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Tribunal judiciaire, 1ère chambre, 30 juillet 2026 — n° 25/00846

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

La division d'un pavillon en plusieurs appartements dans un lotissement constitue-t-elle une violation du cahier des charges justifiant une remise en état sous astreinte ?

Principe retenu

Le juge ne fait droit à la demande que si elle est régulière, recevable et bien fondée. En l'espèce, l'association syndicale libre n'a pas démontré que la division du pavillon en trois appartements contrevenait au cahier des charges du lotissement, de sorte que sa demande de remise en état a été rejetée.

Faits clés

  • Lotissement [Etablissement 1] créé en 1981 comprenant 31 lots pavillonnaires et 1 lot appartenant à l'OFFICE 64
  • Les consorts [G] sont propriétaires du pavillon lot n°2
  • Le pavillon bâti sur le lot n°2 a été divisé en trois appartements
  • L'Association Syndicale Libre a assigné Mesdames [K] et [N] [G] pour remise en état sous astreinte de 200 € par jour de retard
  • Les défenderesses n'ont pas constitué avocat après la dénonciation de mandat de leur conseil

Articles cités

article 472 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le lotissement [Etablissement 1], situé à [Localité 1], créé en 1981, comprend : - 31 lots pavillonnaires, - et 1 lot appartenant à l’OFFICE 64. Chaque propriétaire est membre de l’Association Syndicale Libre (ASL), gérée par cinq bénévoles. Les consorts [G], propriétaires du pavillon lot n°2. Par acte de commissaire de justice en date du 6 mai 2025, l’Association Syndicale Libre du lotissement d’[Etablissement 1] a fait assigner Madame [K] [G] et Madame [N] [G] devant le tribunal judiciaire de Bayonne et demande de : - condamner in solidum Madame [K] [G] et Madame [N] [G] à remettre en l’état antérieur le lot n°2 du lotissement [Etablissement 1], sous astreinte de 200,00 € par jour de retard à compter de la signification de la décision à intervenir. - condamner in solidum Madame [K] [G] et Madame [N] [G] à verser à L'ASSOCIATION SYNDICALE L1BRE DU LOTISSEMENT D’[Etablissement 1] la somme de 5.000,00 € en réparation de son préjudice, - condamner in solidum Madame [K] [G] et Madame [N] [G] à verser à L'ASSOCIATION SYNDICALE LIBRE DU LOTISSEMENT D’[Etablissement 1] la somme de 3.000,00 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens de la présente instance. - dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire. Par message RPVA en date du 17 mai 2026, Maître [H] [F], constitué pour Mesdames [K] et [N] [G] a dénoncé son mandat. Mesdames [K] et [N] [G] n’ont pas constitué de nouvel avocat de sorte qu’il sera statué par jugement réputé contradictoire. L'ordonnance de clôture est intervenue le 23 avril 2026 et l'affaire a été plaidée à l'audience du 18 mai 2026 pour être mise en délibéré à ce jour. Conformément à l'article 455 du Code de procédure civile, il convient de se reporter à ces conclusions pour plus ample exposé des moyens.

Motivations de la décision

MOTIFS Selon l'article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant cependant droit à la demande que s'il estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la demande de remise en état de l’ASL du LOTISSEMENT [Etablissement 1]. L’Association Syndicale libre du lotissement [Etablissement 1] soutient à l’appui de l’article 14 du cahier des charges du lotissement [Etablissement 1] que Mesdames [K] [G] et [N] [G] contreviennent audit cahier des charges dans la mesure où le pavillon bâti sur le lot n°2, propriété de Madame [K] [G], a été divisé en trois appartements et que Madame [G] occupe un appartement sur ce lot. L’article 14 du cahier des charges de de l’ASL du Lotissement [Etablissement 1] intitulé « Subdivision » prévoit que « toute division est interdite, même dans le cas d’une indivision. Les copropriétaires ne pourront se prévaloir de l’article 815 du Code civil pour déroger à ce principe ». En l’espèce, l’ASL du Lotissement [Etablissement 1] ne démontre pas que Mesdames [G] ont violé les dispositions du cahier des charges du lotissement qui interdisent la division des lots. En effet, l’article 14 du cahier des charges précité interdit la division cadastrale d’un terrain en plusieurs parcelles ou la création de plusieurs lots à bâtir. En revanche, aucune disposition du cahier des charges du lotissment [Etablissement 1] n’interdit la création sur un même lot de plusieurs unités d’habitation. De même, aucune clause du cahier des charges ne prévoit une limitation à une habitation unifamiliale ou à une seule villa par lot. Dans ces conditions, il convient de débouter l’Association Syndicale Libre du Lotissement d’[Etablissement 1] de l’ensemble de ses demandes à l’encontre de Madame [K] [G] et de Madame [N] [G]. Sur les frais du procès et l’exécution provisoire. Sur les dépens : Aux termes de l'article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. En l’espèce, les dépens seront mis à la charge de l’Association Syndicale Libre du Lotissement [Etablissement 1], succombant à l’instance. Sur les frais irrépétibles : En application de l'article 700 du code de procédure civile, le tribunal condamne la partie tenue aux dépens ou la partie perdante à payer à l'autre la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par principe, le tribunal alloue à ce titre une somme correspondant aux frais réellement engagés, à partir des justificatifs produits par les parties, ou, en l’absence de justificatif, à partir des données objectives du litige (nombre de parties, durée de la procédure, nombre d’écritures échangées, complexité de l’affaire, incidents de mise en état, mesure d’instruction, etc.). Par exception et de manière discrétionnaire, le tribunal peut, considération prise de l’équité ou de la situation économique des parties, allouer une somme moindre, voire dire qu’il n’y a lieu à condamnation. Compte tenu du sens de la décision, les demandes formées par l’Association Syndicale Libre du Lotissement d’[Etablissement 1] sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile seront rejetées. Sur l’exécution provisoire : Il convient de rappeler qu'en application de l' article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l’espèce, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le TRIBUNAL, par décision mise à disposition au greffe, en matière civile, réputée contradictoire et en premier ressort, DEBOUTE l’Association Syndicale Libre du Lotissement d’[Etablissement 1] de l’ensemble de ses demandes. REJETTE les demandes formées par l’Association Syndicale Libre du Lotissement d’[Etablissement 1] sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile. CONDAMNE l’Association Syndicale Libre du Lotissement d’[Etablissement 1] aux dépens. RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire de droit. Le présent jugement a été signé par [...], Vice-présidente, et par [...], Greffière principale. La Greffière, La Juge, [...] [...]

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une association syndicale libre (ASL) ?
Une association syndicale libre est une personne morale regroupant les propriétaires d'un lotissement pour assurer la gestion des parties communes et le respect du cahier des charges. Elle peut agir en justice pour faire respecter les règles.
Le cahier des charges d'un lotissement peut-il interdire la division d'un pavillon ?
Oui, le cahier des charges peut contenir des clauses restrictives, mais encore faut-il qu'elles soient claires et opposables. Dans cette affaire, l'ASL n'a pas démontré que la division en trois appartements violait le cahier des charges, donc la demande a été rejetée.
Que risque-t-on si on ne respecte pas le cahier des charges ?
En cas de violation, l'ASL peut demander en justice la remise en état sous astreinte et des dommages-intérêts. Cependant, le juge n'accorde ces mesures que si la violation est prouvée.
Comment contester une demande de remise en état ?
Il faut comparaître et démontrer que la demande n'est pas fondée, par exemple en prouvant que le cahier des charges n'interdit pas la division ou que celle-ci est conforme. En l'espèce, les défenderesses n'ont pas comparu, mais le juge a quand même rejeté la demande faute de preuve.
Que se passe-t-il si je ne comparais pas à une audience ?
Le juge statue par jugement réputé contradictoire. Il examine la demande et ne l'accorde que si elle est régulière, recevable et bien fondée. Dans cette affaire, malgré l'absence des défenderesses, la demande a été rejetée car l'ASL n'a pas prouvé la violation.
Quels sont les recours contre une décision du tribunal judiciaire en matière de lotissement ?
La décision peut faire l'objet d'un appel dans les délais légaux. En première instance, le jugement est assorti de l'exécution provisoire de droit, sauf décision contraire.

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