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Demande de suppression d'un nom pour un enfant mineur portant un double nom Droit de la famille

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ma fille mineure porte un double nom je souhaite demander la suppression d'un nom comment faire ?
La suppression de l'un des deux noms d'un enfant mineur est une procédure qui dépend de la situation de l'autorité parentale et du motif de la demande. Depuis la loi du 2 mars 2022, les procédures ont été simplifiées, mais elles restent strictement encadrées. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ### 1. La procédure de changement de nom par décret (Motif légitime) Si vous souhaitez supprimer définitivement l'un des noms de l'acte de naissance de votre fille, vous devez passer par la procédure de changement de nom pour **motif légitime**. * **La condition du motif :** Vous devez justifier d'un motif sérieux (ex: nom d'un parent ayant gravement manqué à ses obligations, motif affectif lié à un abandon, ou simplification d'un nom complexe). * **L'accord des parents :** La demande doit être faite par les deux parents exerçant l'autorité parentale. Si vous êtes seul(e) à le vouloir, vous devrez obtenir l'autorisation du juge des tutelles. * **Le consentement de l'enfant :** Si votre fille a **plus de 13 ans**, son consentement personnel est obligatoire en vertu de [l'article 311-23 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+311-23+du+Code+civil). * **La forme :** La demande s'adresse au Ministre de la Justice. ### 2. La distinction entre "Nom de famille" et "Nom d'usage" Il est crucial de ne pas confondre le nom inscrit à l'état civil et le nom utilisé au quotidien. * **Le nom de famille :** C'est celui qui figure sur l'acte de naissance. Sa modification est lourde et nécessite un décret. * **Le nom d'usage :** Vous pouvez décider que votre fille n'utilisera qu'un seul des deux noms dans sa vie courante (école, administration). * Si vous avez l'autorité parentale conjointe, l'accord de l'autre parent est indispensable pour modifier le nom d'usage. * Si l'autre parent s'y oppose, vous devrez saisir le Juge aux Affaires Familiales (JAF). ### 3. Anticipation de la partie adverse (Le "Coup d'après") Si l'autre parent (dont vous voulez supprimer le nom) est toujours présent : * **Son opposition est quasi certaine :** Le juge considère généralement que le maintien du lien de filiation passe par le nom. Supprimer le nom d'un parent est perçu comme une rupture symbolique forte. * **L'argument de l'intérêt de l'enfant :** L'autre parent arguera que cette suppression est motivée par un conflit entre adultes et non par l'intérêt supérieur de l'enfant. Pour contrer cela, vous devrez prouver que le double nom porte préjudice à votre fille (ex: confusion, traumatisme lié au parent dont le nom est porté). ### 4. La charge de la preuve Pour que votre demande aboutisse, vous devez constituer un dossier solide : * **Preuves du motif légitime :** Attestations de tiers (Art. 202 CPC), rapports de psychologues si l'enfant souffre de porter ce nom, ou preuves d'absence totale de relations avec l'autre parent depuis des années. * **Consentement écrit :** Si votre fille a plus de 13 ans, un document écrit et signé de sa main est indispensable. ### 5. Risques et stratégie (Go/No-Go) * **Coût et délai :** La procédure par décret est gratuite (hors frais d'avocat si vous en prenez un), mais elle est très longue (souvent plus de 12 à 18 mois). * **Risque de rejet :** Le ministère est très restrictif sur la suppression du nom d'un parent si la filiation est toujours établie. **Conseil pragmatique :** Avant de lancer une procédure de changement de nom définitif (très incertaine), vérifiez si une simple demande de **changement de nom d'usage** auprès des administrations (école, sécurité sociale) ne suffirait pas à votre besoin, tout en sachant que cela nécessite l'accord de l'autre parent ou une décision du JAF. Si vous souhaitez engager la procédure officielle, je peux vous lister les documents précis à réunir pour constituer le dossier auprès du Ministère de la Justice. Souhaitez-vous cette liste ?
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 311-21 du Code civil

Lorsque la filiation d'un enfant est établie à l'égard de ses deux parents au plus tard le jour de la déclaration de sa naissance ou par la suite mais simultanément, ces derniers choisissent le nom de famille qui lui est dévolu : soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l'ordre choisi par eux dans la limite d'un nom de famille pour chacun d'eux. En l'absence de déclaration conjointe à l'officier de l'état civil mentionnant le choix du nom de l'enfant, celui-ci prend le nom de celui de ses parents à l'égard duquel sa filiation est établie en premier lieu et le nom de son père si sa filiation est établie simultanément à l'égard de l'un et de l'autre. En cas de désaccord entre les parents, signalé par l'un d'eux à l'officier de l'état civil, au plus tard au jour de la déclaration de naissance ou après la naissance, lors de l'établissement simultané de la filiation, l'enfant prend leurs deux noms, dans la limite du premier nom de famille pour chacun d'eux, accolés selon l'ordre alphabétique. En cas de naissance à l'étranger d'un enfant dont l'un au moins des parents est français, les parents qui n'ont pas usé de la faculté de choix du nom dans les conditions du précédent alinéa peuvent effectuer une telle déclaration lors de la demande de transcription de l'acte, au plus tard dans les trois ans de la naissance de l'enfant. Lorsqu'il a déjà été fait application du présent article, du deuxième alinéa de l'article 311-23, de l'article 342-12 ou de l'article 357 à l'égard d'un enfant commun, le nom précédemment dévolu ou choisi vaut pour les autres enfants communs. Lorsque les parents ou l'un d'entre eux portent un double nom de famille, ils peuvent, par une déclaration écrite conjointe, ne transmettre qu'un seul nom à leurs enfants.

📄 Article 311-23 du Code civil

Lorsque la filiation n'est établie qu'à l'égard d'un parent, l'enfant prend le nom de ce parent. Lors de l'établissement du second lien de filiation puis durant la minorité de l'enfant, les parents peuvent, par déclaration conjointe devant l'officier de l'état civil, choisir soit de lui substituer le nom de famille du parent à l'égard duquel la filiation a été établie en second lieu, soit d'accoler leurs deux noms, dans l'ordre choisi par eux, dans la limite d'un nom de famille pour chacun d'eux. Le changement de nom est mentionné en marge de l'acte de naissance. En cas d'empêchement grave, le parent peut être représenté par un fondé de procuration spéciale et authentique. Toutefois, lorsqu'il a déjà été fait application de l'article 311-21 , du deuxième alinéa du présent article, de l'article 342-12 ou de l'article 357 à l'égard d'un autre enfant commun, la déclaration de changement de nom ne peut avoir d'autre effet que de donner le nom précédemment dévolu ou choisi. Si l'enfant a plus de treize ans, son consentement personnel est nécessaire.

📄 Article 61 du Code civil

(article abrogé).
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l'autre parent est d'accord
C'est un élément majeur qui simplifie considérablement la situation. Puisque les deux parents sont d'accord, la procédure devient beaucoup plus fluide, mais elle reste soumise à un formalisme strict car on touche à l'état civil. Voici la stratégie à suivre pour acter cette suppression : ### 1. La procédure de changement de nom par décret (Accord conjoint) Même avec votre accord mutuel, vous ne pouvez pas simplement rayer un nom à la mairie. Vous devez déposer une demande de changement de nom pour **motif légitime** (le motif peut être ici la simplification ou le souhait commun de l'enfant et des parents). * **Le dossier :** La demande doit être signée par **les deux parents** exerçant l'autorité parentale. * **Le rôle de l'enfant :** Si votre fille a **plus de 13 ans**, son consentement écrit est impératif. Sans son accord, la procédure est impossible, même si les deux parents sont d'accord. * **L'envoi :** Le dossier doit être adressé au Ministre de la Justice (Direction des affaires civiles et du sceau). ### 2. L'alternative simplifiée : Le changement de nom "une fois dans la vie" (Loi 2022) Il existe une procédure simplifiée en mairie issue de la loi du 2 mars 2022, mais attention : **elle est normalement réservée aux personnes majeures**. Cependant, pour un mineur, la loi permet aux parents de modifier le nom de l'enfant par déclaration conjointe à la mairie, mais cela concerne principalement l'ajout d'un nom ou l'inversion. Pour une **suppression définitive** d'un nom de famille acquis à la naissance, le passage par le décret reste la voie la plus sûre. ### 3. Les documents indispensables à réunir Puisque vous êtes d'accord, voici les pièces que vous devez préparer ensemble : 1. **Le formulaire de demande** (disponible sur le site du Ministère de la Justice). 2. **Actes de naissance :** Copies intégrales de l'acte de naissance de votre fille (de moins de 3 mois), ainsi que les vôtres. 3. **Preuve du consentement de l'enfant :** Si elle a plus de 13 ans, une attestation sur l'honneur signée par elle. 4. **Justification du motif :** Une lettre signée des deux parents expliquant pourquoi vous souhaitez cette simplification (ex: usage constant d'un seul nom, volonté de l'enfant, cohérence avec la fratrie). 5. **Publication au Journal Officiel :** Avant de déposer le dossier, vous devez faire publier une annonce au Journal Officiel (coût d'environ 110 €). C'est une obligation légale pour informer les tiers. ### 4. Risques et points de vigilance * **L'irrévocabilité :** Un changement de nom par décret est définitif. Si votre fille souhaite reprendre ce nom plus tard à sa majorité, la procédure sera complexe. * **Délai de réponse :** Même avec un accord total, le Ministère peut mettre **6 à 12 mois** pour rendre le décret. Une fois le décret publié au Journal Officiel, il faudra attendre encore 2 mois (délai de tierce opposition) avant que l'état civil ne soit mis à jour. ### 5. Conseil stratégique : Le nom d'usage en attendant En attendant l'issue de la procédure par décret (qui est longue), vous pouvez, par simple accord écrit entre vous deux, demander à l'école et aux administrations d'utiliser uniquement le nom souhaité comme **nom d'usage**. Cela ne modifie pas l'acte de naissance, mais simplifie le quotidien de votre fille immédiatement. Si vous le souhaitez, je peux vous rédiger le modèle de lettre de demande conjointe à envoyer au Ministère de la Justice pour motiver votre demande de suppression de nom.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 373-2 du Code civil

La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l'exercice de l'autorité parentale. Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les liens de celui-ci avec l'autre parent. A cette fin, à titre exceptionnel, à la demande de la personne directement intéressée ou du juge aux affaires familiales, le procureur de la République peut requérir le concours de la force publique pour faire exécuter une décision du juge aux affaires familiales, une convention de divorce par consentement mutuel prenant la forme d'un acte sous signature privée contresigné par avocats déposé au rang des minutes d'un notaire ou une convention homologuée fixant les modalités d'exercice de l'autorité parentale. Tout changement de résidence de l'un des parents, dès lors qu'il modifie les modalités d'exercice de l'autorité parentale, doit faire l'objet d'une information préalable et en temps utile de l'autre parent. En cas de désaccord, le parent le plus diligent saisit le juge aux affaires familiales qui statue selon ce qu'exige l'intérêt de l'enfant. Le juge répartit les frais de déplacement et ajuste en conséquence le montant de la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Le présent alinéa ne s'applique pas au parent bénéficiaire d'une autorisation de dissimuler son domicile ou sa résidence prévue au 6° bis de l'article 515-11 si l'ordonnance de protection a été requise à l'encontre de l'autre parent.

📄 Article 373-2-6 du Code civil

Le juge du tribunal judiciaire délégué aux affaires familiales règle les questions qui lui sont soumises dans le cadre du présent chapitre en veillant spécialement à la sauvegarde des intérêts des enfants mineurs. Le juge peut prendre les mesures permettant de garantir la continuité et l'effectivité du maintien des liens de l'enfant avec chacun de ses parents. Il peut notamment ordonner l'interdiction de sortie de l'enfant du territoire français sans l'autorisation des deux parents. Cette interdiction de sortie du territoire sans l'autorisation des deux parents est inscrite au fichier des personnes recherchées par le procureur de la République. Il peut également, en cas de désaccord entre les parents sur l'exercice du droit à l'image de l'enfant, interdire à l'un des parents de diffuser tout contenu relatif à l'enfant sans l'autorisation de l'autre parent. Il peut, même d'office, ordonner une astreinte pour assurer l'exécution de sa décision. Si les circonstances en font apparaître la nécessité, il peut assortir d'une astreinte la décision rendue par un autre juge ainsi que l'accord parental constaté dans l'un des titres mentionnés aux 1° et 2° du I de l' article 373-2-2 . Les dispositions des articles L. 131-2 à L. 131-4 du code des procédures civiles d'exécution sont applicables. Il peut également, lorsqu'un parent fait délibérément obstacle de façon grave ou renouvelée à l'exécution de l'un des titres mentionnés aux 1° à 6° du I de l'article 373-2-2, le condamner au paiement d'une amende civile d'un montant qui ne peut excéder 10 000 €.

📄 Article 373-2-7 du Code civil

Les parents peuvent saisir le juge aux affaires familiales afin de faire homologuer la convention par laquelle ils organisent les modalités d'exercice de l'autorité parentale et fixent la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Le juge homologue la convention sauf s'il constate qu'elle ne préserve pas suffisamment l'intérêt de l'enfant ou que le consentement des parents n'a pas été donné librement.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - CH3 divorces-contentieux - n°23/03226 - 20/08/2025

[Motifs de la décision occultés]
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