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Clause de requalification donation nue-propriété Droit des successions Donation

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En France, chez le notaire, peut'on insérer une clause spécifique dans une donation, à savoir, si cette donation de nue-propriété avec réserve d'usufruit n'est pas intégrée dans une donation partage durant la vie du donateur, elle sera réputée comme une donation simple, valable après le décès du donateur.
La question que vous posez touche à la stratégie successorale et à la qualification juridique des libéralités. En droit français, il est tout à fait possible de prévoir des conditions dans un acte de donation, mais votre projet soulève des points de vigilance importants sur le plan de la validité et de l'efficacité. Voici l'analyse stratégique de votre situation : ## 1. La validité de la clause de requalification Sur le principe, une donation de nue-propriété avec réserve d'usufruit est une **donation simple** au moment où elle est consentie. Ce n'est que si elle est "réincorporée" ultérieurement dans une donation-partage (avec l'accord de tous les héritiers et du donateur) qu'elle prend le caractère d'un partage anticipé. L'insertion d'une clause prévoyant que la donation sera "réputée simple" si elle n'est pas intégrée dans une donation-partage est techniquement superflue, car **c'est le régime par défaut**. Sans acte de partage global, une donation reste "simple" aux yeux de la loi. Cependant, attention à la rédaction : * **L'irrévocabilité :** [L'article 894 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+894+du+Code+civil) dispose que la donation est un acte par lequel le donateur se dépouille "actuellement et irrévocablement". Votre clause ne doit pas donner l'impression que vous pouvez reprendre le bien si la donation-partage n'a pas lieu. * **L'imputation successorale :** Selon [l'article 1075 du Code civil](/articles/code-civil/1075), la donation-partage permet de figer la valeur des biens au jour de la donation. Si le bien reste une donation simple au décès, il sera réévalué à sa valeur au jour du décès pour le calcul de la réserve héréditaire, ce qui peut créer des tensions entre héritiers. ## 2. Le risque de l'opposition des autres héritiers (Le "Coup d'après") Le principal risque n'est pas la validité de la clause, mais son **inefficacité pratique**. Pour transformer des donations simples en donation-partage, il faut l'accord de **tous** les héritiers réservataires. Si l'un de vos enfants refuse de signer la donation-partage future, votre clause ne pourra pas forcer l'intégration. L'autre partie (un héritier s'estimant lésé) arguera au moment du décès que le bien a pris une valeur immense et exigera un rapport à la succession sur la base de la valeur actuelle, et non de la valeur au jour de la donation. C'est le piège classique de la donation simple par rapport à la donation-partage. ## 3. La charge de la preuve et formalisme Pour que votre stratégie tienne, le notaire devra être très précis : * **La preuve du consentement :** Comme l'a rappelé le [Tribunal judiciaire le 27/03/2026](/decisions/69c6d92acdc6046d47363837), l'action en requalification ou les contestations sur le partage dépendent étroitement du moment où le consentement des héritiers est sollicité. * **Clause d'inaliénabilité :** Si vous assortissez cette donation d'une interdiction de vendre, sachez que les tribunaux sont protecteurs de ces clauses. Le [Tribunal judiciaire, dans une décision du 09/06/2026](/decisions/6a28699bcdc6046d471e3837), a confirmé qu'une clause d'inaliénabilité dans une donation-partage est valable et difficile à lever judiciairement. ## 4. Recommandation stratégique Au lieu d'une clause de "requalification" (qui est le régime par défaut), il est souvent plus efficace de prévoir une **clause d'imputation**. Vous pouvez préciser, conformément à [l'article 919-2 du Code civil](/articles/code-civil/919-2), si cette donation s'impute "hors part successorale" (un bonus par rapport à sa part de réserve) ou "en avancement de part successorale" (une avance sur son héritage). **Mon conseil :** Si votre objectif est de figer les valeurs pour éviter les conflits futurs, n'attendez pas une "intégration future". Réalisez directement une donation-partage incluant tous vos enfants, même si les lots sont de nature différente. Si vous le souhaitez, je peux vous lister les éléments de preuve et les documents que le notaire devra réunir pour sécuriser cette opération et éviter qu'elle ne soit contestée par un héritier au moment de votre succession.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 919-2 du Code civil

La libéralité faite hors part successorale s'impute sur la quotité disponible. L'excédent est sujet à réduction.

📄 Article 1075 du Code civil

Toute personne peut faire, entre ses héritiers présomptifs, la distribution et le partage de ses biens et de ses droits. Cet acte peut se faire sous forme de donation-partage ou de testament-partage. Il est soumis aux formalités, conditions et règles prescrites pour les donations entre vifs dans le premier cas et pour les testaments dans le second.

📄 Article 1077 du Code civil

Les biens reçus à titre de partage anticipé par un héritier réservataire présomptif s'imputent sur sa part de réserve, à moins qu'ils n'aient été donnés expressément hors part.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 1ère Chambre Cab2 - n°23/03991 - 09/06/2026

MOTIFS Sur la fin de non-recevoir opposée par les défendeurs L'article 122 du code de procédure civile dispose que constitue une fin de non-recevoir tout moyen qui tend à faire déclarer l'adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut de droit d'agir, tel le défaut de qualité, le défaut d'intérêt, la prescription, le délai préfix, la chose jugée. Par ailleurs, l'article 789 du même code prévoit notamment que lorsque la demande est présentée postérieurement à sa désignatio...

📋 Décision - Contentieux général - 27/03/2026

La demande de révocation d'une donation-partage est-elle prescrite ? — L'action en requalification d'une donation-partage en donation simple n'est pas prescrite si le consentement des héritiers n'a pas été donné dans le délai imparti. Le point de départ du délai de prescription est la date à laquelle le notaire a sollicité officiellement ce consentement.
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