe retenu

Le juge des référés peut, à tout moment de l'instance, enjoindre aux parties de rencontrer un médiateur ou un conciliateur de justice pour les informer sur l'objet et le déroulement de la médiation. En raison de la nature du litige, notamment en matière de trouble de voisinage, une mesure de médiation peut être ordonnée avant de statuer sur les demandes.

Faits clés

  • Un copropriétaire a édifié un portillon et un mur dans la cour de l'immeuble
  • Le syndicat des copropriétaires et le syndic bénévole ont assigné en référé pour obtenir la démolition sous astreinte
  • Le copropriétaire a soulevé une exception de nullité de l'assignation et contesté la demande
  • Le litige porte sur la qualification de la cour comme partie commune à usage privatif
  • Le juge a décidé d'ordonner une médiation avant de statuer sur les autres demandes

Articles cités

article 1533 du code de procédure civile article 1533-3 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Dispositif

Ordonnons la tenue d'une première rencontre gratuite d'information et d'explication des parties avec un médiateur : A savoir l'association Marseille Médiation - Atelier Coquelicot, [Adresse 5] ([Courriel 1]) ; Invitons les avocats à communiquer au médiateur désigné les coordonnées de leur client (numéro de téléphone, adresse postale et e-mail) dans les huit jours suivant la notification de la présente ordonnance afin de réduire les délais de prise en charge, Donnons mission au médiateur ainsi désigné d'expliquer aux parties le principe, le but et les modalités d'une mesure de médiation, Rappelons que la présence de toutes les parties à cette réunion est obligatoire et que l'assistance d'un avocat est possible, Rappelons que cette réunion d'information est gratuite, Rappelons que l'inexécution de l'injonction de rencontrer le médiateur désigné sans motif légitime est susceptible d'être sanctionné par une amende civile d'un montant maximum de 10 000 €, A l'issue de cette réunion et en cas d'accord des parties, ordonnons une médiation et désignons pour y procéder le médiateur ayant assuré la séance d'information, Rappelons que la médiation a une durée de cinq mois renouvelable une fois pour une durée de trois mois à la demande du médiateur, et ce à compter du paiement de la consignation à valoir sur ses honoraires, Disons qu'à l'expiration de sa mission, le médiateur devra informer la juridiction mandante de ce que les parties sont parvenues ou non à trouver une solution au litige qui les oppose ; Fixons à 1 000 € le montant de la provision à valoir sur la rémunération du médiateur, Disons que chacune des parties, sauf meilleur accord, remettra au médiateur la somme de 500 € à titre de provision à valoir sur le montant de ses honoraires au plus tard lors de la première réunion commune suivant la réunion d'information, à peine de caducité de la mesure de médiation, Disons que dans le cas d'une médiation longue ou de frais élevés exposés, notamment de déplacement, le médiateur pourra soumettre au juge, aussitôt qu'elle apparaîtra justifiée, avec l'accord des parties, une demande tendant à la fixation d'un complément de rémunération, Disons que le complément de rémunération ainsi fixé sera consigné entre les mains du médiateur, Disons qu'en cas de difficultés, la rémunération du médiateur sera fixée par le tribunal, à la demande du médiateur, par une ordonnance de taxe, Dispensons la partie éventuellement bénéficiaire de l'aide juridictionnelle de ce règlement ; Sursoyons à statuer sur les autres demandes des parties ; Renvoyons l'affaire à l'audience de référés du 18 décembre 2026 à 08 heures 30 pour qu'il soit statué sur les autres demandes des parties en cas d'échec de la médiation ou, le cas échéant, sur l'homologation d'un éventuel LE GREFFIER LE MAGISTRAT LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, MANDE ET ORDONNE à tous les Commissaires de justice sur ce requis, de mettre la présente décision à exécution, aux Procureurs Généraux près les [Localité 2] d’Appel et aux Procureurs de la République près les Tribunaux Judiciaires, d’y tenir la main, à tous Commandants et Officiers de la [Localité 3] Publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis. En foi de quoi la présente décision, certifiée conforme à la minute a été signée, scellée et délivrée par le greffier soussigné.

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par assignation du 26 janvier 2026, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble sis [Adresse 4] à [Localité 1] et Mme [E] [D], son syndic bénévole, ont fait assigner en référé M. [V] [W], copropriétaire, afin d'obtenir sa condamnation sous astreinte à la démolition d'un portillon et d'un mur édifiés en rez-de-chaussée dans la cour de l'immeuble, ouvrages constitutifs d'un trouble manifestement illicite, et au paiement de 2 000 € en application de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens. A l'audience du 3 juillet 2026, Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble sis [Adresse 4] et Mme [E] [D] ont réitéré leurs demandes dont ils ont conclu au bien-fondé. M. [V] [W] a opposé " in limine litis " la nullité de la citation du 26 janvier 2026, conclu à l'irrecevabilité des prétentions des demandeurs et, subsidiairement, sollicité au fond leur rejet du fait que la cour litigieuse est une partie commune à usage privatif et que les assemblées de copropriétaires l'ayant décidé ainsi sont aujourd'hui définitives. Il est renvoyé pour plus ample exposé aux conclusions des parties soutenues à l'audience. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 27 juillet 2026, date du prononcé de cette décision.

Motivations de la décision

SUR QUOI, NOUS, JUGE DES REFERES, Conformément aux dispositions de l'article 1533 du code de procédure civile " le juge peut, à tout moment de l'instance, enjoindre aux parties de rencontrer, dans un délai qu'il détermine, un conciliateur de justice ou un médiateur qui les informera sur l'objet et le déroulement de la conciliation ou de la médiation. Au cours de cette rencontre, les parties peuvent être assistées par toute personne ayant qualité pour le faire devant la juridiction saisie. Le juge peut également, dans la décision qui enjoint aux parties de rencontrer un conciliateur de justice ou un médiateur, ordonner une conciliation ou une médiation en subordonnant la mesure au recueil du consentement des parties par le conciliateur de justice ou le médiateur. Les dispositions du chapitre Ier du présent titre sont alors applicables. Pour l'application du premier et du troisième alinéas, le juge peut donner délégation de signature à l'attaché de justice mentionné à l'article L. 123-4 du code de l'organisation judiciaire en matière civile, commerciale, sociale ou rurale. " L'article 1533-3 du code de procédure civile, dispose que " le conciliateur de justice ou le médiateur informe le juge de l'absence d'une partie à la réunion. La partie qui, sans motif légitime, ne défère pas à l'injonction prévue au premier alinéa de l'article 1533 peut être condamnée au paiement d'une amende civile d'un maximum de 10 000 euros. " En raison de la nature du litige, en lien avec un trouble de voisinage, une mesure préalable de médication apparaît devoir être envisagée. Les parties et leurs conseils seront tenus de se rendre à une réunion gratuite d'information avec le médiateur désigné. En cas d'accord de toutes les parties après cette réunion, la mesure de médiation sera ordonnée par la présente décision. Il sera sursis à statuer sur les droits et autres demandes des parties, qui seront réservés. Il convient de rappeler que la présente ordonnance est, de plein droit, exécutoire par provision. PAR CES MOTIFS , JUGEANT PAR ORDONNANCE PRONONCEE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une médiation ordonnée par le juge des référés ?
Dans cette affaire, le juge des référés a ordonné une médiation pour tenter de résoudre le litige entre le syndicat des copropriétaires et un copropriétaire avant de statuer sur la demande de démolition. Les parties doivent participer à une réunion d'information gratuite avec un médiateur, et verser une provision de 500 € chacune pour couvrir les frais.
Quels sont les faits de cette affaire ?
Un copropriétaire a édifié un portillon et un mur dans la cour de l'immeuble, ce que le syndicat des copropriétaires et le syndic bénévole considèrent comme un trouble manifestement illicite. Ils ont demandé en référé la démolition sous astreinte. Le copropriétaire conteste, arguant que la cour est une partie commune à usage privatif.
Quelle est la décision du juge dans cette affaire ?
Le juge des référés n'a pas statué sur la demande de démolition. Il a ordonné une médiation préalable, sursis à statuer sur les autres demandes, et renvoyé l'affaire à une audience ultérieure en cas d'échec de la médiation.
Quels sont les droits du syndicat des copropriétaires en cas de construction non autorisée ?
Le syndicat des copropriétaires peut agir en justice pour faire cesser un trouble manifestement illicite, notamment en demandant la démolition sous astreinte. Cependant, dans cette affaire, le juge a d'abord ordonné une médiation avant d'examiner le fond.
Que se passe-t-il si une partie ne se présente pas à la médiation ?
Selon l'article 1533-3 du code de procédure civile, la partie qui, sans motif légitime, ne défère pas à l'injonction de rencontrer un médiateur peut être condamnée à une amende civile d'un maximum de 10 000 euros.

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