Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
Justiweb

Formalisation des dons collectés par une commune pour des villes sinistrées Droit administratif

💡 Votre cas est différent ? Posez votre question à l'IA

Nouvelle conversation — décrivez votre situation (faits, dates, ce que vous voulez obtenir).

Indépendante de cette conversation

Des milliers de justiciables clarifient déjà leur situation avec Justiweb.

👤
une commune veut faire des réunions pour inciter des entreprises et des particuliers à faire des dons pour les villes sinistrées. Comment doit être formalisée le don de biens et le don financier ? est ce que la ville doit accepter le don et ensuite le remettre à la ville sinistrée, quel acte formalise cette transaction ? si la ville recueille de l'argent, comment la reverser aux villes sinistrées ? quel acte pour le formaliser ?
## Principe La commune doit éviter de mélanger trois opérations distinctes : 1. **recevoir les dons** des entreprises et particuliers ; 2. **accepter juridiquement ces dons** ; 3. **les transférer à la commune sinistrée ou à un organisme habilité**. Une commune ne peut engager des dépenses que dans le cadre de son intérêt public local. Le conseil municipal règle les affaires de la commune et peut émettre des vœux sur les objets d’intérêt local [Article L2121-29 du Code général des collectivités territoriales](/articles/code-general-des-collectivites-territoriales/L2121-29). Il faut donc rattacher l’opération à un objectif communal identifiable : solidarité intercommunale, aide à une commune sinistrée, action d’intérêt général, etc. ## 1. Dons financiers ### Formalisation recommandée La commune devrait adopter une **délibération du conseil municipal** précisant : - l’objet de la collecte ; - les bénéficiaires finaux ; - la durée et les modalités de collecte ; - l’ouverture ou l’utilisation d’une ligne budgétaire dédiée ; - l’autorisation donnée au maire pour accepter les dons ; - les modalités de reversement ; - les règles de transparence et de reddition des comptes. Chaque don devrait ensuite être matérialisé par : - un **bulletin ou formulaire de don** ; - l’identité du donateur ; - le montant ; - la date ; - l’affectation du don ; - le moyen de paiement ; - une mention indiquant si le don est anonyme ou nominatif. Les fonds doivent être encaissés par le **comptable public**, conformément aux règles de la comptabilité publique. Il est déconseillé de faire transiter les sommes sur un compte privé, une cagnotte personnelle ou une association non mandatée. ### Reversement à la commune sinistrée Le reversement doit être encadré par une **convention entre les deux communes**, approuvée par délibérations concordantes. Cette convention devrait prévoir : - le montant ou la méthode de détermination du montant reversé ; - la destination précise des fonds ; - l’interdiction de réaffectation sans accord ; - le calendrier du versement ; - les justificatifs d’utilisation ; - les modalités de restitution des sommes non utilisées ; - la communication d’un bilan aux donateurs et aux conseils municipaux. Le versement est ensuite exécuté par un **mandat administratif**, sur la base de la délibération et de la convention. ### Attention importante Une commune ne devrait pas simplement collecter de l’argent puis le reverser sans délibération ni convention. La commune opposée pourrait soutenir que : - l’aide est dépourvue d’intérêt public local ; - le conseil municipal n’a pas autorisé l’opération ; - les fonds ont été affectés à une destination différente ; - la commune collectrice a excédé ses compétences. La convention et la traçabilité comptable sont donc essentielles. ## 2. Dons de biens ### Don direct de biens Pour des biens déterminés — matériel, mobilier, équipements, fournitures — il faut établir une **convention de don ou de mise à disposition**, signée entre : - le donateur ; - la commune collectrice, si elle reçoit temporairement les biens ; - et, idéalement, la commune sinistrée, bénéficiaire finale. La convention doit préciser : - la désignation et la quantité des biens ; - leur valeur estimative ; - leur état ; - la date de remise ; - le transfert de propriété ; - les frais de transport ; - les assurances et responsabilités ; - la destination obligatoire ; - les conditions de refus ou de restitution. Un **procès-verbal de remise** ou un bordereau signé doit constater la livraison effective. ### Acceptation par la commune collectrice Si la commune collectrice devient temporairement propriétaire ou dépositaire des biens, elle doit faire formaliser : 1. l’acceptation du don par l’autorité compétente ; 2. l’inscription éventuelle des biens dans son inventaire ; 3. la remise à la commune sinistrée par une convention ou un procès-verbal distinct. En pratique, la solution la plus sûre consiste à prévoir un **don tripartite** : donateur → commune sinistrée, avec intervention de la commune collectrice uniquement pour organiser la collecte et le transport. Cela évite une double mutation de propriété. ## 3. Peut-on confier la collecte à un tiers ? Oui, mais il faut une **convention écrite** définissant précisément le mandat, les fonds concernés, les contrôles et la reddition des comptes. Le CGCT permet aux collectivités de confier à un tiers l’instruction de demandes et la préparation de décisions d’attribution d’aides financières [Article L1611-7 du Code général des collectivités territoriales](/articles/code-general-des-collectivites-territoriales/L1611-7). Cette disposition ne dispense toutefois pas la commune de prendre elle-même les décisions nécessaires et de garantir la traçabilité des fonds. ## Schéma conseillé ### Étape 1 — Délibération initiale Le conseil municipal autorise : - l’organisation des réunions et de la collecte ; - l’acceptation des dons ; - l’ouverture d’un dispositif comptable dédié ; - le principe du reversement ; - la signature des conventions. ### Étape 2 — Collecte - dons financiers encaissés par le comptable public ; - dons matériels enregistrés dans un inventaire ou un bordereau ; - reçu remis au donateur ; - conservation de toutes les pièces. ### Étape 3 — Convention avec la commune sinistrée Elle fixe la destination et les obligations de chacune des communes. ### Étape 4 — Reversement - argent : mandat administratif ; - biens : procès-verbal de remise et, si nécessaire, convention de transfert de propriété. ### Étape 5 — Bilan Présenter au conseil municipal un bilan des sommes reçues, des biens collectés et des reversements effectués. Le risque principal est de créer une collecte juridiquement floue, sans bénéficiaire clairement identifié. La formule la plus sécurisée est donc : **délibération préalable + comptable public + convention avec la commune sinistrée + mandat ou procès-verbal de remise + bilan public**.
⚖️

Sources officielles Légifrance

📄 Article L2121-29 du Code général des collectivités territoriales

Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. Il donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et règlements, ou qu'il est demandé par le représentant de l'Etat dans le département. Lorsque le conseil municipal, à ce régulièrement requis et convoqué, refuse ou néglige de donner avis, il peut être passé outre. Le conseil municipal émet des voeux sur tous les objets d'intérêt local.

📄 Article L1611-7 du Code général des collectivités territoriales

I. - Les collectivités territoriales et leurs établissements publics peuvent confier à un tiers l'instruction des demandes et la préparation des décisions d'attribution des aides et prestations financières qu'ils assument ou instituent. II. - Les collectivités territoriales et leurs établissements publics peuvent, par convention écrite, confier à un organisme doté d'un comptable public l'attribution et le paiement des dépenses relatives : - aux bourses d'action sanitaire et sociale ; - aux aides qu'ils accordent en matière d'emploi, d'apprentissage et de formation professionnelle continue ; - aux aides complémentaires à des aides nationales ou communautaires gérées par cet organisme ; - ou à d'autres dépenses énumérées par décret. La convention emporte mandat donné à l'organisme d'exécuter ces opérations au nom et pour le compte de la collectivité territoriale ou de l'établissement public mandant. La convention prévoit une reddition au moins annuelle des comptes des opérations et des pièces correspondantes. Elle peut aussi prévoir le recouvrement et l'apurement par l'organisme mandataire des éventuels indus résultant de ces paiements. III. - Les collectivités territoriales et leurs établissements publics peuvent, par convention écrite, confier à un organisme doté d'un comptable public ou habilité par l'Etat l'attribution et le paiement des dépenses relatives à la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle ainsi que le recouvrement des recettes et le paiement des dépenses relatives à l'hébergement des publics dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance. La convention emporte mandat donné à un organisme habilité par l'Etat d'exécuter ces opérations au nom et pour le compte de la collectivité territoriale ou de l'établissement public mandant. La convention prévoit une reddition au moins annuelle des comptes des opérations et des pièces correspondantes. Elle peut aussi prévoir le recouvrement et l'apurement par un organisme habilité par l'Etat des éventuels indus résultant de ces paiements. Un décret précise les conditions d'habilitation des organismes agréés. IV. - Les collectivités territoriales et leurs établissements publics peuvent, par convention écrite, confier à un organisme public ou privé le paiement des dépenses au moyen d'un instrument de paiement au sens du c de l' article L. 133-4 du code monétaire et financier et autorisé par décret, ou la délivrance de cet instrument de paiement aux bénéficiaires de ces dépenses. Les dépenses mentionnées au premier alinéa du présent IV doivent être relatives : 1° Aux aides, secours et bourses ; 2° Aux prestations d'action sociale ; 3° Aux frais de déplacement, d'hébergement et de repas des agents et des élus locaux ; 3° bis Aux immeubles ou aux domaines leur appartenant et confiés en gérance ; 4° A d'autres dépenses énumérées par décret. La convention emporte mandat donné à l'organisme d'exécuter ces opérations au nom et pour le compte de la collectivité territoriale ou de l'établissement public mandant. La convention prévoit une reddition au moins annuelle des comptes des opérations et des pièces correspondantes. Elle peut aussi prévoir le recouvrement et l'apurement des éventuels indus résultant de ces paiements. V. - Les dispositions comptables et financières nécessaires à l'application du présent article sont précisées par décret.
💡 Vous avez une situation similaire ? Démarrez votre propre consultation juridique

Nouvelle conversation — expliquez votre cas en quelques phrases (pas besoin de reprendre le fil ci-dessus).

Indépendante de cette conversation

Gratuit pour commencer · sans engagement · sources officielles

📄

Document volumineux détecté

Vos fichiers contiennent 0 caractères pour une limite de 100 000 maximum autorisée.

Taille des documents 0%
⚖️ D'autres questions sur Droit administratif ? Justiweb vous répond gratuitement.