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Démission et chômage après refus de passage à 80% et management toxique Droit du travail

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Je suis salariée en tant qu'ingénieur support depuis 12 ans. Depuis 2 ans, je subis un management toxique (micro management, aucune réponse aux questions, aucune communication, demande de mise en place de process illogiques...). J'en ai parlé a la médecine du travail qui me dit ne rien pouvoir faire. J'en ai parlé au CE de l'entreprise qui dit vouloir mettre en place un questionnaire de bien être au travail d'ici 2 ans, ce qui ne va pas m'aider. J'en ai parlé a mes collègues et on a tous remonté le même mal être. Mais nous n'avons eu aucune réponse du management. J'ai donc décidé de débuter une nouvelle formation pour reconversion professionnelle et donc de me mettre a 80%. Ma demande a été verbalement acceptée, puis refusée par email. Je voulais démissionner, mais cela va m'empêcher de toucher le chômage. L'entreprise refuse les ruptures conventionnelles. Comment partir et avoir droit au chômage?
Oui, vous pouvez potentiellement partir avec l’ARE, mais **ne démissionnez pas avant d’avoir sécurisé votre projet de reconversion**. Dans votre situation, la voie la plus prudente est la **démission-reconversion**, et non la prise d’acte immédiate. ## 1. La solution la plus sûre : démissionner pour reconversion Vous indiquez 12 ans d’ancienneté : vous semblez donc remplir la condition des **5 années d’activité salariée continue**, sous réserve de vérifier votre historique exact. Le dispositif exige notamment : 1. un accompagnement préalable par un **Conseil en évolution professionnelle (CEP)** ; 2. un projet de formation précisément défini ; 3. la validation du caractère **réel et sérieux** du projet par **Transitions Pro** ; 4. seulement ensuite, la démission ; 5. l’inscription à France Travail dans les **6 mois suivant la validation** du projet. ([unedic-preprod.unedic.org](https://unedic-preprod.unedic.org/l-assurance-chomage-et-vous/demandeur-d-emploi-ou-salarie/mes-droits-en-fonction-de-mon-parcours/je-demissionne-pour-mener-un-projet-professionnel-ai-je-droit-aux-allocations-chomage)) La formation doit être documentée : programme, calendrier, coût, prérequis, financement et débouchés professionnels. La validation doit impérativement intervenir **avant la démission** ; en cas de refus, vous risquez de ne pas avoir droit à l’ARE. ([unedic-preprod.unedic.org](https://unedic-preprod.unedic.org/l-assurance-chomage-et-vous/demandeur-d-emploi-ou-salarie/mes-droits-en-fonction-de-mon-parcours/je-demissionne-pour-mener-un-projet-professionnel-ai-je-droit-aux-allocations-chomage)) **Action immédiate :** prenez rendez-vous avec un CEP, puis contactez Transitions Pro de votre région. Ne présentez pas votre départ comme une simple fuite du management toxique : le dossier doit être construit autour de la reconversion et de la formation. ## 2. La rupture conventionnelle Vous pouvez la proposer, mais l’employeur peut légalement la refuser : elle suppose un accord commun et ne peut être imposée par aucune partie, conformément à [Article L1237-11 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1237-11). Vous pouvez toutefois adresser une demande écrite et neutre, éventuellement en mettant en avant votre projet de reconversion. Gardez le refus écrit : il pourra aussi contribuer à documenter le contexte. ## 3. Les voies prud’homales : possibles, mais risquées ### Résiliation judiciaire Vous restez salariée et saisissez le conseil de prud’hommes en demandant que le contrat soit rompu aux torts de l’employeur. Il faut démontrer des manquements suffisamment graves : harcèlement moral, absence de prévention des risques psychosociaux, dégradation de la santé, absence de réaction après signalement, etc. Le harcèlement moral suppose des agissements répétés dégradant les conditions de travail, selon [Article L1152-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L1152-1). L’employeur doit également protéger la santé physique et mentale des salariés en application de [Article L4121-1 du Code du travail](/articles/code-du-travail/L4121-1). Si la résiliation est prononcée aux torts de l’employeur, elle peut produire les effets d’un licenciement et ouvrir la voie à l’ARE. Mais la procédure est longue et vous devez généralement rester en poste pendant son déroulement. ### Prise d’acte Elle entraîne une rupture immédiate, mais c’est une stratégie à **haut risque** : si le juge estime que les manquements ne sont pas suffisamment graves, la rupture est requalifiée en démission, avec un risque important de ne pas percevoir immédiatement le chômage. La jurisprudence rappelle que la salariée doit prouver les manquements invoqués ; selon leur gravité, la prise d’acte produit les effets d’un licenciement ou d’une démission. *(Sources complémentaires — recherche web)* [courdecassation.fr](https://www.courdecassation.fr/redirect_NBH7VBHYQYO2UW5OHCCZGM6F7NSPMIYZYZRD3QPARHFXGDYU3KOQ%3D%3D%3D%3D/decision/export/663f0a5b77bd580008464a49/1?utm_source=openai) ([courdecassation.fr](https://www.courdecassation.fr/redirect_NBH7VBHYQYO2UW5OHCCZGM6F7NSPMIYZYZRD3QPARHFXGDYU3KOQ%3D%3D%3D%3D/decision/export/663f0a5b77bd580008464a49/1?utm_source=openai)) La résiliation judiciaire peut être admise lorsque les manquements empêchent la poursuite du contrat, mais une simple relation managériale difficile ne suffit pas nécessairement. *(Sources complémentaires — recherche web)* [courdecassation.fr](https://www.courdecassation.fr/redirect_NBH7VBHYQYO2UW5OHCCZGM6F7NSPMIYZYZRD3QPARHFXGDYU3KOQ%3D%3D%3D%3D/decision/export/663f0a5b77bd580008464a49/1?utm_source=openai) ([courdecassation.fr](https://www.courdecassation.fr/redirect_NBH7VBHYQYO2UW5OHCCZGM6F7NSPMIYZYZRD3QPARHFXGDYU3KOQ%3D%3D%3D%3D/decision/export/663f0a5b77bd580008464a49/1?utm_source=openai)) ## 4. Ce qu’il faut absolument éviter - démissionner immédiatement en espérant que le management toxique sera reconnu automatiquement comme une démission légitime ; - abandonner votre poste ; - prendre acte sans dossier de preuves solide ; - commencer la formation puis démissionner sans validation préalable de Transitions Pro. En cas de démission non reconnue comme légitime, deux solutions existent notamment : retravailler au moins **65 jours travaillés ou 455 heures**, ou demander un réexamen après **121 jours de chômage** ; ce réexamen n’est toutefois pas automatique. ([service-public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34991/4)) ## 5. Les preuves à réunir dès maintenant Conservez chronologiquement : - courriels et messages illustrant les demandes incohérentes ou l’absence de réponse ; - comptes rendus de réunions et remontées collectives ; - témoignages écrits de collègues ; - échanges avec la médecine du travail, le CSE et la direction ; - certificats médicaux si votre santé est affectée ; - refus écrit du passage à 80 % ; - tout signalement formel adressé à l’employeur. **Évaluation stratégique :** votre meilleure option est actuellement de **préparer et faire valider la reconversion avant toute démission**, tout en constituant un dossier sur les risques psychosociaux. La prise d’acte ne devrait être envisagée qu’après analyse complète des pièces par un professionnel du droit du travail.
Sources(4)
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