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Prescription antérieure à la loi du 17 juin 2008 Responsabilité civile Plainte et constitution de partie civile

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Chercher les jurisprudences relevant des articles 2232, 2270-1 pour des faits générateurs antérieurs à la loi du 17 juin 2008, et une plainte avec constitution de partie civile également antérieure à cette réforme
## Verdict direct Oui : pour des **faits générateurs antérieurs au 19 juin 2008** et une **plainte avec constitution de partie civile également antérieure**, les jurisprudences les plus utiles sont celles qui établissent trois idées : 1. **L’ancien [article 2270-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202270-1%20ancien%20du%20Code%20civil)** demeure central pour le **point de départ** si la prescription avait commencé avant la réforme : 10 ans à compter de la manifestation du dommage ou de son aggravation. ([legifrance.gouv.fr](/articles/code-civil/2270)) 2. Le délai butoir de **20 ans** de l’[article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202232%20du%20Code%20civil) ne doit pas être appliqué rétroactivement à un droit né avant l’entrée en vigueur de la loi du 17 juin 2008. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042619070)) 3. Une **plainte avec constitution de partie civile** déposée contre le **préposé** peut interrompre la prescription de l’action ultérieure contre le **commettant**, si les deux actions tendent à la réparation du même préjudice issu des mêmes faits. C’est l’arrêt clé : Cass. 2e civ., 16 décembre 2021, n° 20-12.918. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) --- ## 1. Textes à viser Les textes à articuler sont les suivants : - Ancien [article 2270-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202270-1%20ancien%20du%20Code%20civil) : prescription de 10 ans des actions en responsabilité civile extracontractuelle à compter de la manifestation du dommage ou de son aggravation. ([legifrance.gouv.fr](/articles/code-civil/2270)) - [Article 26 de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008](https://www.google.com/search?q=Article%2026%20loi%202008-561%2017%20juin%202008) : règles transitoires ; la loi nouvelle qui réduit la durée de prescription s’applique aux prescriptions en cours à compter de son entrée en vigueur, mais sans que la durée totale dépasse l’ancienne durée ; et les instances introduites avant l’entrée en vigueur restent jugées selon la loi ancienne. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000019014279/2008-06-19)) - [Article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202232%20du%20Code%20civil) : délai butoir de 20 ans, mais non rétroactif pour les droits nés avant la réforme selon la jurisprudence. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000033033506/2025-10-28)) - Ancien [article 2244 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202244%20ancien%20du%20Code%20civil) / actuel [article 2241 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202241%20du%20Code%20civil) : interruption par demande en justice. - Ancien [article 2247 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202247%20ancien%20du%20Code%20civil) / actuel [article 2243 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202243%20du%20Code%20civil) : risque d’interruption « non avenue » si la demande est rejetée. - [Article 1242, alinéa 5 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%201242%20alin%C3%A9a%205%20du%20Code%20civil), ancien article 1384, alinéa 5 : responsabilité du commettant du fait de son préposé. --- ## 2. Jurisprudences les plus pertinentes | Décision | Apport juridique | Utilité pour votre axe | |---|---|---| | **[Cour de cassation, 3e civ., 16 septembre 2021, n° 20-17.625](/decisions/6142e3b236e3c70512d18680)** | La Cour juge que les dispositions de la loi de 2008 qui modifient le **point de départ** ou les causes de report/suspension ne valent que pour l’avenir ; le point de départ reste donc déterminé par l’ancien droit lorsque le délai avait commencé avant la réforme. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044105889?init=true&page=1&query=20-17625&searchField=ALL&tab_selection=all)) | Décision très utile pour soutenir que l’on ne peut pas appliquer mécaniquement le nouveau [article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202224%20du%20Code%20civil) à des faits antérieurs. | | **Cass. 3e civ., 24 janvier 2019, n° 17-25.793** | La loi du 17 juin 2008 n’a pas modifié le point de départ d’une prescription déjà commencée avant son entrée en vigueur. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000038091454?init=true&page=6&query=1376+code+civil&searchField=ALL&tab_selection=code)) | À citer avec l’arrêt du 16 septembre 2021 pour verrouiller l’argument de non-rétroactivité du nouveau point de départ. | | **Cass. 3e civ., 13 février 2020, n° 18-23.723** | La durée de 5 ans issue de l’[article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202224%20du%20Code%20civil) s’applique aux prescriptions en cours à compter du 19 juin 2008, mais le point de départ reste celui de l’ancien article 2270-1 si le délai avait commencé avant. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000041620428/?utm_source=openai)) | Important pour anticiper l’argument adverse : « depuis 2008, c’est 5 ans ». Réponse : oui pour la durée, non pour le point de départ, et sous réserve des interruptions. | | **Cass. 3e civ., 1er octobre 2020, n° 19-16.986, publié** | Le délai butoir de l’[article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202232%20du%20Code%20civil), créé par la loi de 2008, n’est pas applicable à une situation où le droit est né avant l’entrée en vigueur de cette loi. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042619070)) | Décision centrale contre l’argument : « le délai butoir de 20 ans depuis 2004 est expiré ». | | **Cass. 2e civ., 16 décembre 2021, n° 20-12.918** | La plainte avec constitution de partie civile contre le **préposé** interrompt la prescription de l’action civile contre le **commettant** si les deux actions visent le même but : obtenir réparation du même dommage issu des mêmes faits. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) | C’est l’arrêt le plus favorable si votre action vise un commettant du fait d’un préposé, avec plainte CPC antérieure à 2008. | | **Cass. com., 12 juillet 2011, n° 10-19.579** | Attention : l’interruption résultant d’une constitution de partie civile peut être regardée comme **non avenue** lorsque les demandes sont rejetées, notamment à la suite de relaxes ou de rejet des demandes civiles. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000024369052)) | Décision défavorable à anticiper : il faut prouver que la plainte CPC n’a pas été anéantie procéduralement. | | **Cass. 2e civ., 30 mars 2023, n° 21-19.008** | La Cour confirme l’application de l’ancien 2270-1 réduit à 5 ans à compter de la réforme lorsque le dommage était consolidé en 2005 ; l’argument tiré de l’effet interruptif de la plainte CPC a été déclaré irrecevable car non invoqué devant les juges du fond. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000047454232)) | Prudence procédurale : l’effet interruptif de la plainte CPC doit être plaidé clairement dès les écritures d’appel. | | **Cass. 2e civ., 18 avril 2019, n° 17-31.050** | Sous l’ancien 2270-1, le point de départ peut être la date de révélation effective du dommage lorsque la victime n’en avait pas connaissance auparavant. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000038567346)) | Utile si vous devez soutenir que le dommage ou son imputabilité n’étaient pas connaissables dès 2004. | --- ## 3. Le raisonnement à construire Votre argumentation peut être structurée ainsi : ### A. Le régime de départ est l’ancien article 2270-1 Si les faits et la manifestation du dommage sont antérieurs au 19 juin 2008, il faut partir de l’ancien [article 2270-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202270-1%20ancien%20du%20Code%20civil), non du seul [article 2224 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202224%20du%20Code%20civil). Les arrêts des 24 janvier 2019, 13 février 2020 et 16 septembre 2021 sont à citer ensemble : ils distinguent la **durée** de prescription, affectée par la réforme, du **point de départ**, qui ne l’est pas rétroactivement. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000038091454?init=true&page=6&query=1376+code+civil&searchField=ALL&tab_selection=code)) ### B. L’article 2232 ne doit pas servir de délai butoir rétroactif L’adversaire peut soutenir : « les faits datent de 2004, donc le délai butoir de 20 ans de l’article 2232 expire en 2024 ». La réponse est forte : l’arrêt du 1er octobre 2020 juge que le délai butoir de l’[article 2232 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202232%20du%20Code%20civil) ne s’applique pas à une situation où le droit est né avant l’entrée en vigueur de la loi de 2008. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042619070)) ### C. La plainte avec constitution de partie civile peut interrompre l’action contre le commettant L’arrêt décisif est Cass. 2e civ., 16 décembre 2021, n° 20-12.918 : même si la plainte CPC vise le préposé, elle peut interrompre la prescription contre le commettant lorsque l’action pénale/civile et l’action ultérieure devant le juge civil tendent à la réparation du même préjudice causé par les mêmes faits. La Cour raisonne par l’idée que la seconde action est « virtuellement comprise » dans la première. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) --- ## 4. Le coup d’après : ce que l’adversaire va probablement soutenir ### Argument adverse n° 1 — « La prescription était acquise avant 2008 » Réponse : si une plainte avec constitution de partie civile a été déposée avant l’expiration du délai de 10 ans de l’ancien [article 2270-1 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article%202270-1%20ancien%20du%20Code%20civil), elle peut avoir interrompu la prescription, surtout si elle demandait réparation du même préjudice. ### Argument adverse n° 2 — « La plainte visait le préposé, pas le commettant » Réponse : Cass. 2e civ., 16 décembre 2021, n° 20-12.918 répond directement à cet argument : l’interruption peut s’étendre lorsque les deux actions poursuivent un seul et même but indemnitaire, même si les causes juridiques sont distinctes. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) ### Argument adverse n° 3 — « L’article 2232 fixe un butoir de 20 ans » Réponse : Cass. 3e civ., 1er octobre 2020, n° 19-16.986 : l’article 2232 n’est pas rétroactif pour les droits nés avant la réforme. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042619070)) ### Argument adverse n° 4 — « L’interruption est non avenue » C’est le vrai risque. Cass. com., 12 juillet 2011, n° 10-19.579 montre que l’interruption peut être neutralisée si la constitution de partie civile a été rejetée ou si les demandes civiles ont été rejetées à la suite de relaxes. Il faut donc vérifier le sort exact de la plainte CPC : condamnation, non-lieu, relaxe, rejet des intérêts civils, désistement, irrecevabilité, extinction de l’instance. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000024369052)) --- ## 5. Preuves à réunir en priorité Pour sécuriser l’argument, il faut produire : 1. **La plainte avec constitution de partie civile complète**, avec la date de dépôt, le récépissé, la consignation et les pièces annexées. 2. **La preuve que la plainte demandait réparation** du dommage, et pas seulement des poursuites pénales. 3. **La preuve que les faits visés dans la plainte sont les mêmes** que ceux invoqués contre le commettant. 4. **Les décisions pénales successives** : ordonnance d’instruction, jugement, arrêt d’appel, arrêt de cassation éventuel, décision finale. 5. **La preuve de la date d’extinction définitive de l’instance** : certificat de non-recours, signification, arrêt définitif. 6. **La preuve du lien préposé/commettant** : contrat de travail, fonctions, organigramme, emails professionnels, usage des moyens de l’entreprise, missions confiées. 7. **La preuve que le préposé n’a pas agi hors fonctions, sans autorisation et à des fins étrangères à ses attributions**, car le commettant tentera de s’exonérer sur ce terrain. Cette triple condition est rappelée dans l’arrêt du 16 décembre 2021. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) --- ## 6. Transposition à votre hypothèse Si l’on transpose à l’hypothèse que vous évoquez — faits antérieurs à 2008, plainte CPC antérieure à la réforme, action contre le commettant du fait du préposé — l’arrêt **Cass. 2e civ., 16 décembre 2021, n° 20-12.918** est le plus puissant : il permet de soutenir que la plainte CPC contre le préposé a interrompu la prescription de l’action contre le commettant, à condition de démontrer l’identité de finalité indemnitaire et l’identité factuelle. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000044571139)) Le point fragile n’est donc pas l’article 2232 — plutôt neutralisable par Cass. 3e civ., 1er octobre 2020 — mais le **sort procédural de la plainte CPC** : si elle a été rejetée, déclarée irrecevable, ou si les demandes civiles ont été définitivement rejetées, l’adversaire utilisera Cass. com., 12 juillet 2011 pour soutenir que l’interruption est non avenue. ([legifrance.gouv.fr](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042619070)) Si vous le souhaitez, je peux vous préparer une **note de jurisprudence prête à intégrer dans des conclusions**, structurée autour de ces trois axes : ancien article 2270-1, non-rétroactivité de l’article 2232, interruption par plainte CPC contre le préposé. **Sources consultées** : ancien Code civil art. 2270-1 ; Code civil art. 2232, 2224, 2241 à 2243 ; loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 art. 26 ; Cass. 3e civ., 24 janv. 2019, n° 17-25.793 ; Cass. 3e civ., 13 févr. 2020, n° 18-23.723 ; [Cass. 3e civ., 16 sept. 2021, n° 20-17.625](/decisions/6142e3b236e3c70512d18680) ; Cass. 3e civ., 1er oct. 2020, n° 19-16.986 ; Cass. 2e civ., 16 déc. 2021, n° 20-12.918 ; Cass. com., 12 juill. 2011, n° 10-19.579 ; Cass. 2e civ., 30 mars 2023, n° 21-19.008.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article 2232 du Code civil

Le report du point de départ, la suspension ou l'interruption de la prescription ne peut avoir pour effet de porter le délai de la prescription extinctive au-delà de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit. Le premier alinéa n'est pas applicable dans les cas mentionnés aux articles 2226, 2226-1, 2227 , 2233 et 2236, au premier alinéa de l'article 2241 et à l'article 2244 . Il ne s'applique pas non plus aux actions relatives à l'état des personnes.

📄 Article 2270-1 du Code civil

Cet article du Code civil est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Décision - 3ème chambre civile - 16/09/2021

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