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Depuis que mon fils avait 7 mois, il est resté du côté de sa famille paternelle et, depuis notre séparation, ils m’empêchent de le voir malgré mes nombreuses tentatives. Aujourd’hui il a 2 ans et la situation continue. Récemment, j’ai signé une autorisation parentale pour qu’il puisse voyager avec son père parce qu’on m’avait promis que je pourrais continuer à voir mon enfant, mais ça n’a pas été respecté. Je cherche simplement à retrouver ma place de mère et à pouvoir avoir un lien normal avec mon fils.
## Votre droit à maintenir un lien avec votre fils
Ce que vous décrivez est juridiquement sérieux. Le fait que votre fils ait été principalement entouré par sa famille paternelle depuis ses 7 mois ne vous fait pas perdre votre qualité de mère ni, en principe, votre autorité parentale. La séparation des parents n’a pas pour effet de supprimer les droits de l’un d’eux, et chaque parent doit respecter les relations de l’enfant avec l’autre parent. [Article 373-2 du Code civil](/articles/code-civil/373-2)
La famille paternelle ne peut pas décider seule de vous exclure durablement de la vie de votre enfant. Le père ne peut pas davantage transformer une autorisation ponctuelle de voyage en abandon de vos droits : tout dépend toutefois de la formulation exacte du document signé et de l’existence éventuelle d’une décision judiciaire ou d’un accord homologué.
## Ce que vous pouvez faire rapidement
### 1. Vérifier s’il existe déjà un titre applicable
Il faut déterminer si vous disposez de l’un des documents suivants :
- une décision du juge aux affaires familiales ;
- une convention parentale homologuée ;
- une convention de divorce ;
- un accord écrit fixant vos droits de visite ;
- ou aucun document officiel.
Cette distinction est essentielle :
- **S’il existe une décision vous accordant un droit de visite**, le refus répété peut constituer une inexécution de cette décision. Le juge peut notamment ordonner une astreinte et prendre des mesures pour garantir l’effectivité du maintien des liens avec l’enfant. [Article 373-2-6 du Code civil](/articles/code-civil/373-2-6)
- **S’il n’existe aucune décision**, il faut saisir rapidement le juge aux affaires familiales afin qu’il fixe officiellement votre résidence de référence éventuelle, votre droit de visite et d’hébergement, les modalités de remise de l’enfant et, si nécessaire, des mesures provisoires.
À 2 ans, le juge pourra privilégier une reprise progressive si l’enfant a été éloigné de vous pendant longtemps, mais cela ne signifie pas que votre demande serait rejetée. Il pourra prévoir des rencontres en espace de rencontre, puis une augmentation progressive des temps avec vous.
### 2. Saisir le juge aux affaires familiales
Vous pouvez demander notamment :
- un droit de visite immédiat et organisé ;
- des rencontres dans un espace de rencontre ou en présence d’un tiers au départ ;
- une astreinte en cas de non-présentation de l’enfant ;
- des modalités précises de transport et de remise de l’enfant ;
- l’interdiction de sortie du territoire français sans l’autorisation des deux parents, si le risque de départ ou de non-retour le justifie. Cette mesure peut être ordonnée par le juge aux affaires familiales. [Article 373-2-6 du Code civil](/articles/code-civil/373-2-6)
Dans votre situation, il est important de démontrer que votre demande est centrée sur **l’intérêt de votre fils**, et non sur un conflit avec sa famille paternelle : stabilité affective, maintien de ses repères, reprise progressive du lien mère-enfant et absence de danger pour lui.
### 3. Constituer immédiatement les preuves
Conservez et classez :
- tous les SMS, courriels et messages démontrant vos demandes de voir votre fils ;
- les promesses selon lesquelles vous pourriez continuer à le voir ;
- la preuve de vos tentatives de contact restées sans réponse ;
- les dates précises des refus ou annulations ;
- l’autorisation parentale de voyage signée ;
- toute preuve du voyage, de la destination et du retour éventuel ;
- les attestations de proches décrivant votre relation avec votre enfant et vos démarches ;
- les éléments démontrant votre capacité à l’accueillir : logement, disponibilité, organisation de garde, suivi médical ou administratif.
Évitez les messages agressifs ou les accusations générales contre la famille paternelle. Écrivez de manière factuelle, par exemple : « Je demande à voir notre fils le [date]. Merci de me confirmer les modalités de remise. » Ces échanges pourront être produits au juge.
## Attention à la plainte pénale
Le refus de remettre un enfant peut relever de la non-représentation d’enfant, punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. [Article 227-5 du Code pénal](/articles/code-penal/227-5)
Cependant, cette qualification suppose généralement que la personne qui réclame l’enfant dispose d’un droit juridiquement établi et que l’autre personne refuse de le représenter. **Si aucune décision ni convention exécutoire ne fixe actuellement vos droits de visite, une plainte pénale risque d’être moins efficace immédiatement.** La priorité est alors d’obtenir une décision du juge aux affaires familiales.
Vous pouvez néanmoins déposer une plainte ou au minimum effectuer une déclaration auprès des autorités si vous craignez une dissimulation de l’enfant, un départ à l’étranger ou une rupture totale de contact. La plainte ne remplace pas la saisine du juge.
## Le point sensible de l’autorisation de voyage
La signature de cette autorisation peut être présentée par le père comme la preuve que vous aviez accepté le voyage. Elle ne prouve pas, à elle seule, que vous avez renoncé à votre autorité parentale ou à votre relation avec votre enfant, surtout si elle était limitée à un déplacement déterminé.
Votre argument doit être clairement formulé :
> J’ai signé cette autorisation dans le contexte d’un engagement précis : la poursuite de mes relations avec mon fils. Je n’ai jamais consenti à être privée durablement de tout contact avec lui.
Ne prétendez pas que la promesse constitue automatiquement un contrat juridiquement contraignant si vous ne disposez pas d’un écrit précis. En revanche, les messages et témoignages établissant cette promesse peuvent être utiles pour démontrer le contexte et la mauvaise foi éventuelle.
## Stratégie recommandée
1. **Envoyer un dernier message écrit, calme et daté**, demandant une rencontre précise et rappelant que vous souhaitez une reprise progressive du lien.
2. **Ne pas attendre une nouvelle promesse** : préparer immédiatement une requête devant le juge aux affaires familiales.
3. Demander, si nécessaire, une **mesure provisoire urgente** avec reprise des rencontres dans un cadre sécurisé.
4. Joindre une chronologie complète depuis les 7 mois de l’enfant jusqu’à aujourd’hui.
5. En cas de décision déjà existante non respectée, faire constater chaque refus et envisager simultanément la plainte pour non-représentation d’enfant.
Le risque principal est que le père soutienne que l’enfant vit depuis longtemps dans son environnement habituel et qu’une reprise brutale serait déstabilisante. Pour prévenir cet argument, demandez vous-même une reprise **progressive, encadrée et immédiatement mise en œuvre**, plutôt qu’un droit d’hébergement maximal dès le premier jour.
Aucune jurisprudence officielle vérifiable n’a été trouvée pour cette question précise.
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 373-2 du Code civil
La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l'exercice de l'autorité parentale. Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les liens de celui-ci avec l'autre parent. A cette fin, à titre exceptionnel, à la demande de la personne directement intéressée ou du juge aux affaires familiales, le procureur de la République peut requérir le concours de la force publique pour faire exécuter une décision du juge aux affaires familiales, une convention de divorce par consentement mutuel prenant la forme d'un acte sous signature privée contresigné par avocats déposé au rang des minutes d'un notaire ou une convention homologuée fixant les modalités d'exercice de l'autorité parentale. Tout changement de résidence de l'un des parents, dès lors qu'il modifie les modalités d'exercice de l'autorité parentale, doit faire l'objet d'une information préalable et en temps utile de l'autre parent. En cas de désaccord, le parent le plus diligent saisit le juge aux affaires familiales qui statue selon ce qu'exige l'intérêt de l'enfant. Le juge répartit les frais de déplacement et ajuste en conséquence le montant de la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Le présent alinéa ne s'applique pas au parent bénéficiaire d'une autorisation de dissimuler son domicile ou sa résidence prévue au 6° bis de l'article 515-11 si l'ordonnance de protection a été requise à l'encontre de l'autre parent.
📄 Article 373-2-6 du Code civil
Le juge du tribunal judiciaire délégué aux affaires familiales règle les questions qui lui sont soumises dans le cadre du présent chapitre en veillant spécialement à la sauvegarde des intérêts des enfants mineurs. Le juge peut prendre les mesures permettant de garantir la continuité et l'effectivité du maintien des liens de l'enfant avec chacun de ses parents. Il peut notamment ordonner l'interdiction de sortie de l'enfant du territoire français sans l'autorisation des deux parents. Cette interdiction de sortie du territoire sans l'autorisation des deux parents est inscrite au fichier des personnes recherchées par le procureur de la République. Il peut également, en cas de désaccord entre les parents sur l'exercice du droit à l'image de l'enfant, interdire à l'un des parents de diffuser tout contenu relatif à l'enfant sans l'autorisation de l'autre parent. Il peut, même d'office, ordonner une astreinte pour assurer l'exécution de sa décision. Si les circonstances en font apparaître la nécessité, il peut assortir d'une astreinte la décision rendue par un autre juge ainsi que l'accord parental constaté dans l'un des titres mentionnés aux 1° et 2° du I de l' article 373-2-2 . Les dispositions des articles L. 131-2 à L. 131-4 du code des procédures civiles d'exécution sont applicables. Il peut également, lorsqu'un parent fait délibérément obstacle de façon grave ou renouvelée à l'exécution de l'un des titres mentionnés aux 1° à 6° du I de l'article 373-2-2, le condamner au paiement d'une amende civile d'un montant qui ne peut excéder 10 000 €.
📄 Article 227-5 du Code pénal
Le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
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Je n’ai pas ces documents je n’ai pas encore commencé avec les procédures
Vous pouvez commencer même sans décision judiciaire ni convention écrite. Dans ce cas, l’objectif prioritaire est de saisir le **juge aux affaires familiales** pour faire fixer officiellement vos droits et organiser la reprise du lien avec votre fils.
## Démarche prioritaire
### 1. Rassembler les éléments disponibles
Même sans « dossier » officiel, conservez :
- les SMS, courriels et messages demandant à voir votre fils ;
- les réponses ou refus du père et de sa famille ;
- les échanges relatifs à la promesse de maintien des visites ;
- l’autorisation de voyage que vous avez signée ;
- les documents établissant votre identité et votre lien de filiation ;
- tout élément montrant que vous êtes disponible et en mesure d’accueillir votre enfant.
Ne supprimez aucun message. Faites des captures complètes, avec les dates et les numéros ou noms des interlocuteurs.
### 2. Demander une reprise concrète du contact
Vous pouvez envoyer au père un message bref, calme et précis, par exemple :
> Je souhaite que nous organisions rapidement la reprise de mes contacts avec notre fils. Je propose une première rencontre le [date], dans un lieu calme et adapté à son âge, pour une durée de [durée].
> Je souhaite une reprise progressive et apaisée, dans son intérêt. Merci de me confirmer par écrit les modalités pratiques.
Évitez les menaces et les reproches généraux. L’objectif est de créer une preuve claire de votre démarche raisonnable.
### 3. Saisir le juge aux affaires familiales
Vous pourrez demander :
- un droit de visite régulier ;
- une reprise progressive, éventuellement dans un espace de rencontre ;
- des modalités précises de remise de l’enfant ;
- puis, si la reprise se déroule bien, une extension progressive des temps passés avec vous ;
- des mesures provisoires si l’absence de contact se poursuit.
Le juge examine notamment l’intérêt de l’enfant, la capacité de chaque parent à respecter la place de l’autre et les conditions concrètes d’accueil. Votre demande doit donc insister sur une reprise stable, progressive et sécurisante.
La bonne foi dans l’exécution des engagements constitue un principe applicable aux contrats. Ce point juridique doit être confirmé par une source officielle plus explicite avant de pouvoir être affirmé avec une référence précise.
## Comment engager la procédure
Vous pouvez :
1. télécharger le formulaire de saisine du juge aux affaires familiales sur le site officiel de la justice ;
2. joindre une chronologie simple et datée ;
3. exposer vos demandes concrètes ;
4. joindre vos pièces numérotées ;
5. déposer ou envoyer le dossier au tribunal judiciaire compétent, généralement celui du lieu de résidence habituelle de l’enfant.
Un avocat n’est pas toujours obligatoire devant le juge aux affaires familiales, mais une consultation peut être très utile dans une situation où le lien avec l’enfant est interrompu depuis longtemps. Vous pouvez aussi vérifier votre éligibilité à l’aide juridictionnelle.
## Ce qu’il faut éviter
- vous rendre au domicile de la famille paternelle pour prendre l’enfant vous-même ;
- multiplier les appels ou messages au point qu’ils puissent être présentés comme du harcèlement ;
- signer un nouveau document sans en conserver une copie et sans comprendre exactement sa portée ;
- attendre indéfiniment une promesse orale.
## Évaluation réaliste
Votre absence actuelle de décision judiciaire ne vous empêche pas d’agir, mais elle rend plus difficile une intervention pénale immédiate pour non-présentation d’enfant. La démarche la plus solide est donc d’obtenir d’abord un cadre judiciaire.
Le père pourrait soutenir que votre fils est habitué à vivre dans son environnement actuel et qu’une reprise immédiate serait déstabilisante. Pour anticiper cet argument, demandez une reprise progressive et proposez vous-même des modalités concrètes : rencontres courtes, lieu neutre, horaires réguliers, puis évolution selon l’adaptation de l’enfant.
Si vous le souhaitez, je peux vous rédiger une **chronologie prête à joindre au dossier du juge**, ainsi qu’un modèle de demande de reprise de contact à envoyer au père.
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Sources officielles Légifrance
📄 Article 1104 du Code civil
Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette disposition est d'ordre public.
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