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Signature d'un contrat de gré à gré après absence de candidatures Droit administratif

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un avis de publication a été publié le 14/05/2025 concernant une « Concession de service public » et n’a reçu aucune candidature/offre. Est ce que plus d'un an après la commune peut elle signer un contrat de gré à gré sans refaire de publicité ?
Sur le plan juridique, la possibilité pour une commune de signer un contrat de concession de "gré à gré" (procédure négociée sans publicité ni mise en concurrence préalable) après un échec initial est strictement encadrée. Si le délai de plus d'un an (14 mois dans votre cas) n'est pas formellement interdit par le Code de la commande publique, il fait peser un **risque juridique majeur** sur la validité du contrat. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ## 1. Le principe : La négociation après une procédure infructueuse Lorsqu'un avis de concession a été publié et n'a reçu aucune candidature ou aucune offre, l'autorité concédante peut effectivement passer à une procédure négociée sans nouvelle publicité. Toutefois, cette liberté est limitée par deux conditions cumulatives : * **L'absence de modification substantielle :** Selon [Article L3124-1 du Code de la commande publique](/articles/code-de-la-commande-publique/L3124-1) [Article L3124-1 du Code de la commande publique](/articles/code-de-la-commande-publique/L3124-1), la négociation ne peut en aucun cas porter sur l'objet de la concession, les critères d'attribution ou les conditions minimales indiquées initialement. Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise. ## 2. Le "Coup d'après" : Le risque lié au délai de 14 mois Le Code ne fixe pas de "date de péremption" précise pour l'infructuosité. Cependant, signer un contrat en juillet 2026 sur la base d'une publicité de mai 2025 expose la commune à plusieurs critiques : * **L'évolution du contexte économique :** En 14 mois, les conditions économiques (inflation, coûts des matériaux, taux d'intérêt) ont probablement évolué. Un candidat évincé ou un contribuable pourrait arguer que si les conditions avaient été actualisées dans un nouvel avis, d'autres entreprises auraient pu répondre. * **Le détournement de procédure :** Si la commune a modifié ne serait-ce qu'une clause financière ou technique pour rendre le contrat attractif au futur signataire "gré à gré", elle commet une irrégularité grave. Toute modification pour s'adapter au marché après un an est considérée comme une modification substantielle. ## 3. La charge de la preuve et les risques Si la commune décide de signer sans nouvelle publicité, elle doit être en mesure de prouver : 1. **Le procès-verbal d'infructuosité :** Un document formel daté de 2025 constatant l'absence d'offre. 2. **L'identité stricte des conditions :** Le contrat signé en 2026 doit être le "copier-coller" technique et financier du projet de contrat de 2025. **Le risque "Go/No-Go" :** Le risque est un **recours en contestation de validité du contrat** (recours "Tarn-et-Garonne") par un tiers évincé. Le juge administratif est très strict sur le maintien des conditions initiales. Si le juge estime qu'une nouvelle publicité aurait été nécessaire vu le temps écoulé, il peut prononcer la résiliation, voire l'annulation du contrat. ## Stratégie et recommandations Face à un délai aussi long (plus d'un an), la prudence administrative commande de **relancer une procédure simplifiée** plutôt que de risquer une annulation coûteuse. 1. **Vérification interne :** Comparez scrupuleusement le projet de contrat actuel avec le dossier de consultation de mai 2025. Si un seul indice de prix ou une seule obligation de service a changé, le gré à gré est illégal. 2. **Option sécurisée :** Publier un nouvel avis. Si le besoin est urgent et que le montant est faible, vérifiez si vous ne pouvez pas bénéficier de procédures allégées selon le seuil de la concession. 3. **Audit du motif d'infructuosité :** Pourquoi n'y a-t-il eu aucune offre en 2025 ? Si c'est parce que le contrat n'était pas rentable, il est impossible de le signer en gré à gré en 2026 sans le modifier (et donc sans repasser par une publicité). Je peux vous aider à lister les éléments précis qui, s'ils ont été modifiés dans le contrat final, entraîneraient systématiquement l'annulation de la procédure devant le juge administratif. Souhaitez-vous que nous examinions ces points de vigilance ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L3124-1 du Code de la commande publique

Lorsque l'autorité concédante recourt à la négociation pour attribuer le contrat de concession, elle organise librement la négociation avec un ou plusieurs soumissionnaires dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. La négociation ne peut porter sur l'objet de la concession, les critères d'attribution ou les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation.

📄 Article R3124-1 du Code de la commande publique

Lorsque l'autorité concédante fait usage de la possibilité de négocier prévue à l'article L. 3121-1, elle peut décider de limiter le nombre de soumissionnaires admis à participer à la négociation. Elle procède à la sélection du ou des soumissionnaires en appliquant les critères d'attribution fixés aux articles R. 3124-4 et R. 3124-5.
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avez-vous de la jurisprudence pour ce cas ?
La jurisprudence administrative confirme que le recours au gré à gré après une procédure infructueuse est une faculté légale, mais elle impose une **identité stricte** entre le projet initial et le contrat final. Le délai de 14 mois que vous mentionnez est particulièrement risqué au regard de cette exigence. Voici les arrêts et principes clés applicables à votre situation : ### 1. La limite absolue : l'absence de "modification substantielle" Le Conseil d'État et les tribunaux administratifs rappellent de manière constante que la négociation ne doit pas remettre en cause l'économie générale du contrat. * **Jurisprudence récente :** Le **Tribunal administratif de Toulouse (30 juin 2025, n° 2503906)** a rappelé que l'autorité concédante peut négocier librement les offres, à condition de ne pas toucher à l'objet de la concession, aux critères d'attribution ou aux **conditions minimales** définies initialement. * **Portée :** Si, pour attirer un prestataire en 2026, la commune a dû "lâcher du lest" (ex: augmenter la durée, réduire les redevances, ou modifier le périmètre du service par rapport à l'avis de mai 2025), le contrat est entaché d'illégalité. Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise. ### 2. Le risque lié au délai (Le "Coup d'après") Il n'existe pas de délai de péremption textuel pour un procès-verbal d'infructuosité. Cependant, plus le temps passe, plus le risque de contestation augmente : * **L'évolution du marché :** En 14 mois, les conditions économiques ont changé. Un concurrent pourrait soutenir devant le juge que les conditions de 2025 ne sont plus adaptées au marché de 2026. Si une nouvelle publicité avait été faite, d'autres candidats auraient pu se manifester. * **Le détournement de procédure :** Le juge pourrait suspecter que la commune a attendu volontairement pour choisir un opérateur spécifique sans concurrence. Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise. ### 3. Le risque contentieux "Tarn-et-Garonne" Depuis l'arrêt **CE, 4 avril 2014, Département de Tarn-et-Garonne**, tout tiers évincé ou susceptible d'être lésé peut contester la validité du contrat devant le juge administratif dans un délai de 2 mois après la publicité de la signature. * **Conséquence :** Si un concurrent apprend que la commune a signé de gré à gré en 2026 sur la base d'une infructuosité de 2025, il pourra demander l'annulation du contrat en prouvant que les conditions ont été modifiées pour favoriser le signataire ou que le délai a faussé la concurrence. ### 4. Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise. 1353 Code civil) En cas de recours, c'est à la commune de prouver qu'elle remplit les conditions de l'article [L3124-1 du Code de la commande publique](/articles/code-de-la-commande-publique/L3124-1). Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise. La commune devra donc produire : 1. Le PV d'infructuosité de mai 2025. 2. Un tableau comparatif prouvant que le contrat 2026 est **identique** au projet 2025. ### Recommandation stratégique (Go/No-Go) **Le risque est jugé ÉLEVÉ.** Un délai de 14 mois est une "zone rouge" administrative. * **Si le contrat est identique à 100 % :** Vous pouvez tenter le gré à gré, mais préparez un dossier de traçabilité solide. * **Si le contrat a été ajusté :** Il est impératif de relancer une publicité. Une procédure simplifiée (avis d'intention de conclure ou avis de concession selon les seuils) prendra quelques semaines mais sécurisera les années d'exécution à venir. Souhaitez-vous que je vérifie pour vous si le montant de votre concession vous permet de bénéficier d'une procédure de publicité simplifiée (en dessous des seuils européens) ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 1353 du Code civil

Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.
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